• Justine, de Lawrence Durrell

    Justine, de DurrellCe qui fascine, dans Justine, le premier volume du Quatuor d'Alexandrie, c'est le personnage éponyme.

    Justine est une héroïne singulière. Inquiète, infidèle, insatisfaite, à la recherche avide de paix et d'accomplissement.

    Le narrateur, Darley, un écrivain assez falot, est dragué par elle après une conférence. Il fait connaissance de son mari, Nessim, riche banquier. Une sorte d'amitié triangulaire se noue entre eux, puis Darley devient l'amant de Justine, et la proie de la jalousie de son mari.

    C'est assez obscur, notamment parce que Darley ne raconte pas les faits selon leur chronologie mais selon l'ordre dans lequel ils lui reviennent, et selon l'importance qu'ils ont eus pour lui. Il se base sur la mémoire, mais aussi sur les journaux intimes de Justime et Nessim, et également sur un roman écrit par le premier mari de Justine, qui la voyait comme une nymphomane et la faisait psychanalyser.

    A cela se mêlent quelques personnages secondaires colorés. Mélissa est celle qui a le plLawrence Durrellus de relief et d'importance. Cette danseuse grecque qui se prostitue dans un cabaret minable est la compagne de Darley. Pour tout simplifier, Nessim tombe amoureux d'elle et lui fait un enfant.

    Le mystère est partout. Il y a un secret au fond de Justine, qu'elle ne veut ou ne peut livrer. On en recueille quelques éléments: sa fille a été enlevée et elle la recherche partout. Très jeune, elle a été abusée et ne peut désormais trouver la jouissance sexuelle que si elle évoque ce viol...

    A la fin du livre, elle s'enfuit en Palestine, vit dans un kibboutz et semble trouver une sérénité dans l'humilité et le dévouement. Darley, lui, se réfugie sur une île des Cyclades avec la fille de Mélissa et de Nessim. Il y écrit ce texte. Le premier volume du cycle. Trois autres suivront.


  • Commentaires

    1
    Dimanche 7 Août 2011 à 19:10
    Mystère
    Justine est très énigmatique en effet... Elle porte avec elle la blessure de l'homme qui l'a forcée et, son fruit amer, la haine d'elle-même. D'où cette phrase abominable : "Au moment d'aller se coucher elle jetait un regard à son image dans le miroir du premier étage et lançait : "Sale Juive hystérique, prétentieuse, ennuyeuse !" Je trouve aussi, que derrière ces deux femmes d'exception que sont Cléa, Melissa et Justine, il y a un autre personnage omniprésent, mais que vous ne citez pas : la ville d'Alexandrie, qui, avec son nom en forme de prénom féminin, constitue pratiquement une quatrième maîtresse.
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