JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)

Je serai ce samedi 30 avril entre 14 h00 et 15 h 00 au Salon du livre de Genève pour une rencontre-lecture autour de mon dernier roman, Le Blues des vocations éphémères. Ça se passera au Petit Littéraire du Chouette Espace.
Le Chouette Espace, je sais. Mais ce n'est pas moi qui ai choisi le nom.
Publié par Alain Bagnoud à 10:28:36 dans Journal | Commentaires (2) | Permaliens
Il y a dans le Quatuor d'Alexandrie un grand écrivain représenté: Pursewarden. Du moins tous les personnages le considèrent comme tel, l'admirent. Son suicide lui donne une résonance nouvelle, transforme sa vie en destin et ses bouquins en œuvre. Ses livres ont du succès. On parle de génie quand on le cite. 
Ses modèles sont connus: D.H. Lawrence, le maître, et Henry Miller, l'ami de Durrell. Il a tiré de l'un la haine de la morale victorienne et de l'autre la certitude que le sexe est une force solaire libératrice.
Et pourtant, Pursewarden est un con. J'ai beau réfléchir, je ne trouve pas d'autre terme qui puisse le définir mieux. Sa fatuité, son côté grosse gueule, je-sais-tout, son assurance, son comportement, les anecdotes sur lui, tout me confirme dans ce jugement. Et jusqu'aux larges extraits de textes qui sont présentés comme les siens: lettres à Cléa ou Montolive, passages longuement cités de ses carnets dans Cléa, paroles rapportées...
Ses paradoxes sont lourdingues, ses maximes pas drôles, ses formules faussement profondes. Sa vision désabusée de la vie est pénible, son cynisme facile, et son écriture qui se veut spirituelle sautille comme un bœuf obèse.
Etrange vison qu'a Durrell du grand auteur tel que le public se le représente.
Alors que l'autre écrivain du Quatuor, Darley, est bien plus intéressant. Méprisé par Pursewarden, considéré par tous comme un écrivain tout à fait mineur, il est falot, incertain, sensible, touchant, et son écriture est splendide.
L. G. Darley, porte d'ailleurs les mêmes initiales que Lawrence Durell.
Allez comprendre! Ou alors...
Publié par Alain Bagnoud à 15:12:45 dans Durrell | Commentaires (0) | Permaliens
Ce n'est pas seulement dans les sincérités de Rousseau, parfois effectivement très impudiques, qu'on se rend comte de sa singularité, mais surtout dans sa manière de présenter les choses, dans le poids qu'il met sur certaines d'entre elles.
Ainsi, le fait d'avoir mis sa progéniture aux enfants-trouvés, il l'appelle une faute, une erreur. Mais que ceux à qui il a confié ces abandons les aient répétés, c'est pour lui une bassesse d'âme, de la pure noirceur.
Ainsi, absolution: Vous voyez que mon péché est bien moins grand que le leur.
Publié par Alain Bagnoud à 09:02:09 dans Rousseau | Commentaires (0) | Permaliens
842 pages de fables contemporaines et anciennes tissées dans une intrigue romanesque foisonnante. Pour le passé sont convoqués la mythologie indienne, la Vénus hindoue, le Kama-Soutra, mêlés à la tradition grecque, Orphée et Eurydice en tête. Pour le présent: la mythologie du rock.
Trois personnages qui appartiennent plus au conte qu’à la psychologie font tourner ce roman. Vina Aspara, star pop, sorte de double de Tina Turner. Ormus Cama (quelques traits de Brian Wilson), musicien de génie en communication avec l’autremonde (sic) où réside notamment son jumeau mort, qui fonde avec Vina le groupe VTO plus connu que les Beatles, Elvis Presley et Pink Floyd réunis (l’histoire se passe entre les années 40 et 80). Et Rai, photographe célébrissime, une sorte de personnage entre, disons, Robert Frank et de Robert Capa.
Tous beaux, talentueux, de premier ordre dans leur art, trop parfaits pour être honnêtes. Tous pris dans une histoire d’amour triangulaire: Vina et Ormus le grand amour absolu, Rai l’amant en tiers qui cherche à happer Vina, narrateur du roman aussi. Tous servant à exposer brillamment des thèmes: la puissance du rock, la force de l’amour, l’ambiguïté des images, les relations du génie, de la folie et de la mort.
Courant à côté d’eux, l’actualité revue et corrigée montre que l’on est dans un monde parallèle, qui communique d’ailleurs avec le nôtre, par ses références et ses passerelles: John Kennedy échappe à l’attentat de Dallas, le Watergate est un livre à succès sans rapport avec la réalité, etc.
Les trois héros viennent de Bombay qu’ils ont quittée dans les années 60. Leur histoire suit celle du rock et est symboliquement liée au leitmotiv du tremblement de terre: celui que la musique apporte à cette époque, celui qui donnera son titre à l’album le plus célèbre de VTO, celui qui tuera Vina, engloutie comme Eurydice.
Jusque là, jusqu’à cette disparition, c’est ébouriffant. La suite s’essouffle, le retour de Vina du royaume des morts sous une autre forme (une nouvelle femme). Bon, ce sont seulement les 150 dernières pages.
Histoire des limites et des rencontres (l’Orient-l’Occident, le réel-l’autremonde, la vie-la mort, le rock-la tradition, etc), foisonnante, fourmillante, énergique, La terre sous ses pieds explore des registres de langue divers, avec une ambition totalisante ambitieuse et passionnante. Paru en 1999, republié par Folio en 2011.
Salman Rushdie, La terre sous ses pieds, Folio
Publié par Alain Bagnoud à 09:24:52 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
L'actualité, ne l'oublions pas. Par exemple la republication dans la collection L'Aire bleue de La Terrasse des éléphants. Une occasion de reprendre l'article que j'avais mis en ligne sur le livre:
La Terrasse des éléphants est un très bon roman de Raphaël Aubert, une vraie réussite. Ses qualités: une ambiance de féérie dans le quotidien, de l'exotisme, une implication dans l'Histoire, une quête bien menée, une évocation délicate de l'enfance, un système de communication et d'échos entre le présent et le passé, l'évocation de lieux habités qui s'imposent, ont une identité forte, sont aussi les personnages de l'histoire, un excellent titre, une écriture solide...
Détaillons.
« La Terrasse des Éléphants se situe près du centre de la cité d'Angkor Thom, devant les ruines du Palais Royal, sur le site d'Angkor au Cambodge. Elle s'étend sur 300 m de longueur et sa hauteur de 3 à 5 m suivant les tronçons. C'était probablement une terrasse d'apparat décorée de structures en bois disparues depuis. Elle est bordée d'une balustrade en forme de nagā. » (Wikipédia, voir ici)
Une partie de l'histoire se passe donc dans le Cambodge actuel, une autre dans le même pays lors de sa chute aux mains des Khmers rouges, une autre encore au Vietnam, au moment où les Vietcongs l'ont entièrement conquis. Voici pour l'implication dans l'histoire.
Quant à la quête bien menée, elle entraîne le héros, Raphaël Santorin, un double de l'auteur si on en croit son journal, derrière quelques signes trouvés dans une propriété familiale: un roman d'Adalbert Bertrand appelé La Terrasse des éléphants – une mise en abîme, cet auteur n'existant évidemment pas -; une carte postale retrouvée; une maison de vacances à vendre... Et petit à petit, le journaliste se retrouve à rechercher amoureusement une petite fille connue cinquante ans plus tôt.
Ces vacances avec la fillette, et l'image d'un paradis enfantin perdu servent à une évocation délicate de l'enfance qui fait communiquer le présent et le passé: celui-ci n'est pas une image désuète mais un ferment qui dirige a posteriori la vie du héros.
Il faut rajouter à tout ça l'évocation de lieux habités qui s'imposent fortement: la propriété familiale, sombre, imposante, exigeante, le mas des vacances, solaire, libre, lumineux.
Une écriture solide lie l'ensemble de ces éléments, leur donne une unité, les établit dans un équilibre évocateur et visuel réussi, formant un petit univers bien maîtrisé dont le charme m'a parfois rappelé Sylvie, de Gérard de Nerval.
Raphaël Aubert, La Terrasse des Elephants, L'Aire
Publié par Alain Bagnoud à 10:51:23 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
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