JUSTE PARU
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Des circonstances accessoires (et elles sont nombreuses, on le sait!) m'ont empêché jusqu'ici de parler d'un singulier roman paru déjà il y a quelques années (en 2005). Gazmend en guerre.
Le livre est signé Jean-Yves Bénévent, ce qui est un pseudonyme. Le vrai nom de son auteur est Jean-Yves Dubath, et les lecteurs de ce blog le connaissent. Il a publié un non moins singulier livre l'an passé: Gainsbourg et le Suisse.
Qui est Gazmend? Bonne question. D'ailleurs, le narrateur se la pose pendant tout le livre. Ce qu'on sait de lui? Il est Kosovar, jeune, il travaille en cuisine, il a subi une instruction militaire (on est en 1999 pleine époque de la guerre du Kosovo). Le narrateur le rencontre au tendre, un lieu improbable. Et ici, un message personnel à l'auteur.
Monsieur Dubath, l'adresse du tendre! Ce que vous en dites, Monsieur Dubath, suscite une envie irrésistible. Le tendre, Monsieur Dubath! Il n'y a que le tendre! Conduisez-moi au tendre!
Le tendre, d'ailleurs, est peut-être un endroit sans intérêt en soi. On sait ce que sont les écrivains et comment ils exagèrent! Enfin, c'est au tendre que vient Gazmend irrégulièrement, le mercredi soir, et c'est là où le narrateur du livre cultive en direct ses connaissances du personnage et de la guerre en cours.
Qu'y a-t-il d'autre? De petits événements. Un triangle entre trois êtres dont la rencontre est baroque: Gazmend, Baselitz et Paul Morand. Le journal des événements au Kosovo...
Gazmend en guerre ne se résume pas. Ce n'est d'ailleurs pas le genre de texte qu'on lit rapidement, en une nuit, sans le lâcher. Au contraire. Une page après l'autre, telle a été ma méthode. Les fâcheux diraient qu'il n'y a pas d'intrigue. Peut-être. On peut conseiller aux amateurs de Harry Potter et de Dan Brown de ne pas l'acheter. Mais pour les autres, ceux qui aiment les plumes sapides et vagabondes, c'est une aubaine. Comme Gainsbourg et le Suisse.
Jean-Yves Bénévent, Gazmend en guerre, Editions de L'Aire, 2005
Publié par Alain Bagnoud à 10:03:22 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
L'argent des uns fait le malheur des autres.
Publié par Alain Bagnoud à 10:37:32 dans Proverbes | Commentaires (0) | Permaliens
Ce qu'il y a de frappant, dans les romans de Balzac, c'est leur manière de tout expliquer, leur volonté de ne pas laisser de zone d'ombre. Il faut que tout apparaisse, que tout soit signifiant.
Les milieux sociaux déterminent les comportements. Une duchesse du faubourg Saint-Germain a une idiosyncrasie qui ressemble à celle de toutes les duchesses. Un jeune noble de province issu d'un milieu isolé et confit a la sienne. L'environnement, le décor, les objets liés à ce milieu ont pour fonction de rendre visible ses traits.
Bien sûr, là-dedans, les individus ont des caractères différents. La physionomie de chacun les révèle. La physionomie, la physiognomonie. Les principes de Lavater.
A partir de là, c'est une mécanique qui s'enclenche, et qui détermine le déroulement du roman. Quelque chose dérange la fixité sociale.
Il peut s'agir d'un changement de milieu, d'un personnage soudain transplanté dans d'autres règles. C'est alors son adaptation et le choc entre les valeurs anciennes et nouvelles qui seront montrés.
Il peut s'agir d'une idée fixe exposée, et on verra alors ses confrontations avec le fonctionnement social du groupe, qu'elle dérange.
Il peut s'agir d'amour. Mais il n'existe pas la plus grande liberté dans son surgissement. Celui-ci répond à des règles précises, arrive dans des situations codifiées d'avance, prévisibles. Puis il se développe selon un mélange dosé et inéluctable, personnel et social, de naïveté, de rouerie et de calculs.
C'est cette mécanique implacable, cette organisation maîtrisée et présentée comme nécessaire, qui alourdit souvent les romans de Balzac, avec son goût des antithèses violentes: l'ange-le démon, la sainte-la putain, la province-Paris, le profiteur-la victime, et sa vision sociale et politique figée.
Mon plaisir à le lire est ainsi moindre quand il analyse les finesses du cœur que quand il traite de la collectivité, de son fonctionnement et de ses caractéristiques. Si la vie amoureuse est vue par lui comme un jeu d'échec aux ouvertures convenues et aux développements prévisibles, il met à jour et recrée les caractéristiques sociales avec une puissance et une compréhension inégalables.
Publié par Alain Bagnoud à 09:17:07 dans Balzac | Commentaires (4) | Permaliens
La petite musique nostalgique de Laure Chappuis fait mouche. Son récit, LEnfant papillon, parle d'adolescence. Plus particulièrement d'une jeune fille qui se retrouve enceinte, et qui abandonnera l'enfant, à cause des pressions familiales. Une histoire toute simple, mais Laure Chappuis trouve le ton pudique et poétique pour décrire ce moment charnière. Courts chapitres faits souvent d'un seul paragraphe, composition en éclats de miroir, touche sensible et juste, écriture lyrique et charnelle: ce récit est parfaitement maîtrisé. Son livre a d'ailleurs été sélectionné pour le Romand des romands.
Laure Chappuis est née en 1971. Elle vit à La Chaux-de-Fonds, est spécialiste de poésie latine à l'Université de Neuchâtel. Une référence qui pose son auteur!
Laure,Chappuis L'Enfant papillon, Editions d'Autre Part
Publié par Alain Bagnoud à 10:47:42 dans Lectures | Commentaires (1) | Permaliens

« J'entrai dans la maison chercher une bouteille et deux verres. On n'a pas fréquenté durant des années un Utrillo ou un Modigliani, qui étaient des sacripants et les plus foutus ivrognes de Montmartre et de Montparnasse, sans savoir comment traiter un pochard. »
Cemdrars, L'homme foudroyé, Folio
Publié par Alain Bagnoud à 12:11:49 dans Citations | Commentaires (0) | Permaliens
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