JUSTE PARU
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Je suis allé voir Manon, qui s'occupe des chevaux à 2100 mètres. Elle les brossait, en attente de clients qui ne viennent pas à cause de la température.
Il y a peu de monde en altitude. les hôteliers se plaignent. Une bonne saison, cest de la canicule en plaine.
Cette année, seuls les amoureux de la montagne ou les amateurs de calme sont là. Ils se baladent en petits groupes dans les alpages, avec des pélerines et des polaires.
C'est un temps automnal, dit-on quand on se rencontre.
Publié par Alain Bagnoud à 15:17:05 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
Terrasse en triangle d'un restaurant d'altitude. un peit vent froid. Le ciel est couvert de gros nuages en coton, comme une couverture pelucheuse accrochée aux sommets des montagnes de chaque côté de la vallée.
La neige est tombée jusqu'à 2300 mètres. Elle dure à la faveur des températures basses, poudrant les sommets. On est pourtant le 25 juillet.
C'est le sujet d'abordage des gens d'ici dans les cafés: " Tu as sorti tes skis?"
Un papillon jaune et brun volette sur la terrasse, s'accroche à la hampe d'un parasol fermé, ses ailes pliées palpitant dans tous les sens comme la flamme d'une bougie sous un souffle.
Puis une ouverture entre deux nuages laisse passer le soleil et il fait soudain très chaud.
Publié par Alain Bagnoud à 17:19:00 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
A l'occasion de sa sortie en poche, on peut peut-être parler maintenant du Dernier Crâne de M. De Sade, débarrassé qu'il est de tout ce qu'il portait.
On se souvient en effet que Jacques Chessex était mort juste avant sa sortie, en public, pendant qu'il prenait la défense de Roman Polanski alors en prison à Zürich sous l'accusation de détournement de mineure.
Du coup, Le Dernier Crâne de M. De Sade était devenu, sous le poids des événements, comme une sorte de testament et un manifeste à la défense de la liberté d'expression et de mœurs.
Un autre livre de Jacques Chessex est paru depuis, un entretien avec lui-même, qui libère le roman dont je vais parler ici de sa fonction testamentaire.
Ce qui ne l'empêche pas d'être vendu dans les bibliothèques de Suisse romande sous cellophane. Mais autant le dire tout de suite à ceux pour qui ce serait un argument de vente: c'est un livre qui se lit à deux mains.
On a bien ça et là quelques scènes sado-masochistes, mais je défie quiconque d'en être émoustillé. Jacques Chessex a voulu choquer le bourgeois plutôt que l'exciter.
Le cellophane s'explique par l'âge de la partenaire de Sade, qu'il fouette, torture avec une épingle, par qui il se fait sodomiser avec des godemichés. Madeleine Leclerc, fille d'une infirmière de l'hospice de Charenton où est enfermé le vieux libertin de 74 a
ns. Madeleine Leclerc a 15 ans. En notre période de fantasmes pédophiles, ça suffit pour expliquer le plastique.
Jacques Chessex, donc, raconte la fin du vieillard, documentée, et les péripéties de son crâne, qui le sont moins. Son récit n'échappe pas à quelques outrances, à force de vouloir faire de son personnage un saint de l'absolu: une aura phosphorescente s'élève autour de lui, il exhale une odeur de soufre ou prononce, bien opportunément pour l'auteur, des mots « incohérents »: « Mon dernier crâne! Mon dernier crâne! »
Au reste, le livre est intéressant à cause notamment de sa composition en facettes: il contient toutes sortes de petits récits, parfois parodiques comme le premier chapitre, ou qui forment des mini-romans. Lors des réapparitions du crâne, par exemple.
Cette composition très libre est un charme. Et puis on a le personnage du Marquis de Sade et l'écriture de Chessex, dont le talent n'est plus à démontrer. Le dernier crâne de M. De Sade n'est donc pas le brulot outrancier dénoncé quelquefois. Pas non plus le legs définitif d'un grand écrivain. Un roman intéressant qui se lit bien.
Publié par Alain Bagnoud à 15:50:30 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Hier, 20 juillet, neige à 2000 mètres. 3 degrés le matin à 6 heures. Ma bonne dame, il n'y a plus de saisons.
Publié par Alain Bagnoud à 14:40:10 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
Samedi 16 juillet 20110. Troisièmes rencontres littéraires de Cordona.
C'est un petit hameau sur la rive droite du Rhône, en Valais, à 1200 mètres d'altitude, à la frontière des langues. Une tête de pont même vers le Haut-Valais puisque la Raspille est passée
Les organisateurs: Eric Masserey, écrivain, Anne Toia, photographe, Boris Mabillard, libraire, écrivain, journaliste, reporter (on peut lire dans le Courrier ses derniers reportages depuis Misrata (voir ici), où il se passe semble-t-il des choses et d'où il revient.)
Le principe des rencontres est le suivant: il y deux longues tables sous le pommier. L'après-midi, on cause (fendant de Nicolas Bagnoud). A intervalles réguliers, quelqu'un lit quelques pages d'un travail en cours, à table ou sur un kilim entouré de chaises-longues en demi-cercle ou, si on veut, dans la jolie petite église, devant la fontaine, partout ailleurs.
Les participants: Marina Salzmann, Sonia Baechler, Bernard Campiche, Jean-Jacques Bonvin, Eric Masserey et votre serviteur. Le public: le tout Cordona et un peu de Mollens.
Entre deux lectures, on parle des textes, on échange des anecdotes (humagne blanche de Nicolas Bagnoud). Le soir, Boris nous fait un excellent repas oriental (pinot noir de Nicolas Bagnoud). On continue la discussion jusqu'aux petites heures (eau de vie de lie).
Le lendemain, deuxième épisode pour ceux qui ont dormi là. Brunch, lecture de Paradis aller-retour par Boris Mabillard (cuvée or fin de Nicolas Bagnoud). Discussion littéraire (païen de je ne me souviens plus qui). Assiette valaisanne. Tarte aux abricots. Gamay...
La nouvelle édition est fixée au deuxième week-end de juillet 2012. Sortez les agendas!
Publié par Alain Bagnoud à 11:09:15 dans Journal | Commentaires (3) | Permaliens
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