JUSTE PARU
Voir ici 
Articles de presse
LA TRILOGIE
Voir ici
Articles de presse
Articles de presse
Articles de presse
Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Les trois maîtres auxquels Zweig s'intéresse n'étonneront pas les amateurs de grandes œuvres. Balzac, Dickens, Dostoïevski. De ceux qui ont créé des univers romanesques étendus, complexes, dont la lecture demande un gros investissement en heures et en mémoire.
Inutile, donc, de penser qu'on va trouver dans l'étude de Zweig une analyse minutieuse des romans de chaque écrivain. Il y développe plutôt des impressions globales, il tente de saisir et de définir le monde de chacun d'eux, de comprendre ce qu'il a de spécifique.
Pour Balzac, c'est la volonté de puissance par rapport à la société. Ses héros veulent conquérir, arriver, triompher, se saisir de l'argent, de l'estime, de l'admiration, du pouvoir. Un Balzac que Zweig imagine réfugié dans son œuvre contre le réel, rêvant les triomphes ou les échecs magnifiques de ses héros, alors que criblé de dettes, malheureux, pourchassé, il passe ses journées à écrire comme un forçat, sans vivre.
C'est un point commun, d'ailleurs, des trois auteurs analysés ici: ils ont écrit pour gagner de l'argent. Aucun d'entre eux ne fait partie de cette caste des gens aisés qui prennent élégamment la plume pour augmenter leur surface sociale.
Dickens est celui des trois qui a le mieux réussi. Il a été célébré par son pays, il a gagné des sommes folles, il a incarné les traditions anglaises. Mais son rêve, dit Zweig, était médiocre: un cottage anglais tranquille où on prend paisiblement le thé en bourgeois qui jouit de petites rentes, aussi ne ne sauve-t-il que grâce à son humour et à son amour du petit peuple.
Le préféré de Zweig, c'est Dostoïevski, à qui il consacre plus de la moitié de son essai. Dostoïevski, ce génie toujours à la limite de la convulsion, entre extase et anéantissement, humiliation et grandeur, péché et rédemption. Toujours en recherche passionnée de Dieu, doutant de lui, voulant y croire, célébrant la vie malgré sa saleté, sa misère, ses douleurs...
Essai réussi, donc, pour Zweig. Malgré son ton un peu emphatique, la réelle sympathie et la pénétration qu'il montre pour définir ces trois écrivains qu'il aime nous donne envie de les relire.
Je sais, on va me reprocher ce re. Vous n'avez sans doute pas lu tous les textes de ces auteurs mais si, comme moi, vous arrivez à la cinquantaine, vous en avez probablement achevé quelques-uns, non? Mais je ne veux pas d'histoires. Je corrige. Vous donne envie de les lire.
Stephan Zweig, Trois Maîtres, Le livre de poche
Publié par Alain Bagnoud à 09:13:29 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Efficacité de la technique de Japrisot : donner la parole à divers personnages, afin qu'ils expliquent leur point de vue sur le fragment de l'histoire qu'ils connaissent. Construire ainsi un puzzle incompréhensible et angoissant jusqu'à ce que la dernière pièce enfin révèle soudain le motif entier.
Ici, le personnage principal s'appelle Dany. Elle est belle, blonde et myope comme une taupe. C'est une petite secrétaire qui semble terne et fiable mais qui va se révéler imprévue, fantasque et pleine de ressources lorsqu'arrivent les événements singuliers qui vont presque la faire basculer dans la folie.
Comme son patron part pour un week-end prolongé avec sa famille, elle emprunte sa voiture après l'avoir emmené à l'aéroport et descend vers la Méditerranée pour voir la mer. Mais des événements bizarres se provoquent et s'enchaînent. On la reconnaît sur le trajet, on lui affirme qu'elle est passée sur la même route mais dans le sens contraire le matin même. Dans une station-service, un assaillant invisible lui écrase la main gauche. Elle découvre enfin un mort dans le coffre, enroulé dans un tapis et près de la carabine qui l'a tué.
Dany finit quand même par déjouer la machination, à cause de ressources qu'elle ignorait en elle et du soutien de braves gens qu'elle croise en route. C'est la morale de ce livre à suspense: on peut pardonner à ceux qui tuent par amour, mais les cruels, les malades, les jaloux, les égoïstes et les manipulateurs doivent être punis.
Sébastien Japrisot, La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, (Gallimard/Folio policier, 1998, 311 pages)
Publié par Alain Bagnoud à 08:54:15 dans Polars, etc | Commentaires (6) | Permaliens

« C'était, d'ailleurs, des hommes seulement que M. de Charlus pouvait éprouver de la jalousie en ce qui concernait Morel. Les femmes ne lui en inspiraient aucune. C'est d'ailleurs la règle presque générale pour les Charlus. L'amour de l'homme qu'ils aiment pour une femme est quelque chose d'autre, qui se passe dans une autre espèce animale (le lion laisse les tigres tranquilles), ne les gêne pas et les rassure plutôt. » La Prisonnière.
Comment en lisant ces lignes ne pas se poser des questions sur cet amour du narrateur pour Albertine, sur cette jalousie qui le fonde, et qu'il éprouve en apprenant qu'elle aime les femmes, douleur si forte chez lui que c'est à cause de ce qu'elle lui a dit sur Mlle Vinteuil qu'il en fait sa prisonnière...
Publié par Alain Bagnoud à 09:32:48 dans Proust | Commentaires (0) | Permaliens
Régime de Blaise Cendrars à La Redonne, dans le Midi. Nous sommes en 1927.
Le matin, il se promène et observe les bateaux. Arrive midi. Il mange à l'auberge du village.
« Les fromages, les fruits étaient quelconques, mais le café était bon et la blanche de la maison râpeuse, juste comme je l'aime. J'arrosais mes repas de deux, trois bouteilles de ce fameux vin d'Ensuès que l'on ne récoltera bientôt plus, les vignes en balcon dans les rochers environnants étant trop difficiles d'accès et trop pénibles à travailler, vin riche que je ne puis comparer qu'au vin de Samos tant par son goût fruité que par sa bonté en alcool, et je me levais de table chargé comme une cartouche de dynamite. »C'est l'après-midi. Il s'agit de jouer au boules et le perdant paie la tournée: « … le soir, j'avais bu mes quarante, j'avais bu mes soixante verres de pastisse avec tous ces bon bougres, selon le nombre de parties que j'avais faites dans mon après-midi et le nombre de tournées de politesse que les uns ou les autres m'avaient rendues. »
Enfin, il faut rentrer.
«... je remontais le soir au « château, chargé d'un diner froid et d'autant de bouteilles de vin que je pouvais en fourrer dan mon havresac... J'allais, je venais j'entrais dans la cuisine, j'en ressortais, je faisais le tour de la maison, je revenais m'installer sur la terrasse, je débouchais une bouteille, je bourrais ma pipe, je cassais lentement la croûte. »
Rappel:
La consommation à risque est définie selon les critères suivants :
|
Hommes (<65 ans): |
|
> 14 verres par semaine ou |
|
|
|
> 4 verres par occasion |
Centre de Traitement en Alcoologie.
Santé!
Cemdrars, L'homme foudroyé, Folio
Publié par Alain Bagnoud à 11:33:08 dans Lectures | Commentaires (7) | Permaliens
Même un chaud lapin ne peut couvrir deux lièvres à la fois.
Publié par Alain Bagnoud à 10:51:49 dans Proverbes | Commentaires (2) | Permaliens
Depuis le 14-09-2006 :
6223613 visiteurs
Depuis le début du mois :
43772 visiteurs
Billets :
1230 billets
Commentaires