• L'ivresse de l'absolu, à la fondation Salomon

    Un tableau de Roman Opalka
    Hier, visite à la fondation Salomon, près d'Annecy. Vous savez, cette fondation pour l'art contemporain située dans un si bel endroit. Je vous l'avais vaguement décrit la dernière fois que j'y étais allé.
    Roman OpalkaL'exposition actuelle s'appelle L'ivresse de l'absolu. Un titre un peu paradoxal puisque les artistes exposés travaillent plutôt sur le temps et la répétition. Le genre, vous voyez, qui choisit un geste, ou un processus et lui reste fidèle pendant toute une carrière. Des décennies parfois.
    Autre correspondance : les créateurs réunis par Philippe Piguet ne reproduisent pas des signes grâce à des procédés mécaniques mais les inscrivent eux-même, avec leurs mains, leurs corps.
    Il y a des effets divers. Parlons de Roman Opalka (né en 31), et de son œuvre singulière. En 1965, il inscrit en blanc le nombre 1 en haut à gauche d'un tableau noir. Puis 2, 3, etc. En 1972, il atteint le nombre de 1 000 000.
    Roman OpalkaDès lors, il éclaircit le fond en ajoutant 1% de blanc au fond de chaque toile. Ses dernières oeuvres, toujours de même format, sont désormais presque entièrement blanches et tendent vers l'immaculé. Une œuvre qui s'augmente de 380 nombres par jour et ne s'arrêtera qu'à la mort de l'artiste.
    En peignant, Opalka énumère également la suite de nombres qu'il peint et il les enregistre. Enfin, après chaque une séance de travail, il se photographie sur fond blanc, avec une chemise blanche, baignant dans un éclairage blanc, le visage sans expression.
    Roman OpalkaUne manière impressionnante de concrétiser le temps, de l'inscrire, de le mesurer...
    Il y a d'autres artistes. Pierre Ferrarini, de Genève, né en 64, qui peint des réseaux, des quadrillages, des trames : « le journal graphique de sa mémoire » (catalogue). Niele Toroni, né en 36, qui applique des empreintes de pinceau numéro 50 à des intervalles réguliers de 30 centimètres sur divers supports. Claude Viallat, Hanne Darboven, Wolfgang Laib et Pierrette Bloch. Tout ça très intéressant.
    Si vous avez le temps...

    Fondation pour l'art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, Château d'Arenthon, 79290 Alex, jusqu'au 8 juin 08.


  • Commentaires

    1
    Mardi 13 Mai 2008 à 19:16
    renversant
    C'est un travail absolument renversant. Cette œuvre, que j'assimile plus à une "expérience" qu'à une envie de séduire a au moins le mérite de poser la question de l'absurdité : de la vie, de la sur-consommation, de la place qu'on peut prendre ici-bas, mais également la question de la reproduction sans fin de l'espèce humaine... Est-ce que c'est parce que c'est in-fini qu'il doit y avoir de l'espoir ?
    2
    Mercredi 14 Mai 2008 à 13:04
    renversant
    Tout à fait d'accord avec vous. Et en même temps, c'est une oeuvre métaphysique.
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