• C'est embêtant, je ne sais pas comment illustrer cet article. Le plus simple, évidemment, serait de vous mettre une œuvre de l'artiste, mais je n'en ai pas trouvé.
    Il s'appelle Francis Gendre. Il m'a été présenté par un ami, Pierre, il y a quelques années, autour d'un livre que Francis était en train de faire avec Jean-Antoine Galerie RuineCalcio. Duo. Poèmes et dessins.
    Francis Gendre. Toujours de noir vêtu, les cheveux longs sur la nuque, calme et mystérieux. Ah, vous le connaissiez peut-être sous le surnom de « Francis des Grottes ».
    Nous étions une fois au Café de la Poste, à Chêne-Bougeries, un habitué est entré et l'a appelé ainsi. Il semble que dans les années 70 et 80, quand les promoteurs immobiliers voulaient démolir ce joli quartier au-dessus de la gare de Genève, Francis ait été de tous les combats citoyens pour leur faire opposition.
    Désormais, il vit dans les Eaux-Vives. Et il peint. Et il expose. Des sujets liés à l'amour et à la mort, des compositions basées sur les volutes, les enroulements et les arabesques, dans des tons feutrés.
    Le vernissage était hier soir, l'exposition dure jusqu'à dimanche. Jeudi et vendredi de 17 heures à 20 heures, samedi et dimanche de 11 à 17 heures. Le samedi après-midi sera musical, une guitare et une flûte joueront du Bach.
    C'est à la Galerie Ruine, 15 rue des Vollandes. Tenez, faute de mieux, je vais ajouter une photo de l'endroit, vu de l'extérieur. Merci à l'agence jjkphoto, dont j'ai pillé la page internet.


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  • Ouf, c'était juste. Les dernières minutes. La galerie était déjà en train d'emballer les œuvres vendues  que les acquéreurs allaient venir chercher le soir même. C'était 17 heuresFiligrane, Par Noele Baker 35, ça fermait à 18 heures. Nous avions eu peur d'arriver trop tard, coincés dans les embouteillages des pendulaires qui rentraient chez eux, la journée faite, au milieu des files de bagnoles immobilisées feu rouge après feu rouge alors que le crépuscule tombait comme les première gouttes de pluie, dans le flamboiement des néons allumés.
    Mais enfin, nous y sommes arrivés. A la Ferme de la Chapelle. Pour une exposition de Noële Baker, sculpteur. Terminée, donc, avant-hier. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas en parler.
    Noële Baker travaille avec toutes sortes de matériaux. Bronze, ciment, résines... Mélanges de matières dans les mêmes œuvres qui intègrent aussi aquarelles ou écritures.
    Des travaux qui jouent sur la frontalité, la monumentalité, l'équilibre, la répétition, la série. Compositions rigoureuses et souvent verticales. Figures épinglées ou étirées. Statuettes qui semblent celles de déesses archaïques. Eléments constitutifs d'un monument fragile, cultivé et primitif, comme un temple.
    Un temple ici construit autour d'êtres chers qui sont décédés. Un temple qui évoque la mémoire, la mort, la création et incorpore des fragments de textes. Des poèmes, des morceaux d'autobiographies écrits par ces proches disparus que Noële Baker commémore.
    Mais ce n'est pas un art mortuaire, spirituel plutôt. Une méditation sur la disparition et ce qu'il reste des morts dans les survivants. Un travail attachant sur le sens, la verticalité et la profondeur.


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  • Je vais avec toujours plus de plaisir au Musée d'art moderne et contemporain de Genève. Qu'on appelle le Mamco, évidemment. Acronyme des plus chics.« Zakk Wylde. 1 », par John Armleder 2004
    Il y a quelques années, c'était difficile. Une ou deux petites choses grises et ternes au milieu de salles immenses et des notices partout.
    Mais pourtant bien insuffisantes. Pour entrer en contact avec les œuvres, il aurait fallu apporter avec soi un ou deux mètres cube de papiers. Les explications. Vous savez : l'art conceptuel.
    Ça a changé. J'y suis allé dimanche. Il y a des pièces vives, colorées, des choses ludiques ou profondes, des stars et des jeunes loups.

    Nous avons bien aimé. Nous étions en famille. Nous errions, nous nous laissions capter par les œuvres au hasard. Nous échangions des banalités explicatives.
    Je suis très fort pour les banalités explicatives. L'art parle de son époque. Reflète son époque. Pose des questions sur son époque.

    Voyez (à mes enfants) Philippe de Champaigne ! Ce qu'il dit sur son époque ! Et prenons par exemple les impressionnistes ! Leur époque ! Et les jeunes peintres à la fondation Salomon ! Et les expressionnistes
    Et ce fut le moment d'aller boire un vin chaud parfumé en mangeant des cacahuètes et des mandarines. Ça dit quelque chose sur l'époque, non ? Vin chaud, mandarines. L'automne.


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  •            Léopold Rabus

                                              Une œuvre du Neuchâtelois Léopold Rabus

     

    La fondation pour l'art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon (des skis Salomon. Vous voyez ?) est situé dans un endroit des plus charmants. A Alex, près d'Annecy. Dans un vieux château rénové au milieu d'un décor de montagnes sublimes et de campagne rêveuse.

    Il faut y aller déjà pour voir l'endroit. On ne regrette pas le déplacement.
    En plus il y a des expositions. Actuellement, jusqu'au 4 novembre 2007, Peinture(s)/Génération 70. Neuf peintres nés dans les années 70. Je ne veux pas les citer. Trois seulement, pas tout à fait au hasard : Anne-Laure Sacriste, Olivier Masmonteil, Armand Jalut. Pour plus de détails voir le site de la fondation
    Des peintres différents et avec des points communs. Des couleurs vives, souvent criardes. Des références à la littérature, à la BD ou au cinéma. Une iconographie moderne. Des univers oniriques. Un côté souvent grinçant. Le retour à la représentation, au paysage et à la figure humaine.
    C'est intéressant de voir éclore une génération. Ici, indéniablement, il y a, sinon un langage commun, du moins des parentés dans l'impertinence et le goût sensuel de la matière picturale.

    Mais peut-être est-ce dû, plus qu'à un esprit du temps, au commissaire de l'expo, Philippe Piguet. 


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  •  Vanité, par Philippe de Champaigne
    Entre politique et dévotion. C'est le titre explicite de cette exposition du musée Rath, à Genève. Une rétrospective importante, qui montre les différents aspects de ce peintre né en Belgique en 1602, qui a fait toute sa carrière en France, parce qu'il s'y est arrêté pendant son voyage pour Rome. Une sorte d'obligation artistique, à cette époque, le voyage à Rome !
    Installé à Paris, donc, Philippe de Champaigne a incarné le Grand Siècle dans ses aspects les plus solennels. Il a été le peintre officiel de Marie de Médicis et d'Anne d'Autriche. Il a glorifié Louis XIII et Richelieu (onze portraits). Des tableaux de propagande très réussis, imposants, qui lient le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. Quelque chose dans le même genre que les portraits de Kim-Il-Sung, Grand leader et Président éternel, par les artistes officiels de la Corée du nord.
    De Champaigne est aussi le peintre des congrégations. Son nom reste surtout lié aux jansénistes de Port-Royal (sa fille y a guéri miraculeusement) mais il n'était pas sectaire. Il s'est attaché à donner une image pieuse à d'autres mouvements et à décorer toutes sortes d'églises ou de cathédrales.
    Cet univers champaignien (champaignesque ? champaignacien ?) semble un peu étroit, et agaçante cette célébration des puissances. Heureusement, il y a le langage de Philippe de Champaigne.
    Compositions précises et relation des masses. Monumentalité, ordre, solennité. Ce qu'on appelle le classicisme. D'un effet certain. Avec parfois un peu de mièvrerie. Mais une recherche de la perfection, un équilibre fixé, arrêté sur le fil du rasoir. Des couleurs éclatantes et maîtrisées, une recherche de la profondeur, et des paysages magnifiques en arrière-fond de ses scènes.

    Musée Rath Genève, Place Neuve, de 10 à 17 heures, fermé le lundi, jusqu'au 13 janvier.
    (Voir aussi Blogres.) 


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