JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Mardi 31 janvier
Inauguration de la MRL - Grand-Rue 40 - Genève
Inauguration de l’Arcade dès 18h avec la présence de:
Soirée d’inauguration dès 20h à l'Espace Rousseau
Lecture d’un texte inédit par les cinq écrivains invités : Pierre-Alain Tâche, Catherine Safonoff, Ruth Schweikert, Alberto Nessi, Iso Camartin.
Performance de Heike Fiedler.
Puis le programme de la MLR est ici:
Vous pouvez télécharger ici le papillon de notre programmation de février (PDF).
Publié par Alain Bagnoud à 09:47:03 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
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La propriété du vieux prince Bolkonski, pour laquelle Tolstoï a utilisé ses souvenirs d'enfance, ressemble à la cour de Louis XIV. Grand lever, petit lever du prince, organisation millimétrée de la journée, étiquette, cérémonial, et terreur sacrée qu'inspire le souverain à sa cour. Ici, c'est une toute petite cour: une fille, une belle-fille, un fils, un architecte...
L'impression de retour en arrière est accentuée par la tenue du prince qui porte une perruque poudrée et surtout, peut-être, par ses idées. Tous les capitaines de 1805, d'après lui, ne sont que de petits garçons qui ne savent rien, à commencer par Napoléon, qu'il qualifie de mazette. Les vrais soldats étaient de son temps à lui.
Ce morceau de passé immuable contraste vivement avec ce qui précède: la vie mondaine de l'aristocratie, bien vivante quoique décrite par Tolstoï avec ironie, et ce qui va suivre: l'arrivée du prince André, le fils, dans l'armée russe, en Autriche, et la confrontation avec les troupes de Bonaparte.
Ce bloc immobile a une fonction narrative précise: dans la composition du récit, il sert à accentuer encore les effets de mouvement qui l'entourent. Du grand art.
Publié par Alain Bagnoud à 19:28:36 dans Tolstoï | Commentaires (0) | Permaliens
Ce livre, rédigé pour servir d'introduction aux œuvres complètes de Genet, a provoqué chez Genet l'impossibilité de continuer à écrire des romans. C'est lui-même qui l'a expliqué. Pendant dix ans, bloquage complet. Puis il s'est voué au théâtre, si on excepte son récit posthume, Un captif amoureux, sur les Palestiniens.
On peut croire Genet ou pas. Il était probablement arrivé au bout d'un cycle romanesque, il cherchait à se renouveller, l'analyse de Sartre a hâté la crise.
En tout cas,Saint Genet, comédien et martyr est une formidable machine à décortiquer la personne et les oeuvres de Genet, qui passent à travers la moulinette de la pensée sartrienne, scrutées par cette magistrale intelligence dans une démonstration minutieuse. 690 pages serrées.
Tout au long du livre, Sartre semble défaire patiemment une montre très complexe. Il examine chaque rouage, le décrit, explique à quoi il sert. Grâce à la succession des causes et des effets, finalement, il devrait n'y avoir plus aucun mystère.
Tout le caractère, toute la sexualité, toute la littérature de Genet sont décortiqués, motivés, nécessités par les circonstances de cette existence, et par la volonté de Genet d'assumer ce dont on l'accuse tout en respectant les valeurs de ses ennemis. Car ce serait là où s'exprimerait la liberté de Genet, cette liberté chère à Sartre, qui veut dans cet essai « montrer les limites de l'interprétation psychanalytique et de l'explication marxiste ».
Un livre impressionnant. Une vision large, complète, un système subtil, convaincant, qui, désormais qu'il n'est, et de loin, plus majoritaire, éclaire et étonne.
Mais derrière, malgré tout, il reste d
es ombres. Par exemple dans la démonstration que Sartre voulait faire : « prouver que le génie n'est pas un don mais l'issue qu'on invente dans les cas désespérés ».
Elle ne persuade pas tout à fait. D'autres se sont trouvés dans la même situation que Genet, et ne se sont pas retrouvés grand écrivain français du XXème siècle. Et malgré toute l'intelligence de Sartre, il reste des questions là-dessus. Le génie, c'est quoi? Ça vient d'où? Ça fait quoi?
Jean-Paul Sartre, Saint Genet, comédien et martyr, Gallimard
Publié par Alain Bagnoud à 10:49:37 dans Republication | Commentaires (1) | Permaliens

Le lien est ici.
Publié par Alain Bagnoud à 10:17:16 dans Journal | Commentaires (5) | Permaliens
28 délégués-lycéens de toute la Suisse romande ont choisi de couronner Angeles de Reynald Freudiger pour l'édition 2012 du Roman des romands. Le prix a été remis au Théâtre Benno Besson d'Yverdon vendredi passé. Voici ce que j'écrivais sur ce livre le 20 mai 2011:
Deuxième livre de Reynald Freudiger après La mort du prince bleu, Àngeles est une réussite.
D’abord la préface.
On ne fait plus de préfaces désormais, déplore Freudiger, qui les aime et du coup en pond une charmante. Il y parle de son titre, de la manière idéale de lire son recueil: chaque texte d’une traite. Idéal pour les pendulaires: un à l’aller, un autre au retour. Le livre leur propose ainsi une semaine de trajet.
Ces textes courts ne sont pas de nouvelles dans le sens traditionnel du mot. L’éditeur les annonce comme des récits, Freudiger leur préfère le mot de contes. Définissons tout ça. Je sors mon dictionnaire.
Un conte, c’est une « action de rapporter à quelqu'un un fait réel » ou un « récit d'aventures imaginaires destiné à distraire, à instruire en amusant ». Les deux définitions collent avec le projet de Àngeles. Le livre a aussi des affinités avec ce qu’on appelle le réalisme magique, qui se donne « généralement pour but de saisir une réalité avérée à travers la peinture quotidienne de populations latino-américaines ou caribéennes pour en révéler toute la substance fabuleuse, irrationnelle parfois étirée jusqu’au rang de mythe. » (voir ici).
Les histoires séduisantes et âpres qu’on trouve dans Àngeles se passent en Amérique latine, et mettent en scène des personnages communs (par exemple un Bolivien immigré) ou extraordinaires (un ange avec ses ailes bricolées). Ils reflètent une vision de ce continent poétique ou réaliste (les jeunes kidnappeurs), liée à l’Histoire (les dictatures) ou à un quotidien parfois violent (rapt, assassinats).
Il y a de l’humour aussi, sous-jacent ou au premier plan, comme dans ce récit où les passagers d’un bus voient une apparition: une tête barbue. Tout le monde identifie le Christ sauf le narrateur, en proie à une mission littéraire, qui tente de persuader les autres qu’il s’agit de Don Quichotte.
Tous ces contes un peu baroques forment un univers cohérent, avec pour lien thématique et suspendu la présence des anges. A chaque fois, il s’agit de l’autre, de la manière de le voir, de le juger, de le comprendre, des variations aussi du regard qu’on peut avoir sur autrui.
C’est l’écriture également qui les unit. Leur composition se réfère à une esthétique cohérente. Les voix différentes qui parlent ont en commun un ton détaché, amusé, candide, qui prend de la distance avec les drames, les cruautés et les émerveillements, et distille une force contenue d’émotion. Présence d’un auteur qui maîtrise son récit et joue avec lui.
Reynald Freudiger est né en 1970. Il a voyagé en Amérique latine après ses études de lettres à Lausanne. « Là-bas, il s’intéresse de près au mouvement de fond qui, un peu partout sur le continent, porte alors la gauche au pouvoir. » (Culturactif) On le retrouve collaborateur à l’édition critique des œuvres complètes de Charles-Ferdinand Ramuz pour le compte du Centre de recherches sur les lettres romandes. Actuellement, il enseigne le français dans un gymnase et s’adonne à la critique littéraire – et à l’écriture.
Reynald Freudiger, Àngeles, L’Aire
Publié par Alain Bagnoud à 09:16:31 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
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