
Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
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Il y a certains matins comme ça où le monde nous parle. On a feuilleté les journaux, on a eu les nouvelles.
Un
nouveau World Economic Forum à Davos décortique a posteriori la crise
de la finance mondiale. Tout était prévisible : les "subprimes", la
consommation excessive, l'endettement trop élevé, des analyses des
risques trop lâches et des réglementations trop médiocres conduisaient
forcément à la débâcle, explique-t-on aujourd'hui. Mais, bon,
étrangement, on n'a rien vu venir.
De
l'autre côté, en France, des millions de manifestants préviennent le
président du pouvoir d'achat, lui signalent qu'ils trouvent tout de
même un peu gonflé, après toutes ses promesses et ses slogans, que les
revenus du capital soient plus valorisés que ceux du travail et qu'ils
vivent moins bien, avec moins d'argent et moins de liberté
individuelle. Bon, vous me direz, c'est bizarre qu'ils n'aient rien vu
venir. Tout était prévisible: quand on élit un président de cet
acabit...
Ici
en Suisse, un sondage parle des intentions des citoyens. On va bientôt
voter pour savoir si le peuple est d'accord d'étendre la libre
circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne à la
Bulgarie et à la Roumanie. Les enjeux sont expliqués, les conséquences
annoncées, les spécialistes font le point (ici). Il semble que les suites soient prévisibles.
Et
pourtant, selon l'étude de l'Institut gfs.berne, si la moitié (50%) des
sondés est favorable à la reconduction et à l'extension de l'accord,
43% des Suisses sont prêts à dire non le 8 février et il reste 7%
d'indécis.
Faisons l'hypothèse que les citoyens refusent la libre circulation. Ça peut arriver. On sait en gros ce qui va alors se passer.
Eh bien je fais le pari que dans ce cas, on expliquera bientôt partout qu'on n'a rien vu venir.
(Publié aussi dans Blogres .)
Publié par Alain Bagnoud à 10:36:40 dans Polémique | Commentaires (4) | Permaliens

Qui a entendu parler de Georges Gabory
(1899-1978)? Il a pourtant été considéré
entre 1917 et 1929 comme un jeune poète brillant, promis à
une grande carrière. Il est devenu avant ses trente ans un
rouage important du milieu littéraire, lecteur chez Gallimard
où il était influent, auteur d'essais sur André
Gide, Proust, Kisling, cité dans un rêve de Breton comme
une sorte de fonctionnaire des lettres.
Puis après 1930, plus rien ou
presque. Un recueil de poèmes, Mesures pour mesures,
chez Firmin-Didot en 1981, et un recueil de souvenirs que je viens de
lire, Appollinaire, Max Jacob, Gide, Malraux & Cie, chez
Jean-Michel Place en 1988.
Pourquoi ce silence et cet éloignement
du monde des lettres? Gabory ne le dit pas. Tout au plus
explique-t-il que c'est un professeur américain, venu
recueillir ses anecdotes de retraité, en 1962, qui l'a incité
à les écrire.
On se trouve donc avec ce livre,
n'est-ce pas, dans le côté Sainte-Beuve de la
littérature. Des indiscrétions sur les auteurs, censés
permettre de mieux cerner leur œuvre, ou tout simplement destinées
à donner des aliments à notre curiosité. Le côté
people de l'écriture.
Mais enfin, c'est très
intéressant. Gabory a une plume virevoltante, il ne
s'appesantit pas, il place ses faits avec légèreté,
les émaille de bons mots et de calembours, désireux
quand même, selon ses affirmations, de restituer l'image de
cette génération au lendemain de la Grande guerre.
C'est qu'il a connu tout le monde. Apollinaire, Max Jacob, Gide,
Proust, Derain, Juan Gris, Breton, Aragon, Radiguet, Cocteau, Artaud,
Reverdy, et André Malraux dont il fut un ami vraiment proche
avant de se brouiller avec lui.
Le résultat bien sûr est
décevant et excitant. Si Gabory ne révèle rien
de fondamental, il se montre volontiers indiscret, s'intéresse
de près à la sexualité de ses amis, et suggère
deux ou trois ambivalences, chez Malraux par exemple, ou chez
Proust, qui avait une définition toute particulière des
« mauvaises mœurs ». On se sent donc un peu
voyeur ou commère en regardant ces auteurs vus par un
contemporain. Mais tout de même, l'évocation légère
de cette époque, de ces gens, de ce monde aux mœurs ambiguës,
la recréation de cette ambiance historique, c'est assez
champagne!
Georges Gabory, Appollinaire, Max
Jacob, Gide, Malraux & Cie, Jean-Michel Place, 1988.
Publié par Alain Bagnoud à 11:32:51 dans Lectures | Commentaires (1) | Permaliens
C'est un avatar d'une l'histoire
récurrente. Le brave type sur le retour séduit par une
jeune salope.Publié par Alain Bagnoud à 09:49:44 dans Polémique | Commentaires (2) | Permaliens

Le numéro Coaltar de janvier est en ligne, illustré par Gérald Rast .
On y trouve bien des choses intéressantes. Pascal Antonietti décrit l'endroit près de Gênes où son aïeul a débarqué de Corse en 1788. Fabienne Raphoz s'intéresse de près à la colombe. Yona B. Chavanne explique les prémices du déménagement de son ami Avven. Eric Masserey raconte l'histoire de son grand-oncle, émigrant vers l'Argentine où il mourut en 1928.
Bien d'autres textes encore, de Marc Van Dongen, Yves Robert, Elicio Delicado, Véronique Folmer, Heike Fielder, Jean-Jacques Bonvin. Une vidéo de Heike Fielder. Et un éditorial de votre serviteur.
Dans Coaltar: revue littéraire, http://www.coaltar.net/.
Publié par Alain Bagnoud à 09:01:13 dans Lectures | Commentaires (2) | Permaliens
Il a les cheveux et la moustache noires mais la barbe
blanche. Il commence par expliquer longuement que son expérience
et sa pratique l'ont amené à abandonner les exposés
ex-cathedra au profit d'échanges interactifs. Une manière
d'avouer qu'il n'a pas préparé sa conférence.
Puis il erre dans de longues digressions anecdotiques.
Sur un banc, à l'extérieur, une dame
revêche. Cheveux bruns courts avec des mèches, une main sur le genou, l'autre sur le cou, tête penchée,
pieds écartés, genoux serrés. Les affiches du
musée annoncent des vues reconstituées de la
préhistoire.
Le collège moderne est face au bâtiment
ancien tout noirci par le temps avec de petites fenêtres et des
pignons. Une grande statue molle et floue trône au centre du
parc proche. Des enfants y grimpent comme sur un cheval et se
prennent pour les cavaliers Nazgûl du Seigneur des anneaux. De
mon temps, c'étaient les mousquetaires.
Neuf hommes ayant chacun reçu un
Anneau de pouvoir au cours du Second Âge contre Athos,
Portos, Aramis et D'Artagnan. Combat homérique. Le vainqueur est déjà connu: le
rêve.
Publié par Alain Bagnoud à 09:38:53 dans Transports | Commentaires (2) | Permaliens
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