JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Une confrontation classique dans ce livre: le jeune noble provincial issu d'un milieu étroit, la grande dame. Il est jeune, beau, naïf, elle a quelques années de plus que lui, de l'expérience, de la rouerie. Il n'a bien entendu aucune chance.
Dans Béatrix, il y un autre intérêt: le livre est un roman à clés. Béatrix a pour modèle Madame d'Agout, cette femme qui défraya la chronique en son temps parce qu'elle avait pris la fuite avec Lizst, qui, ici, est portraituré sous le nom de Conti. Ce couple illégitime rencontre le jeune héros, Calyste, chez Camille Maupin. Là aussi, il s'agit d'un personnage inspiré par une romancière célèbre, George Sand, qui fut l'amie de tous ces gens-là, et chez qui Balzac a recueilli l'histoire Lizst-d'Agout.
Le livre est en deux parties. Dans la première, Calyste, dont Camille Maupin a refusé l'amour, rencontre la froide, belle, blonde et calculatrice Béatrix, il en tombe amoureux et elle le manie comme elle veut. C'est une lutte serrée entre les deux femmes, qui oscille entre le sublime, le perfide, le sentiment et la stratégie fine, dans une grande débauche qui finit au moment où Conti revient, comprend tout, manipule lui aussi Calyste pour le faire avouer, et disparaît avec sa maîtresse.
Quelques années plus tard, Calyste marié, consolé, enrichi par Camille Maupin qui est entrée au couvent, ayant fait le tour de toutes les passions (oui, je sais, mais ce n'est pas moi qui ai écrit le livre), retrouve Béatrix abandonnée, qui en fait très facilement son caniche. Par chance, la famille de sa femme engage le vieux roué Maxime de Trailles, aventurier du monde. Pour brouiller les amants, il monte une intrigue subtile et qui marche très facilement, étant donné sa connaissance des rouages et des mécanismes du monde.
Moi, chez Balzac, j'aime particulièrement les peintures sociales. Les petites intrigues personnelles ne me semblent pas toujours crédibles. C'est peut-être que le fonctionnement des individus, par rapport aux rôles qu'on leur donne, diffère, qu'il était plus convenu à l'époque. Mais il y a toujours cette puissance de fleuve, cette vision supérieure, large, totale, quoique un peu superficielle parfois dans les détails et les subtilités...
Publié par Alain Bagnoud à 09:44:46 dans Balzac | Commentaires (0) | Permaliens
Dans L'Hebdo d'aujourd'hui, quelques écrivains romands répondent à une question: « Etes-vous jaloux de Jacques Chessex? »
Il faut expliquer, pour ceux qui seraient d'ailleurs, que Chessex, ancien Prix Goncourt, occupe massivement les pages littéraires ou culturelles de notre pays. Comme dit L'Hebdo: « Il n'y en a que pour l'auteur de Un juif pour l'exemple» (son dernier livre aux Editions Grasset.).
Vous voulez ma réponse à la question? Elle est dans L'Hebdo!
Vous y avez aussi les opinions de quatre collègues: Blaise Hofmann, Jean Romain, Jean-Michel Olivier, Olivier Sillig. C'est évidemment lié au salon du livre de Genève, avec dates des signatures et tout ça.
Donc, ne vous privez pas de vous procurer le magazine.
Publié par Alain Bagnoud à 13:49:24 dans Le Jour du dragon | Commentaires (4) | Permaliens
La périodicité a ses avantages. Pâques et ses œufs nous annoncent chaque année le Salon du livre de Genève et ses cloches.
Il s'ouvre aujourd'hui. Grand menu, comme d'habitude. La Turquie en est l'hôte d’honneur, il y a une grande exposition des 3 Giacometti – le célèbre Alberto, avec son père et son frère, on peut se cultiver au Village Manga, on trouve des animations partout, avec des gens qui parlent dans des micros sur des sujets aussi variés que la littérature a-t-elle un avenir et le livre électronique va-t-il sauver l'édition?
En parallèle, on se promènera dans le Salon africain et le Salon de l’étudiant, ou on verra les oeuvres d’europ’art’09 qui se déroule parallèlement..
Et last but not least, il y aura votre serviteur. J'y serai pour des séances de signature le vendredi 24 avril, de 19h à 21h, et le dimanche 26 avril de 14h à 16h, au stand des Editions de l’Aire, F 847 – rue Flaubert.
Alors, on n'oublie pas! Vendredi soir, dimanche.
D'ailleurs, n'ayez pas peur, je vous le rappellerai.

Publié par Alain Bagnoud à 10:47:11 dans Journal | Commentaires (4) | Permaliens

Voici un livre tout entier dirigé contre l'Aufklärung. L'Aufklarung (1720-1780), ce n'est pas tout à fait nos lumières françaises. Ce renouveau philosophique allemand ne condamne pas la religion, se préoccupe peu de science et privilégie la logique et la métaphysique.
Le général von Lignitz, héros imaginaire de cette histoire, et dont on lit l'éloge funèbre, est un militaire élevé dans les règles de stratégie du XVIIIème, le système frédéricien, une théorie stricte, géométrique, codifiée, raisonnable. Il découvre petit à petit trois choses.
D'abord que la guérilla peut se jouer du bel ordre d'une troupe en manoeuvre.
Ensuite qu'en ce début du XIXème siècle, les armées policées, dressées et royales doivent être remplacées par des armées nationales, enthousiastes et brutales.
Enfin que la guerre est irrationnelle, « le lieu démoniaque qui, par définition, échappe aux entreprises de la raison. » Elle est livrée au hasard, les seules règles qu'elle connaisse sont la simplicité, la brutalité, la rapidité. Les guerres de Napoléon Bonaparte le prouvent à tous ceux qui opposaient de belles théories à ces réalités.
Le talent rhétorique de Jean-Jacques Langendorf, pimenté d'ironie, fait mouche dans cette démonstration qui fait aussi intervenir des références littéraires. On voit notamment dans ce livre des personnages de La guerre et la paix, de Tolstoï, (Andreï Bolkonski, Pierre Bezhoukhov et le général Koutousof).
Par contre, il convainc moins dans la plus courte nouvelle qui suit cet éloge, Les deux maisons, où Langendorf, décidément grand ennemi de la raison, étend sa critique de l'Aufklärung aux lumières françaises à travers une histoire grinçante, un peu superficielle, dans laquelle il illustre l'effondrement de cette philosophie par une fable architecturale et symbolique.
Jean-Jacques Langendorf, Eloge funèbre du général von Lignitz, Zoé poche
Publié par Alain Bagnoud à 12:24:13 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin, elle se prend pour un bateau.
Publié par Alain Bagnoud à 09:37:10 dans Proverbes | Commentaires (3) | Permaliens
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