• Le style de Charles-Albert Cingria

    Charles-Albert Cingria« Dois-je maintenant parler de ces pâtisseries laquées de rire qu'un public de nerveux de nouveaux-nés de neveux de patriciens-prêtres envahit le dimanche ? C'est ferme, c'est sain, c'est doux, aigu, viril, limpide. Mais surtout c'est protégé du reste qui n'y a pas droit. Il faut une ancienneté sonnante. C'est cela qu'est la noblesse citadine patoisante, à souche de grand flabellum grenat. Ce n'est pas par transmission directe : c'est par un frère ou des nièces âgées qui mènent tout à l'anglaise derrière des grilles implacablement séparatrices, le soir. » (Bois sec Bois vert)

     Répétitions : « de » 6 fois dans la première phrase. « C'est » 7 fois dans l'ensemble du paragraphe.

    Ou comment transformer en rythme des défauts qui vous vaudraient le stylo rouge de l'instituteur.

     Sinon, goût de l'allitération. Elle seule explique ce public de nerveux de nouveaux-nés de neveux de patriciens-prêtres, un public incompréhensible au sens commun, étonnant comme une image surréaliste et pourtant puissamment concret, visible.

    Contraste et variété des adjectifs qui se déroulent et s'opposent dans de petits crépitements délicieux.  Métaphores singulières. Pâtisseries laquées de rire. Ancienneté sonnante. Personnifications. Ces grilles implacablement séparatrices. Sens de la langue. Imaginaire.

    Résumé du paragraphe : Cingria parle de pâtisseries fréquentées par des familles de petite noblesse citadine.

    Conclusion : Cingria est grand.


  • Commentaires

    1
    philippe
    Mercredi 5 Décembre 2012 à 08:27
    Cingria
    Très subtile analyse ! Quand je lis ton texte, je me dis que le génie de la lecture vaut celui de l'écriture. Ou au moins le révèle, ce qui n'est pas rien.
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