JUSTE PARU
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Je trouve un plaisir énorme à lire les longues nouvelles de Tolstoï (une centaine de pages). Je vais ai déjà parlé ici du Père Serge, par exemple.
Dans Le cheval, il s'agit d'un cheval. Un vieil hongre pie, ce qui donne aux fâcheux deux raisons de se moquer de lui. Le hongre est, comme tout amateur d'équitation le sait, un cheval castré, et le cheval pie a une robe majoritairement blanche avec des grosses taches d'une autre couleur, ce que nous trouvons très joli mais qui, pour une raison que j'ignore, déplaisait fort aux amateurs de chevaux, en tout cas dans la Russie de Tolstoï.
Ce vieux cheval est en butte aux cruelles taquineries, aux vexations du troupeau auquel il appartient. Les jeunes se moquent de lui, le mordent, le chassent, le tourmentent, jusqu'au jour où soudain, la vieille jument qui dirige tout le reconnaît: elle l'a connu jouvenceau, mâle et triomphant dans un haras royal.Libéré par cette révélation, le hongre raconte son histoire, qui est celle d'une déchéance: castré à cause de ses appétits trop vifs, donné à cause de sa robe, il se révèle un trotteur d'exception mais que son maître affaiblit à force de mauvais traitements. Et la nouvelle touchante se termine par sa mort et son équarrissage.
Tout ceci est doublé par l'histoire de son maître négligeant, jadis un gandin riche, mais désormais flasque, vieilli, ruiné, obligé de prendre une place d'officier pour survivre, qui ne reconnaît pas le vieil animal quand il le voit. Sic transit gloria mundi. Il reste à la fin la pitié, l'humanité et une réconciliation générale, due à l'inéluctabilité de la déchéance et de la mort.
Publié par Alain Bagnoud à 10:22:09 dans Tolstoï | Commentaires (0) | Permaliens
Mon ami Jacques Herman (voir ici, ici et ici) qui vient de recevoir le 21 mars le 1er prix de la Fête de la poésie à Genève, au Grütli, publie un nouveau recueil de poèmes, L'Homme de paille (Editions du Madrier), où il approfondit ses thèmes et les soutache d'une gravité nouvelle. C'est son septième recueil, si je compte les textes publiés en flamand sous le titre De Vlammse Gedichten.
Il a eu la gentillesse de me dédier un poème et je ne peux résister évidemment à la tentation de le citer ci-dessous:
CHRESTOMATHIES
A Alain Bagnoud
Je suis vendeur
D'innocente candeur
De blanches camisoles
Faites pour l'échafaud
Je suis vendeur
De minutes et d'heures
Que j'ai moi-même
Volées au temps
Quand parfois je m'isole
Dans mon arrière-boutique
C'est pour y fabriquer
Des objets mécaniques
Des rêves insensés
Et des vies improbables
Sans cesse interrompues
Toujours recommencées
Et puis je vous les vends
Sur mon comptoir cuivré
Vous posez la monnaie
Comme ceux qui par défi
Viennent jeter un gant
A vrai dire je suis
Un piètre commerçant
Vous me pardonnerez
Si souvent je refuse
Fermement de livrer
Des morceaux choisis
Sur la beauté des choses
J'abhorre les chrestomathies
Qui glorifient
Les vers mielleux
Issus du croisement honteux
De relents de guimauve
Et de parfum de roses.
Jacques Herman
L'Homme de paille, Editions du Madrier,
Blog Que des poèmes: http://quedespoemes.dhblogs.be/
Publié par Alain Bagnoud à 10:02:38 dans Lectures | Commentaires (4) | Permaliens
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