• Gangsta, gorilles et président(e)

    Où, décidément, on reparle de Chauma. Cet ex-braqueur de banque reconverti dans l'écriture. Ce n'est pas moi, je réponds à un commentaire.
    Mais, me dit en gros un lecteur, tout ce que représente Chauma est bien beau, mais il s'agit de folklore des années 70. Le voyou, tout ça. Delon, Gabin. Obsolète. Les comportements du milieu ne se sont-ils pas modifiés de nos jours ?
    Eh bien, oui et non, il semble.
    Le personnage de Bras Cassés est moderne par au moins un aspect (explique Chauma dans son entretien d'A contrario). Son rapport au cul :  « c 'est l'une des formes de la sexualité des banlieues aujourd'hui, qui extériorise de manière fruste les pulsions. »
    Cependant, il estime qu'il y a eu une détérioration depuis son époque active. Désormais, pense-t-il, la pulsion n'est plus régie par une règle, une culture, si minime soit-elle, « alors que le mitan de mon époque s'apparentait au minimum à une sous-culture ». Dont les modèles, on l'a vu, appartenaient au cinéma. Désormais, j'imagine qu'ils viennent plutôt du gangsta rap.
    Avec ses thèmes répétitifs : l'argent et comment en gagner beaucoup, la drogue et le trafic, les femmes salopes et soumises, les meurtres, l'illégalité. Voilà ce qui est gangsta. Et n'oubliez pas le look : les marques voyantes, les vêtements coûteux, les pendentifs en or, les bijoux, « qui ont pour rôle de refléter la richesse et la position sociale dominante de leur porteur. Cette image va de pair avec celle que véhiculent les clips de ces artistes, montrant souvent le rappeur comme un mâle dominant entouré de femmes soumises, et auquel tout le monde s'adresse avec respect. » (Je tire ceci de Wikipédia.)
    Le chef des gorilles, quoi. Appauvrissement de l'image. Qui va de pair avec une détérioration du langage d'après Chauma. « Autre signe, il était impensable par le passé de traiter quelqu'un de « racaille ». De nos jours, ils se définissent comme ça, il y a encore moins de mots, de langage. » Ce langage que Chauma lie toujours aux actes, par un lien qu'il définit comme nécessaire. Par exemple : « Ces jeunes femmes qui subissent des tournantes sont des victimes, mais si elles le sont aussi parce qu'il n'y a pas de langage. »
    Conclusion, futur(E) président(E) de la Franc(E) : la solution des banlieues, c'est le langage (et peut-être aussi quand même un peu le travail).

  • Commentaires

    1
    Le rat
    Jeudi 12 Avril 2007 à 11:30
    IceT
    Ice T: titres de ses disque:cop killer, murder 4 hire... Ces gens jouent aux bandits pour gagner du fric et ils font beaucoup de tort parcequ'ils sont suivis par une grande partie de la jeunesse qui adoptent des réflexes violents et quei ne se rendent pas compte que les rapper, c'est pour la frime tandis qu'eux foutent leur vie en l'air. Il faudrait un code de déontologie pour les empêcher de nuire.
    2
    Vendredi 13 Avril 2007 à 15:44
    Ice T
    Je ne connais pas ce rappeur. Je l'ai juste choisi pour l'illustration. Puisqu'il paraît que c'est une figure marquante du Gangsta rap. Quant au code de déontologie, que voulez-vous dire, mon cher rat? Que les artistes devraient en adopter un? Ou qu'il faudrait les censurer?
    3
    Phil
    Vendredi 13 Avril 2007 à 18:30
    censure
    Il y a sûrement des choses à faire plus intéressantes que la censure pour montrer aux jeunes que leurs valeurs ne sont pas trop reluisantes. C'est simplement une question d'éducation et d'explication.
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