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Balzac, Les proscrits | 31 août 2011

Dante et Virgile par Delacroix

Il arrive à notre grand auteur, quand il veut être sublime, de bêtifier à loisir, entre clichés, naïvetés et raccourcis rigolos. C'est parfois vrai dans ses histoires d'amour, et encore plus dans sa mystique nébuleuse.

Dans Les proscrits, conte philosophique, il ne trouve pas mieux qu'incarner celle-ci en des myriades d'anges aux ailes frémissantes, portant le laurier et le glaive.

Dante est le personnage principal de la nouvelle, amené progressivement. Sa présence intéresse: c'est un regard du XIXème sur le XIIème, et par un grand auteur qui parle d'un autre grand auteur. Mais Balzac lui donne bien des ridicules. Il est sublime, forcément, il est gigantesque. Il ouvre d'un seul geste du doigt une faille dans le plancher de la chambre et l'Enfer est là.

Puis, prévenu qu'il peut rentrer à Florence, l'homme prodigieux qui manie le Ciel et l'Abîme ne trouve qu'une exclamation spontanée: « Mort aux guelfes! »

L'autre personnage, jeune homme très beau, est un ange incarné. Il cherche l'Infini, il entend sa Voix. Mais ça se termine quand, reconnu par sa mère baronne, il reconnaît enfin cette Voix: c'était celle de sa maman.

Publié par Alain Bagnoud à 13:08:41 dans Balzac | Commentaires (0) |

Une citation pour la rentrée | 30 août 2011

"L'homme de génie se révélera toujours en dehors des écoles."


                                Honoré de Balzac, Le curé de village (1841)

Publié par Alain Bagnoud à 08:57:17 dans Citations | Commentaires (0) |

Rentrée littérAire | 29 août 2011

L'éditeur Michel Moret

Vendredi soir passé, le 26 août, alors que des annonces de tempête force 4 terrifiaient la population suisse, raout à Vevey, au 15 rue de l’Union, organisé par les Editions de L’Aire.

Michel Moret y présentait sa rentrée littéraire devant les auteurs, les journalistes, les libraires, les amis installés dans le studio de danse qui jouxte les éditions, avec barre et miroir mural dans lequel on se recoiffait avant de présenter son livre. J’ai parlé d’une de ces soirées ici.

Celle de vendredi était agréable. Les écrivains se contenaient. Il n’y a pas eu de ces bavards impénitents qui profitent de la tribune pour étaler leur vie et leur œuvre. On a bénéficié d'un aperçu bref et intéressant de ce qui sortirait. Trois ouvrages ont déjà paru. Je vous renvoie au site officiel des Editions pour plus de détails.

Mon Transports, lui, est programmé pour fin septembre. La date est encore un peu flottante.

Mais ne vous faites pas de souci, je vous tiens au courant. Comptez sur moi.

Publié par Alain Bagnoud à 09:04:31 dans Journal | Commentaires (0) |

Jean Chauma, Le banc | 26 août 2011

Jean Chauma, Le bancL'ancien voyou, habitué des prisons de haute sécurité pour braquage de banques et de bijouteries, continue son cheminement littéraire. Il écrit des livres singuliers, qui ne sont fondus dans aucun moule. Autobiographie, autofiction, roman policier, essai? Un mélange de tout ça. Ses livres à la composition singulière sont des ovnis lucides et âpres.

Dans Le banc, un voyou est en train de mourir, touché par une balle. On n'apprendra qu'à la fin qui la lui a tirée. Entre temps, il y a des flash-backs, un retour sur son enfance, sa mère et la relation quasi incestueuse qu'elle entretient avec lui, sa fugue à quinze ans, les premiers vols, son premier braquage.

Puis le livre change. Une femme le voit sur ce banc, elle comprend qu'il n'est pas bien, elle veut l'aider. Le voyou n'est pas un inconnu pour elle. Surnommé Le Mammouth, c'est une figure du quartier. La femme est d'ailleurs certaine qu'il a assassiné un homme politique, des années plus tôt.

Suit un long dialogue, qui occupe une grande partie du livre, et qui pourrait faire une pièce de théâtre. Elle tente de comprendre son acte, de savoir qui il est, il se définit peu à peu. Puis elle part chercher du secours et il meurt, après que le lecteur a compris pourquoi il a reçu une balle et de quelle manière ça se rattache à son passé.

Rien de canonique dans tout ça, mais une force et une efficacité. Au-delà de l'anecdote, ce qui intéresse surtout Jean Chauma, c'est de comprendre un cas particulier: le voyou des années 70. Il en a fait un type, et fore ce personnage avec intelligence afin de montrer quels sont ses ressorts, ses envies, ses projets, ses valeurs.

Et il y réussit fort bien.

 

Jean Chauma, Le banc, Bsn press

Publié par Alain Bagnoud à 12:03:36 dans Lectures | Commentaires (3) |

Aznavour, La bohème | 25 août 2011

Un petit clin d'oeil à mon billet d'hier.

Publié par Alain Bagnoud à 11:00:14 dans Chansons | Commentaires (0) |

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