
Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
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Les technologies nous rendent plus près de Dieu, dit-il. Les technologies sont comme des outils spirituels.
Il
a une coiffure moutonneuse et une moustache. Veston en velours côtelé
brun, blue jeans et chaussures pointues. La dame qui l'écoute est
beaucoup plus âgée, avec un col de fourrure, une écharpe rose, des
lunettes progressives et un grand chapeau noir.
Elle
lui répond par petites rafales comme on tire à la mitraillette. lls
sont presque seuls dans une grande confiserie à la paroi du fond
entièrement dorée. Des prix chers. Beaucoup de personnel.
Mon
crayon s'émousse mais je retrouve sa mine en le tournant un peu entre
mes doigts. Un Caran d'Ache rouge avec, sur la tranche: Etat de Genève.
Je me demande quelle peut bien avoir été son histoire avant d'aboutir
dans ma main.
Mais
où trouves-tu des sujets? m'a demandé jadis une longue dame fine qui
veut écrire et qui ressemble à ma défunte tante Alice, morte d'un
cancer.
Dans
la moto orange qui passe. Dans le stop tracé au bout de la rue. Dans
cette affiche pour le Kiddie club hause, qui propose des anniversaires,
des cours et du coaching pour les enfants. Dans ce communiqué de presse
du Musée d'art et d'histoire qui annonce l'acquisition d'un
Louis-Auguste Brun, dit Brun de Versoix, montrant la Promenade du comte
d'Artois et de son épouse en cabriolet (1782)...
Publié par Alain Bagnoud à 09:20:29 dans Transports | Commentaires (3) | Permaliens
Quand
on ouvre le livre, tout est fait. « Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un
matin, au sortir de rêves agités, il se trouva dans son lit
métamorphosé en un monstrueux insecte. »Publié par Alain Bagnoud à 11:18:01 dans Republication | Commentaires (1) | Permaliens

Linda Lê, Lettre morte, Christian
Bourgois éditeur
Publié par Alain Bagnoud à 09:26:17 dans Lectures | Commentaires (2) | Permaliens

Le numéro de février de la revue littéraire Coaltar (http://www.coaltar.net/) est en ligne. Au sommaire:
Editorial
Marina Salzmann
Légendes
Marina
Salzmann
Philippe Renaud
Kate Deléaval
Yona
Chavanne
Jean-Jacques Bonvin
Histoire
d'un drôle
Cyril Kaiser
Clé
Alexandre
Friederich
2
Marc
Van Dongen
Nomades
Eric
Masserey
L'Œil
est une bouche impossible à assouvir :
Jan
vankmajer
Bernard Bourrit
Tunnal
Colette
& Günther Ruch
Evolutif
Jean-Jacques
Bonvin
Publié par Alain Bagnoud à 13:49:34 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Et voici un deuxième extrait important du Journal de Gide qui parle de Proust. (Le premier est ici .) C'est la page 693 de la Pléiade, on est en 1921, un mercredi.
Hier soir, j'allais monter me
coucher lorsque retentit un coup de sonnette. C'est le chauffeur de
Proust, le mari de Céleste, qui me rapporte l'exemplaire de
Corydon que je prêtais à Proust le 13 mai, et qui
propose de m'emmener, car Proust va un peu mieux et me fait dire
qu'il peut me recevoir, si toutefois cela ne me dérange pas de
venir. Et sa phrase est beaucoup plus longue et plus compliquée
que je ne la cite; je pense qu'il l'avait apprise en route, car,
comme je l'avais d'abord interrompu, il l'a reprise pour la réciter
d'une haleine. Céleste, de même, lorsqu'elle m'avait
ouvert la porte l'autre soir, après avoir exprimé les
regrets qu'avait Proust de ne pouvoir me recevoir, ajoutait:
« Monsieur prie Monsieur Gide de se convaincre qu'il pense
incessamment à lui. » (J'ai noté la phrase
aussitôt.)
Longtemps j'ai pu douter si Proust
ne jouait pas un peu de sa maladie pour protéger son travail
(ce qui me paraissait très légitime); mais hier, et
déjà l'autre jour, j'ai pu me convaincre qu'il était
réellement très souffrant. Il dit rester des heures
durant sans même pouvoir remuer la tête; il reste couché
tout le jour, et de longues suites de jour. Par instants il promène
le long des ailes du nez le tranchant d'une main qui paraît
morte, aux doits bizarrement raides et écartés et rien
n'est plus impressionnant que ce geste maniaque et gauche, qui semble
un geste d'animal ou de fou.
Nous n'avons, ce soir encore, guère
parlé que d'uranisme; il dit se reprocher cette « indécision »
qui l'a fait, pour nourrir la partie hétérosexuelle de
son livre, transposer « à l'ombre des jeunes
filles » tout ce que ses souvenirs homosexuels lui
proposaient de gracieux, de tendre et de charmant, de sorte qu'il ne
lui reste plus pour Sodome que du grotesque et de l'abject. Mais il
se montre très affecté lorsque je lui dis qu'il semble
avoir voulu stigmatiser l'uranisme; il proteste; et je comprends
enfin que ce que nous trouvons ignoble, objet de rire ou de dégoût,
ne lui paraît pas, à lui, si repoussant.
Lorsque je lui demande s'il ne nous
présentera jamais cet Eros sous des espèces jeunes et
belles, il me répond que, d'abord, ce qui l'attire ce n'est
presque jamais la beauté et qu'il estime qu'elle n'a que peu à
voir avec le désir - et que, pour ce qui est de la jeunesse,
c'était ce qu'il pouvait le plus aisément transposer
(ce qui se prêtait le mieux à une transposition).
Publié par Alain Bagnoud à 13:48:03 dans Proust | Commentaires (1) | Permaliens
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