• Le hasard du coin du feu, Crébillon fils

    Fragonard, Jeune fille jouant avec un chien

     

    La marquise est fidèle au duc mais lui accorde quelques passades. Célie, amie intime de la marquise, profite de son absence au chevet d'une mère malade pour séduire le duc. Tout ça est théâtralisé, galant, libertin, et farci d'analyses amoureuses subtiles et brillantes. On joue, on a des stratégies, on se devine, on s'évite, on cède.

    Il y a d'abord un long échauffement verbal. Enfin, Célie s'impatiente. Elle laisse apercevoir ses charmes pour faire craquer le duc, qui ne résiste plus. Il saute sur elle, la besogne, mais refuse de lui dire qu'il l'aime.

    C'est un problème. Seul l'amour pourrait excuser leurs débordements. Comment faire ensuite ? Le duc s'en sort en l'entreprenant une deuxième fois. Comme s'il n'y pouvait tenir, que ses charmes à elles étaient irrésistibles.Crébillon fils

    Puis on est fatigué et on cause encore, on rejoue la comédie. Le duc veut garder la marquise. Il démontre à Célie qu'elle serait perdue dans le monde si on savait qu'elle a volé l'amant de sa meilleure amie. Soit. Ils le feront en cachette de la marquise.

    Et pour que celle-ci ne se doute de rien, Célie prendra un amant. Le duc lui en choisit un. Du coup, il pense s'être tiré du mauvais pas où il s'est fourré.

    C'est brillant, tortueux et coquin. Et quel sens de la double négation a ce Crébillon fils  (1707-1777):

    « … un aveu de cette espèce ne saurait être fait avec succès à quelqu'un qui, en ne voulant pas l'entendre, lui en fait, de son indifférence pour elle, un tort tacite, il est vrai, mais pourtant on ne peut pas plus marqué. »


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