• Le début de D'un château l'autre: la barque à Charon

    Céline, D'un château l'autreOn a vu que dans le début de D'un château l'autre, Céline noue emmène à Sigmaringen (Siegmaringen dans le roman).

    Pour y arriver, il faut une transition efficace. Ce sera une hallucination due à la fièvre.

    Le narrateur, en visite chez une de ses rares malades, voit un bateau mouche amarré sur la Seine. Des morts essaient d'y entrer, sont refoulés implacablement s'ils ne peuvent pas verser leur obole. Le propriétaire s'appelle Caron. L'acteur Le Vigan, ami de Céline qui l'a suivi à Sigmaringen et qui l'a défendu pendant son procès avant de se réfugier en Argentine, est chargé d'encaisser le droit de passage.

    Ce délire permet l'ouverture. On avait, dans les premières pages, une situation bloquée. L'après-guerre (la prison au Danemark, le pavillon de Meudon) et la fin de la guerre en France, symbolisée par les vols dont Céline a été victime: il affirme qu'on a vidé son appartement rue Girardon et volé ses manuscrits.

    Entre deux, un trou. Grâce à la barque de Charon, on va enfin pouvoir passer de l'autre côté. En Allemagne, avec le gouvernement français en exil. Chez les futurs morts. Et on va pouvoir comparer.

    D'une part les vertueux qui pillent les affaires des absents, de l'autre les infâmes confinés par les nazis dans une petite ville et en attente de leur destin.

    Et on verra bien, c'est ce que semble suggérer Céline, qui sont les plus monstrueux.


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