• L'Epi doré 2

    Comme chaque dimanche matin ou presque, je sors de l'Epi doré 2. C'est là où nous allons prendre un café dominical et lire le gros journal popu que, selon la formule, tout le monde aime tellement mépriser. Double avantage : on prend le pouls du monde et on se sent tellement intelligent, par comparaison.

    Ce bistrot est un des seuls ouverts dans le quartier, le dimanche tôt. En entrant, on est accueilli par un grand comptoir face aux vitrines, avec des pains dans des casiers, des pâtisseries et des sandwiches dans une vitrine. Parce que l'Epi doré est aussi une boulangerie, mais sans les afféteries et le côté vieille dame des tea-rooms. C'est plutôt Champagne de la Jarretièrevitalité et peuple.

    Petites tables en marbre noir composite. Une ou deux stammtisch en bois, plus collectives. Nous ne sommes pas seuls. C'est le rendez-vous des Portugais du coin notamment.

    La salle fait une sorte de L dont la longue branche traverse tout l'immeuble et donne par une fenêtre sur la cour intérieure. Des couples avec des poussettes, des quadras, des travailleurs au bar. Sur les murs, des affiches rétros pour du cacao, du Champagne de la Jarretière, du vermouth bianco ou du Martini. Des lampes en forme de demi-vasques et un plafond étoilé de petites lumières allogènes vers l'arrière, à moulures sur le devant, très beau, avec une lampe suspendue.

    Et une attraction : la patronne. Un personnage ! Une énergie, une vitalité, une personnalité !

    Si tu tombes sur ce billet, ne m'engueule pas la prochaine fois que tu me vois, Madame, comme la dernière fois où j'ai parlé ici de ton abattage. J'aime beaucoup ton café et ton dynamisme !


  • Commentaires

    1
    Dimanche 24 Février 2008 à 20:29
    J'aime...
    bien ces billets sur les cafés de ton quartier. Très vivant, on a une furieuse envie d'aller y faire un tour, un dimanche de bonne heure par exemple, pour se rendre compte par soi-même.
    2
    Lundi 25 Février 2008 à 10:16
    Cafés
    Merci Joël. Il y a une ambiance particulière à chaque café. Et en plus, ça change d'après le moment de la journée. C'est ce qui fait le charme des bistots...
    3
    Lundi 25 Février 2008 à 10:27
    Ambiance
    Belle description. On s'y croirait effectivement. Nous avons tous en mémoire ce genre de lieux de rassemblement populaire, si nécessaires à la campagne. Tu n'as pas dit si le tabac y était désormais proscrit?
    4
    aldo
    Lundi 25 Février 2008 à 11:42
    Tabac
    Les Genevois ayant voté hier pour interdire le tabac dans les lieux publics, il sera effectivement proscrit, heureusement, de tous les cafés, avant l'été.
    5
    Luc
    Mardi 26 Février 2008 à 11:28
    L'Épi Doré
    Les insomnies, qui viennent souvent avec l'âge, ont ceci de bon qu'elles nous ramènent quelquefois, pour peu qu'on soit curieux et "équipés", là où nous n'étions plus allés depuis belle lurette. J'ai vécu dans ce quartier pendant quelques courtes années. Je m'y arrêtais plusieurs fois par semaine pour y acheter mon pain et boire un café au comptoir en bavassant avec la patronne de tout et de rien, de ses filles, de la mienne, du temps qu'il fait, du Portugal et de sa vie à Genève dont elle a adopté l'accent gouailleur. J'ai dû vous y croiser, Alain, on se disait bonjour dans la rue. C'était dans une autre vie peut-être, mais je m'en voudrais de ne pas ajouter à votre billet la divine purée qu'elle servait à l'époque, une fois par semaine, la seule qui rivalisât jamais avec celle de ma mère valaisanne.
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