• Dragons

     Une info agréable (pour moi). Sur son blog Dernières nouvelles de l'homme, Joël Périno a posté 3 articles sur mon roman, Le Jour du dragon (voir ci-contre). Woaw ! Merci, Joël.
    Pour ceux qui seraient intéressés, le premier est ici, le deuxième ici, et le troisième ...
    (Ou alors ci-dessous)

     

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    Dragon 1
    Par Joël Périno

    Je suis en train de terminer le dernier livre d'Alain Bagnoud, Le jour du dragon. Alain est un écrivain originaire du Valais qui habite Genève. Je l'ai rencontré sur la toile. Il a son lien depuis ce blog. J'avais eu le plaisir de lire son précédent livre « La leçon de chose en un jour » et d'en faire trois notes ici au mois de juin 2006.

    Alain fait de l'autofiction, un genre qui se situe entre le roman et l'autobiographie. Genre que prétend avoir inventé Serge Doubrovsky que Jacques m'a fait connaître. Comme pour la leçon de chose qui correspondait aux sept ans du héros, le jour du dragon se passe se un jour qui pourrait être les seize ans du héros. C'est un récit d'adolescence dont je parlerai bientôt ici.

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    21.12.2008

    Dragon 2

    Par Joël Périno

    Ca-vient.jpg

     

     

    Avec Le jour du dragon, Alain Bagnoud nous refait le coup de concentrer en un jour symbolique quelques années de sa vie. Dans La leçon de chose en un jour, il s'autofictionnait le jour de ses sept ans, dans le jour du dragon, il se met en scène vers 17 ou 18 ans le jour de la Saint Georges, la fête du village à Aulagne, alias Chermignon.

     

    Cela se passe donc en Valais au début des années septante. Un vent souffle depuis quelques temps et a atteint les vallées les plus reculées, un vent qui vient de Woodstock, de l'île de Wright, de Berkeley, des pavés de 68, un vent porté par les guitares des Doors, des Whos, des Byrds, qui exhale une petite odeur de haschich et amène des hippies, des filles avec des fleurs plein les cheveux.

    C'est le choc des cultures. Le vent souffle sur le village de la leçon de chose qui vit ses traditions et ses querelles ancestrales entre dorés et argentés. C'est dans la fanfare des dorés, une des deux cliques du village, que notre héros marche au pas en jouant du tambour. Ce jour là, il assiste au prêche du curé qui parle du démon terrassé par Saint Georges, au discours du maire, il s'extasie devant trois donzelles nouvellement admises dans la fanfare et que drague sans vergogne son copain Benny, il nous parle d'un prof marxiste renvoyé du lycée, il rencontre un artiste peintre, un vieux de trente cinq ans, il assiste à une boum et expérimente les effets à la fois hilarants et anxiogènes que procurent la fumée de chanvre. On retrouve Dogane, l'étranger, son meilleur ami, et aussi Richard Mitte de Lucien, le politicien et entrepreneur tireur de toutes les ficelles locales. On assiste à un repas familial dans la maison neuve de l'oncle futur politicien où vit un grand-père déclinant qui veut aller à l'hôpital pour qu'on s'occupe un peu de lui.

    On est témoin de la construction d'un adulte et d'un écrivain. Un adulte conscient de tout ce qui le relie à ses racines et aussi de ce qui fait de lui un être un peu à part, un peu contre. Un écrivain qui fourbit les mots de sa différence pour pouvoir peindre le monde dans lequel il évolue avec la conscience de ses faiblesses qu'il tente de transformer en forces et qui trouve en tâtonnant la distance nécessaire par rapport aux passions qu'il dépeint.

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    Dragon 3

    Par Joël Périno

    Ca-vient.jpg

    J'avais beaucoup aimé la leçon de chose, j'ai trouvé encore plus de plaisir à lire Le jour du dragon. Je trouve que dans ce livre Alain Bagnoud a encore affiné son pinceau. Il multiplie les touches de couleur pour nous faire ressortir ce coin de Valais et ce temps essentiel de la vie où l'adolescent se transforme en adulte.

    Dans la leçon de chose, j'étais sensible au tableau parce que j'y retrouvais le monde de mon enfance à Abondance, pas bien loin de Chermignon, un monde disparu. Dans le jour du dragon, je retrouve toute la révolte de mon adolescence et le souffle de mai 68 avec juste ce qu'il faut de distance pour ne pas se prendre au sérieux.

    Si un écrivain est quelqu'un qui crée un univers tout en nous restituant de façon transcendé son vécu comme l'ont fait à merveille, dans des registres si différents un Proust ou un Céline, alors oui, Alain Bagnoud est un écrivain et un tout bon à mon avis.

     




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