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Bonne année 2012 | 31 décembre 2011

Publié par Alain Bagnoud à 11:06:01 dans Journal | Commentaires (2) |

Un compte-rendu sur Transports paru dans Le Temps | 24 décembre 2011

Proses Samedi 24 décembre 2011

Chansons pour le temps présent

Alain Bagnoud livre avec «Transports» un petit catalogue poétique d’impressions romandes

 

Genre: choses vues
Réalisateurs: Alain Bagnoud
Titre: Transports
Studio: L’Aire, 110 p.


«Le lac plat évoque une patinoire. Les arbres et les maisons semblent des signes sur la page du paysage. Deux agents de la police ferroviaire avancent dans le couloir. La matinée est verte, blanche, or.» Alain Bagnoud voyage dans cette Suisse romande où nous vivons. Il prend les «transports», des trains, des bus. Il regarde autour de lui, les gens, les paysages, les couleurs, le temps qu’il fait. Il observe. Il écoute. Il note. Et cela donne de minuscules chroniques, alertes, vives, précises.

L’auteur de La Leçon de choses en un jour (L’Aire, 2007) explore avec une légèreté allègre les possibilités poétiques des villes, des lieux où nous vivons, s’attachant au plus banal. La marge poétique est étroite par ici, on s’en rend compte, mais il s’emploie néanmoins à la saisir. Ici ou là, une note sonne un peu aigrelette, Alain Bagnoud n’est pas toujours tendre pour ses semblables. A propos d’un comédien qui vient de lire ses textes: «Sa langue butait tous les dix mots…» On préfère quand cet «homme aux semelles de vigne» s’emploie à «vivre dans le présent, loin des regrets et des projections» et qu’il nous livre, palpitantes, ses impressions du réel.

Publié par Alain Bagnoud à 10:55:59 dans Journal | Commentaires (0) |

nativité de Lorenzo di Credi (1458-1537) | 23 décembre 2011

 nativité de Lorenzo di Credi (1458-1537)

Publié par Alain Bagnoud à 11:10:18 dans Journal | Commentaires (2) |

Casanova achète une pucelle | 21 décembre 2011

Il y a un moment et un lieu où notre libertin ne peut plus compter sur ses charmes pour obtenir des complaisances des dames. C'est plus particulièrement dans la Russie de Catherine IICatherine II, en 1764 mais on lui donne la solution: il suffit d'acheter une paysanne.

En voyant une qui lui plait, il charge son ami de la transaction. Voilà les deux messieurs dans la masure. L'ami explique, le père remercie Saint-Nicolas et tient absolument à ce que Casanova, avant de payer, vérifie que sa fille est bien vierge. Notre séducteur gêné s'exécute pour ne pas être discourtois, serre la fille entre ses cuisses, et palpe l'hymen intact. Le marché est fait.

Le problème est que la fillette est jalouse et menace de le tuer dans de furieuses crises. Finalement, Casanova la revend à un ambassadeur et quitte la Russie.

Mais il ne renonce pas aux nymphes pour cela. En Pologne, il achète la virginité d'une autre fillette. Aussitôt l'affaire connue, les paysans de la contrée entière viennent lui proposer leurs filles. Autres temps autres moeurs?

Peut-être pas. Rassurez-vous. On soupçonne Casanova d’avoir inventé ces achats de toutes pièces.

Ce serait un fantasme de vieillard: quand il écrit ses mémoires, il a plus de 60 ans. L’idée de cette facilité à obtenir de jeunes filles aurait réchauffé les imaginations du vieux monsieur indigne devenu écrivain à plein temps.

Et excellent écrivain: on ne peut pas lire ces pages cyniques sans se sentir envahi par une indignation qui est un hommage au talent de l’auteur.

Publié par Alain Bagnoud à 09:49:19 dans Casanova | Commentaires (0) |

Beuveries | 19 décembre 2011

La beuverie que Tostoï décrit presque au début de son roman, Guerre et Paix (entre les deux réceptions initiales), montre surtout quelque chose: que la jeunesse d'ailleurs n'a rien à envier à la jeunesse de ce temps ou du mien – et réciproquement.

A Pétersbourg, des jeunes gens ivres se lancent des défis aux petites heures de la nuit. L'un d'eux assis sur le rebord d'une fenêtre, jambes pendant à l'extérieur, fait le pari de boire une bouteille de rhum cul sec. Ensuite, ils sortent faire la fête dans les endroits mal famés. Agacés par un commissaire de police, ils l'attachent à un ourson qu'ils trimballaient avec eux et jettent tout le paquet dans la Moïka, où commissaire et animal manquent de se noyer.

Souvenez-vous. D'accord, le commissaire de police, l'ours et la Moïka, nous ne l'avons pas fait. Mais le reste?

Publié par Alain Bagnoud à 10:16:17 dans Tolstoï | Commentaires (2) |

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