JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
La Chartreuse de Parme serait un
charmant petit traité de coquinerie politique, si on en croit
Barrès. (Je cite de mémoire.) Il ne pensait pas au début, à cette incursion de Fabrice à Waterloo, dont j'avais parlé ici. Plutôt sans doute au Comte Mosca
et à la Sanseverina, lui plus roué, elle suivant ses
propres impulsions, ne revenant jamais en arrière mais
manipulatrice de génie.
Fabrice n'est pas bâti sur le
même modèle. C'est ce qui fait sa singularité. Il
est franc, naïf, tout d'action et de premier mouvement. Et s'il
parvient à tromper son monde, c'est malgré lui.
Par exemple, la tristesse qu'il montre
quand il revient à Parme après son évasion et
est rétabli dans ses fonctions de coadjuteur, lui est inspirée
par son amour sans espoir. Mais elle le fait passer pour un saint.
L'éloquence qu'il expose comme prédicateur et les
émotions qu'il provoque ont la même raison et des buts
profanes: attirer Clélia au sermon. On attribue aux effets de
son amour d'autres causes, mais il n'est pas un coquin, lui.
Au
contraire. Il est si parfait, beau, courageux, vif, doué
partout, avec ce côté candide qui fait tout son charme
qu'il en deviendrait presque ennuyeux.
Heureusement qu'il y a les
autres, manipulateurs et coquins, pour donner du piment au récit,
avec son flux de documents antidatés, de bassesses,
d'intrigues, d'empoisonnements. Tout ça si vivement raconté,
dans un langage elliptique, qui court, emporte, et empêche de
s'attarder sur les répétitions et les clichés.
Stendhal, La Chartreuse de Parme
Publié par Alain Bagnoud à 11:07:07 dans ___PANTHEON | Commentaires (1) | Permaliens
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