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Billy Rags, par Ted Lewis | 05 janvier 2009

Billy Rags par Ted LewisBilly Rags fait partie du genre des polars documentés. Ceux qui racontent comme une sorte de reportage en caméra-vérité ce qui se passe dans les couloirs des quartiers de haute sécurité pendant les évasions, les préparations de braquage et les attaques de fourgons blindés, ceux qui vont fouiner dans l'enfance des criminels dangereux pour rechercher ces événements déclencheurs qui puissent expliquer leur trajectoire. Enormément d'effets de vérité. Dans les dialogues, les situations, les relations, les descriptions de personnages.
Le personnage principal de Billy Rags est inspiré par MacVicar, un célèbre ennemi public de l'Angleterre dans les années soixante.
Billy Rags (Billy la loque) condamné à des dizaines d'années de prison, ne plie pas devant l'administration, défie l'autorité carcérale et veut s'évader. Il y arrive en s'arrangeant pour se mettre à dos le caïd de la prison, qui va expédier ses hommes restés à l'extérieur pour le punir. Traqué, sans le sou, Billy accepte de faire un dernier coup avec de jeunes voyous arrogants et peu professionnels...
Qu'est-ce qu'on apprend dans ce livre? Que le grand banditisme est beaucoup moins organisé qu'on ne le pense ou qu'on peut le croire en voyant certains films. Que les relations entre les voyous sont au rasoir. La méfiance prédomine. Ils ne peuvent compter sur personne mais sont obligés de confier leur vie à quelqu'un sur une impulsion, en une fraction de seconde, comme un quitte ou double.
Intéressant, donc, dans son registre, Billy Rags. Mais dans le genre, n'oubliez pas surtout de lire Jean Chauma, qui, lui, a vécu ces situations, et ne s'est pas contenté comme Ted Lewis d'interroger un prisonnier et d'utiliser ses souvenirs...

Ted Lewis, Billy Rags, Rivages noir

Publié par Alain Bagnoud à 14:31:24 dans Polars, etc | Commentaires (1) |

Stefan Zweig, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme | 03 janvier 2009

Oskar Kokoschka, Monte-Carlo
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, de Stefan Zweig,est un court roman ou une longue nouvelle. Exactement 114 pages, préface déduite, dans l'édition du Livre de Poche.
Bon, étant donné sa taille, le livre semble facile à traiter. Pourtant j'hésite à commencer, tant il y a plusieurs manières possibles d'aborder cette fiction très dense.
Par la composition? Un narrateur à la première personne, dont on ne sait rien, devient l'auditeur d'une histoire enchâssée que lui raconte un second narrateur, une vieille dame.
Par l'intrigue? Savante, maîtrisée, elle crée des tensions, du suspense avec une chute finale et un morceau de bravoure: la description pendant huit pages des mains des joueurs autour d'une table de roulette.
Par l'histoire? Ou plutôt les histoires parallèles de deux femmes qui perdent la tête pour un homme plus jeune et dont le destin se décide en vingt-quatre heures. L'une à peine esquissée, l'autre développée avec une finesse brillante.
Par l'explication du contexte? C'est le début du XXème siècle sur la Riviera et au Casino de Monte-Carlo, de riches oisifs villégiaturent ici et là, on sent les contraintes des mœurs, les conventions étouffantes, l'esclavage social de la femme et la condamnation implacable par la société du moindre manquement à son état, tel qu'il est défini par les hommes.
Par les analyses psychologiques? Celle des puissances obscures qui peuvent bouleverser complètement la vie d'une femme éduquée à mort et dressée à être le parangon de honnêteté. Ou celle du jeu avec son addiction terrible, cette maladie qui fait fi de la volonté, des serments, des sentiments, de la reconnaissance...
Quelle que soit la façon de l'aborder, il est assuré, en tout cas, que Vingt-quatre heures de la vie d'une femme est un petit bijou.

Stefan Zweig, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, Le livre de poche

Publié par Alain Bagnoud à 16:38:42 dans Lectures | Commentaires (3) |

Bonne année ! | 02 janvier 2009

"Heureux ceux qui ignorent que mûrir c'est assister à l'aggravation de ses incohérences et que c'est là le seul progrès dont il devrait être permis de se vanter."

                                                                    Emil Michel Cioran
                                                                    Ecartèlement (1979)

Publié par Alain Bagnoud à 10:45:08 dans Citations | Commentaires (5) |

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