• L'Homme de paille, par Jacques Herman

    Miguel Sancho, sans titreMon ami Jacques Herman (voir ici, ici et ici) qui vient de recevoir  le 21 mars le 1er prix de la Fête de la poésie à Genève, au Grütli, publie un nouveau recueil de poèmes, L'Homme de paille (Editions du Madrier), où il approfondit ses thèmes et les soutache d'une gravité nouvelle. C'est son septième recueil, si je compte les textes publiés en flamand sous le titre De Vlammse Gedichten.  
    Il a eu la gentillesse de me dédier un poème et je ne peux résister évidemment à la tentation de le citer ci-dessous:


                                            CHRESTOMATHIES

                                                                             A Alain Bagnoud

    Je suis vendeur
    D'innocente candeur
    De blanches camisoles
    Faites pour l'échafaud

    Je suis vendeur
    De minutes et d'heures
    Que j'ai moi-même
    Volées au temps

    Quand parfois je m'isole
    Dans mon arrière-boutique
    C'est pour y fabriquer
    Des objets mécaniques
    Des rêves insensés
    Et des vies improbables
    Sans cesse interrompues
    Toujours recommencées

    Et puis je vous les vends
    Sur mon comptoir cuivré
    Vous posez la monnaie
    Comme ceux qui par défi
    Viennent jeter un gant

    A vrai dire je suis
    Un piètre commerçant
    Vous me pardonnerez
    Si souvent je refuse
    Fermement de livrer
    Des morceaux choisis
    Sur la beauté des choses
    J'abhorre les chrestomathies
    Qui glorifient
    Les vers mielleux
    Issus du croisement honteux
    De relents de guimauve
    Et de parfum de roses.


                                                       Jacques Herman
                                       L'Homme de paille, Editions du Madrier,
                             Blog Que des poèmes: http://quedespoemes.dhblogs.be/


  • Commentaires

    1
    Jeudi 2 Avril 2009 à 07:09
    pouet pouet
    J'ai toujours éprouvé une certaine peur des poètes, qu'ils soient colossaux et barbus ou tout fins et tout gris. Je suppose que c'est parce que je pense, ou ils me le font croire, qu'ils savent quelque chose que je ne sais pas et que je ne contrôle pas. Je n'aurais su que penser d'une telle dédicace. Par exemple.
    2
    Jeudi 2 Avril 2009 à 08:30
    je soutache, tu soutaches
    je ne sais pas ce que cela veut dire soutacher. pouvez-vous m'aider please ? http://anthropia.blogg.org
    3
    Jeudi 2 Avril 2009 à 10:17
    soutacher
    Garnir de soutaches. C'est-à-dire de tresses de galon dont on se sert pour l’ornement d’uniformes militaires et de vêtements de femme. Ici, je l'ai évidemment utilisé dans un sens métaphorique, Anthropia
    4
    Vendredi 3 Avril 2009 à 09:53
    Emily
    Jacques Herman n'est ni colossal, ni barbu, ni tout fin, ni tout gris, mais effectivement, se voir dédier un poème fait un effet assez bizarre: on se demande s'il n'y a pas erreur, et si on est toujours vivant.
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