• Gerhard Richter, overpainted photograph, 17.2.89

    Gerhard Richter, superstar de l'art contemporain, expose au Centre de la photographie à Genève. Ça, comme disent les présentateurs télé, c'est énorme. Richter est un peintre ultra-connu dans le milieu, que les musées les plus prestigieux s'arrachent.
    Né en 1939, grandi en Allemagne de l'Est, passé à l'Ouest en 61, il suit plusieurs voies. Des toiles inspirées par des photos mais peintes. Des tableaux abstraits à l'apparence spontanée mais en réalité très travaillés. Des alignements de rectangles de couleur pure, séparés par des blancs. Et ces photographies peintes exposées ici.
    Il y en a des centaines. Leur élaboration se fait comme suit. Dans une corbeille, Richter jette toutes les photos amateurs qu'il fait de sa famille, de ses amis, de ses vacances, développées par des laboratoires industriels, et qu'il ne veut pas garder dans son album de souvenirs. Quand il a terminé une séance de travail sur de la peinture abstraite, il prend n'importe laquelle de ces photos qu'il macule des couleurs restant sur son couteau, plus ou moins au hasard.
    On peut ensuite faire toutes sortes de théories. Art du recyclage et de l'aléatoire. Rencontre entre peinture et photographie. Interrogation des médiums utilisés. Confrontation de la peinture et de la photographie. Etc.
    L'important, c'est ce qui en ressort. Les opinions. On peut trouver, comme mon ami le peintre Miguel Sancho, que Richter est le plus grand plasticien actuel. On peut penser, comme mon autre ami le peintre Gérald Rast qu'essuyer ses pinceaux sur des photos de vacances n'est pas un geste créateur et que le résultat est nul.
    Moi, j'ai bien aimé. Le hasard ou la main de l'artiste crée des effets parfois fulgurants, parfois intéressants, parfois vains bien sûr. Mais j'ai été souvent charmé, ou étonné. Il y a quelque chose de surréaliste dans le résultat, et dans la démarche aussi bien. La quantité de photos ne nuit pas non plus: au fil de la déambulation, un regard se crée, qui rend propice à la réception de ces images, et donne envie d'aller de plus près le reste de l'œuvre de Richter.

    Centre de la photographie, 10 rue des Vieux-Grenadiers, Genève, jusqu'au 12 avril


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  •  Etienne dumont par Jean Romain

    Ah, ce vernissage (voir ici )! Quelle tuerie! Un monde fou.
    C'est que l'événement était de taille, le modèle très connu, et un exploit a été accompli. Réunir 12 photographes, une espèce généralement encore plus individualiste que celle des écrivains, autour d'un projet commun.
    Le résultat est intéressant. Il y a le même modèle, mais les langages sont si différents qu'on peut considérer finalement ces photos comme des autoportraits de chacun des photographes.
    Vous avez deux jours pour voir ça à la galerie Krisal, 25 rue du Pont-Neuf, Carouge.
    Et voici les noms des artistes. Zalmai ahad, vincent camel, alan humerose, michel israelian, steeve iunker, max jacot, isabelle meister, philippe pache, thierry parel, jean revillard, francis traunig, olivier vogelsang.
    En plus, le vernissage m'a permis de rencontrer toutes sorte de gens, dont deux blogueurs, des artistes qui montrent leur production sur le net. Evdokia et Philippe Reymondin. Suivez les liens. Et suivez aussi le lien ici si vous voulez avoir quelques photos de la soirée, sur le site de Jean Romain, à qui j'ai pris la photo qui orne cet article.  


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  • affiche-dumont-SITE.jpg

    C'est l'événement genevois du jour! La sortie indispensable du week-end! Tout ce qui compte dans la république sera là. Vous aussi, sans doute, pour découvrir les portraits d'Etienne Dumont à la Galerie Krysal, œuvres de 12 photographes.
    Etienne Dumont, 60 ans, fils de bonne famille, journaliste sans complaisance et tatoué. Une figure de Genève, estimé, haï, critiqué, contemplé, admiré. De ces gens qui, comme on dit, « ne laissent pas indifférents ».
    Il a commencé par un petit tatouage dans les années 60. Puis un autre. Faits désormais par le Lausannois Dominique Lang, ils ont petit à petit envahi tout son corps et son visage. Comme Dumont cicatrise «vite et bien», il se lance aussi dans le piercing: des anneaux sous la peau des mains, un labret, (hublot transparent) entre la lèvre et le menton, des cercles dans les lobes des oreilles, tout ce que son corps supporte. Il a dû ainsi enlever une barrette de son nez dont les parois se séparaient, ainsi qu'un des cornes en silicone qu'il avait sous la peau de son crâne pour cause de nécrose foudroyante l'an dernier.
    On peut bien sûr s'interroger, et tout le monde le fait, sur les motivations du personnage. Ce qui m'intéresse plutôt, moi, c'est l'axe des contradictions dans lequel cette transformation le place.
    La beauté / la laideur. L'exhibitionnisme/ la pudeur. La visibilité / le masque. La création / la destruction. L'étalage / l'effacement. L'apparence / l'intériorité. Le narcissisme / la haine de soi. La jeunesse éternelle / la décrépitude.
    La démarche d'Etienne Dumont le met au centre de toutes ces antinomies, dans une oscillation perpétuelle entre elles, une interrogation renouvelée. Une sorte de quête personnelle, vertigineuse, qui impose violemment aux autres des questions inévitables.
    Et les photographies? Je ne les ai pas encore vues. Mais on peut les découvrir ce soir de 18h à 21h pendant le vernissage. L'exposition aura lieu demain, samedi 24 janvier (10h-18h) et après-demain, dimanche 25 janvier 2009 (14h-17h).

    Etienne Dumont, 60 ans, 12 photographes.zalmai ahad/vincent camel/alan humerose/michel israelian/steeve iunker/max jacot/isabelle meister/philippe pache/thierry parel/jean revillard/francis traunig/olivier vogelsang
    Galerie Krysal, 25 rue du Pont-Neuf, Carouge

    (Publié aussi dans Blogres )


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  • 3.jpgMaurice Chappaz est mort. Salut et reconnaissance à ce grand écrivain valaisan!
    Lisons ses livres, c'est le plus bel hommage qu'on peut lui faire.
    De plus, ça nous évitera de rejoindre la cohorte de ceux qui se répandent dans les médias: les hommes politiques importants qui tentent de récupérer cet homme fondamentalement conservateur et catholique dont l
    es idées étaient pourtant opposées à toutes celles qui ont cours actuellement, ou les écrivains qui croient que la littérature est une hiérarchie et pensent qu'après cette mort, il y a une place à prendre, pour laquelle il faut se placer.
    Lisons ses livres et n'oublions pas la poésie, passée et actuelle, dont son œuvre est si puissamment nourrie. Une poésie qui a difficilement accès au public. Où la trouve-t-on encore à part dans les manuels scolaires et les revues spécialisées?
    Eh bien parfois au Café du soleil, à Saignelégier.
    C'est en effet là où notre ami Pascal Rebetez présente dès le 18 janvier les images qui ont accompagné quatre de ses ouvrages parus en 2001 et en 2008.  Trois peintres et un photographe y exposent leurs travaux liés à ses textes et poèmes.
    Le peintre Léonard Félix pour les peintures de l'ouvrage
    Calendrier des sèves paru en 2001 aux « Editions d'autre part ».
    Le photog
    raphe Gérard Lüthi pour Béton et vapeurs d'eau dans la collection "Le champ des signes" des Editions de la Société Jurassienne d'Emulation (2008): l'ouvrage reproduit vingt-quatre photographies prises lors d'un voyage en rebetez_pascal_150x150.gifChine, dont Pascal Rebetez s'est inspiré pour écrire maximes et aphorismes.
    Enfin pour
    Au lieu des corps (voir ici) qui vient de paraître aux « Editions Encre et Lumière » en deux versions différentes, on a Isis Olivier qui a illustré une édition de ses peintures de femmes sur cartes maritimes et, pour l'autre, Michel Julliard et son univers très coloré.
    C'est tous les jours de 9h à 23h, sauf le lundi jusqu'au 15 février 2009.

    Exposition Images à textes - sur des livres de Pascal Rebetez, avec Isis Olivier, Michel Julliard, Léonard Félix, peintures, Gérard Lüthi, photographies.
    Vernissage le dimanche 18 janvier 2009 à 11h00.

    Et sur Chappaz, un entretien, des poèmes, une analyse dans les très riches Carnets de Jean-Louis Kuffer aujourd'hui.


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  • Gérald Rast, Relief
    Il faut quand même que je vous expédie enfin sur
    le site d'un de mes meilleurs amis. Un plasticien.
    Né en Suisse, vivant à Genève où il a fréquenté la faculté d'histoire de l'Art, Gerald Rast poursuit depuis des années un travail très personnel sur les formes et des couleurs. Sa démarche l'a conduit à explorer plusieurs voies issues des tableaux oniriques de ses débuts, bestiaires fabuleux ou fantastiques sur surfaces planes.
    Entre grotesque et simplicité, conciliant la complexité et l'évidence, l'ironie et le liturgique, il impose un univers qui ne ressemble à aucun autre. Il s'est intéressé au bas-relief, créant des figures épurées en couleurs vives, des formes simples et idéales ou des frises plus complexes, séries moulées dans le plâtre et retravaillées.
    Le dessin est un autre moyen d'expression constant chez lui, recherche sur des formes expressives qui lui permet Dessin de Gérald Rastde créer un monde étrange et parfois un peu inquiétant. Les tapisseries enfin, tissage de bandes colorées, semblent issues d'un univers idéal, apaisé, radieux et lumineux, qu'elles recréent pour nous.
    On peut voir tout ça sur 
    http://geraldrast.com/index.htm


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