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Alain Bagnoud
Ecrivain. Né
en Valais.
Vit à Genève.
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Alain Bagnoud, Le Jour du dragon


 Alain Bagnoud, La leçon de choses en un jour

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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, La reine dans le palais des courants d'air, par Stieg Larson, | 31 décembre 2008

MiilléniumJ'ai un peu parlé ici du début de Millénium. Prière de s'y référer si on ne sait pas de quoi il s'agit. Le sujet du jour est en effet seulement sur les tomes 2 et 3 de la trilogie.
Ceux-ci forment un ensemble, alors que le premier était autonome. Ils mettent en valeur Lisbeth Salander, cette hacker désormais milliardaire, révèlent son passé, ses ennuis avec une cellule clandestine des services secrets suédois, et son évolution vers un peu plus de sociabilité, aidée en cela par Super Blomqvist et toutes sortes de gens qui lui veulent du bien.
Comme dans le premier volume, toutes les ficelles du thriller sont utilisées.
Une héroïne qui semble à la merci de tous, et sur qui des forces énormes s'acharnent à commettre des injustices, menacée par des méchants qui veulent la déclarer folle et l'enfermer.
Ces méchants sont eux aussi des anti-héros très typés. Un transfuge sadique de l'ex-URSS. Un colosse blond qui ne ressent pas la douleur. Des agents secrets sans scrupules. De l'autre côté, les gentils nous tireraient des larmes tellement ils nous font croire à la bonté du monde.
Car l'intrigue est très moralisatrice, très bien-pensante : les héros baisent énormément et ils éliminent les pédophiles, les anti-féministes, les anti-démocrates.
Millénium a donc beaucoup de qualités. Toutes les ressources des thrillers. Un calibrage pour plaire aux lectrices qui, on le sait, composent l'immense majorité des lecteurs. Une écriture qui court, qui suit plusieurs pistes en parallèle, ménage des suspenses, explique clairement les informations, les rappelle. Les gentils qui gagnent à la fin. Oui, j'ai bien aimé.

Stieg Larson, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, La reine dans le palais des courants d'air (Millénium 2 et 3), Actes sud

Publié par Alain Bagnoud à 10:45:18 dans Republication | Commentaires (0) |

Remy de Gourmont, Sixtine | 29 décembre 2008

Qui lit encore Remy de Gourmont ? Un très intéressant écrivain pourtant. Né en 1858, mort en 1915. Un ami de Villiers de l'Isle-Adam, de Huysmans, de Mallarmé. Né comte. Productif pendant la période symboliste dont il est un des meilleures représentants. Un des maîtres de Blaise Cendrars, qu'il a influencé fortement.Sculpture de Clesinger
Son roman Sixtine lui a été inspiré par sa passion pour Berthe de Courrières. Une femme passionnante. Elle était de proportions monumentales, chaussait du 42 et a suivi une carrière rare. Née à Lille (bonjour Lille !), montée conquérir Paris, elle est devenue la maîtresse du général Boulanger, puis celle du sculpteur Auguste Clésinger (le gendre de Georges Sand) qui avait 40 ans de plus qu'elle. Il en a fait son modèle et sa légataire universelle, ce qui lui a permis, à 30 ans, d'hériter de pas mal d'argent. Une cocotte qui a réussi, quoi !
Mais ce n'est pas terminé. Elle a hébergé ensuite Remy de Gourmont, qui l'a présentée à Huysmans. Lequel l'a utilisée comme modèle pour un de ses personnages de Là-bas.
Berthe de Courrières était attirée par l'occultisme et pas mal déséquilibrée semble-t-il. Avide de messes noires.  « 
Elle avait une passion morbide pour les ecclésiastiques, qu'elle s'efforçait de séduire par tous les moyens », nous dit Wikipédia. Ou encore : « Le 8 septembre 1890, la police l'avait retrouvée à Bruges, presque nue, à proximité de la maison du chanoine Louis Van Haecke, recteur de la chapelle du Saint-Sang et exorciste bien connu. Elle était en outre en relation avec l'ex-abbé Joseph-Antoine Boullan, interdit comme hérétique. » Elle a été internée deux fois. Un personnage de roman. Qui racontera sa biographie ?
Elle a donc inspiré Sixtine, sous-titré Roman de la vie cérébrale. De Gourmont est de ceux qui s'opposent vivement au naturalisme. Sixtine est manifestement influencé par A Rebours de son ami Huysmans. Le personnage principal, d'Entragues, est un écrivain dandy amoureux de Sixtine. L'essentiel est la littérature et rien de ce qui n'en est pas n'a de l'importance. D'Entragues analyse, théorise, comprend et n'agit pas. Sixtine sera donc enlevée par un dramaturge russe qui veut, ô horreur, « faire du théâtre une école de pitié ». Comble du désastre, ils vont à Nice !
Et d'Entragues reste tout seul avec ses introspections, ses manuscrits et son roman. Car une des originalités du texte est que le personnage rédige un roman parallèle, en miroir, influencé par les caractéristiques de sa vie.
Tout ça ne semble pas très folichon ? Si si !
Remy de Gourmont a une langue (un peu surnourrie, mais c'est d'époque), de l'ironie, un brin de perversité, le sens de l'érotisme. Sixtine est de plus une plongée dans une époque oubliée. Toute une ambiance. Celle du monde des lettres, notamment, dont il y a une description réussie. Mieux que chez Balzac, par exemple.
Quand celui-ci annonce que ses plumitifs produisent un feu d'artifice d'esprit, il a souvent le tort de les citer, et on se trouve dans des platitudes d'étudiants qui semblent à leur première cuite. Les hommes de lettres de Gourmont sont vraiment spirituels.
Un livre diversement apprécié quand même. Ecoutons Jules Renard  le résumer dans son journal :
« Ça finit, Sixtine, par la mort d'un parapluie... »

Publié par Alain Bagnoud à 10:11:43 dans Lectures | Commentaires (0) |

Dragons | 27 décembre 2008

 Une info agréable (pour moi). Sur son blog Dernières nouvelles de l'homme, Joël Périno a posté 3 articles sur mon roman, Le Jour du dragon (voir ci-contre). Woaw ! Merci, Joël.
Pour ceux qui seraient intéressés, le premier est ici, le deuxième ici, et le troisième ...
(Ou alors ci-dessous)

 

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Dragon 1
Par Joël Périno

Je suis en train de terminer le dernier livre d'Alain Bagnoud, Le jour du dragon. Alain est un écrivain originaire du Valais qui habite Genève. Je l'ai rencontré sur la toile. Il a son lien depuis ce blog. J'avais eu le plaisir de lire son précédent livre « La leçon de chose en un jour » et d'en faire trois notes ici au mois de juin 2006.

Alain fait de l'autofiction, un genre qui se situe entre le roman et l'autobiographie. Genre que prétend avoir inventé Serge Doubrovsky que Jacques m'a fait connaître. Comme pour la leçon de chose qui correspondait aux sept ans du héros, le jour du dragon se passe se un jour qui pourrait être les seize ans du héros. C'est un récit d'adolescence dont je parlerai bientôt ici.

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21.12.2008

Dragon 2

Par Joël Périno

Ca-vient.jpg

 

 

Avec Le jour du dragon, Alain Bagnoud nous refait le coup de concentrer en un jour symbolique quelques années de sa vie. Dans La leçon de chose en un jour, il s'autofictionnait le jour de ses sept ans, dans le jour du dragon, il se met en scène vers 17 ou 18 ans le jour de la Saint Georges, la fête du village à Aulagne, alias Chermignon.

 

Cela se passe donc en Valais au début des années septante. Un vent souffle depuis quelques temps et a atteint les vallées les plus reculées, un vent qui vient de Woodstock, de l'île de Wright, de Berkeley, des pavés de 68, un vent porté par les guitares des Doors, des Whos, des Byrds, qui exhale une petite odeur de haschich et amène des hippies, des filles avec des fleurs plein les cheveux.

C'est le choc des cultures. Le vent souffle sur le village de la leçon de chose qui vit ses traditions et ses querelles ancestrales entre dorés et argentés. C'est dans la fanfare des dorés, une des deux cliques du village, que notre héros marche au pas en jouant du tambour. Ce jour là, il assiste au prêche du curé qui parle du démon terrassé par Saint Georges, au discours du maire, il s'extasie devant trois donzelles nouvellement admises dans la fanfare et que drague sans vergogne son copain Benny, il nous parle d'un prof marxiste renvoyé du lycée, il rencontre un artiste peintre, un vieux de trente cinq ans, il assiste à une boum et expérimente les effets à la fois hilarants et anxiogènes que procurent la fumée de chanvre. On retrouve Dogane, l'étranger, son meilleur ami, et aussi Richard Mitte de Lucien, le politicien et entrepreneur tireur de toutes les ficelles locales. On assiste à un repas familial dans la maison neuve de l'oncle futur politicien où vit un grand-père déclinant qui veut aller à l'hôpital pour qu'on s'occupe un peu de lui.

On est témoin de la construction d'un adulte et d'un écrivain. Un adulte conscient de tout ce qui le relie à ses racines et aussi de ce qui fait de lui un être un peu à part, un peu contre. Un écrivain qui fourbit les mots de sa différence pour pouvoir peindre le monde dans lequel il évolue avec la conscience de ses faiblesses qu'il tente de transformer en forces et qui trouve en tâtonnant la distance nécessaire par rapport aux passions qu'il dépeint.

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Dragon 3

Par Joël Périno

Ca-vient.jpg

J'avais beaucoup aimé la leçon de chose, j'ai trouvé encore plus de plaisir à lire Le jour du dragon. Je trouve que dans ce livre Alain Bagnoud a encore affiné son pinceau. Il multiplie les touches de couleur pour nous faire ressortir ce coin de Valais et ce temps essentiel de la vie où l'adolescent se transforme en adulte.

Dans la leçon de chose, j'étais sensible au tableau parce que j'y retrouvais le monde de mon enfance à Abondance, pas bien loin de Chermignon, un monde disparu. Dans le jour du dragon, je retrouve toute la révolte de mon adolescence et le souffle de mai 68 avec juste ce qu'il faut de distance pour ne pas se prendre au sérieux.

Si un écrivain est quelqu'un qui crée un univers tout en nous restituant de façon transcendé son vécu comme l'ont fait à merveille, dans des registres si différents un Proust ou un Céline, alors oui, Alain Bagnoud est un écrivain et un tout bon à mon avis.

 



Publié par Alain Bagnoud à 16:50:17 dans Le Jour du dragon | Commentaires (0) |

Fêtes | 26 décembre 2008

nativité par Georges de la Tour
Bon, c'est en bonne voie. Ce n'est pas terminé, bien sûr, il en reste encore pas mal avant qu'on soit sorti du tunnel, mais on a déjà à peu près fini le potlatch. L'échange des cadeaux.
Je sais bien, vous êtes comme nous. On dit qu'on ne le fait qu'aux enfants, aux petits. Pour les autres c'est révolu. On se réunit en famille élargie mais cette année, non, on ne s'offrira rien entre adultes.
Et puis il y a toujours quelqu'un qui trouve quand même deux ou trois petites choses à donner, et bien évidemment, les autres, ridicules, gênés, s'y remettent l'année suivante. Oh trois fois rien, des pots de confiture, un roman, une bouteille de vin, une écharpe ou du parfum.
C'est en même temps touchant et dérisoire. L'échange. Un des rituels des grandes nuits.
Il y en a d'autres, contre l'angoisse de l'obscurité et du temps qui passe. La commémoration d'une naissance pour contrebalancer tous ces symboles de mort. Les vacances à la neige, les voyages au soleil, les repas obligés, la Saint-Sylvestre qui clôt tout ça. Bientôt une année de plus.
Les enfants se réjouissent, ils veulent grandir. Ils grandissent donc. Ils sont grands mais ce n'est pas encore ça. D'ailleurs ça continue. Un autre Noël. Un autre 31 décembre.
Ça continue encore. Le retour de la nuit. L'horloge annuelle. La maturité. La vieillesse.
C'est surtout ça, les fêtes de fin d'année, par en dessous: le rappel du Temps inéluctable et du grand rendez-vous sombre qu'il nous a fixé depuis toujours.

Publié par Alain Bagnoud à 14:55:04 dans Journal | Commentaires (0) |

Coaltar: le numéro de décembre | 22 décembre 2008

Photo d'Alan Humerose
Alain Humerose

Le nouveau numéro de Coaltar, la revue littéraire en ligne, est paru. En voici le sommaire:
Alan Humerose Crapolithes
Daniel Cabanis Les petits chevaux de Tatafina
Philippe Renaud & Marina Salzmann Le merveilleux des yeux
Kate Deléaval Machine
Jean-Jacques Bonvin & Frédéric Deshusses Blaise Pascal, raison marchande et raison naturelle
Catherine Pollen Le cahier
Yves Robert La nuit, c'est autres choses
Colette et Günther Ruch Puzzle
Philippe Renaud Le mystère de la Porte 2e épisode
Pierre Thoma Cardiophonie
Yvan Borin La Givrine 2

On déguste tout ça sous Coaltar :http://www.coaltar.net/

Publié par Alain Bagnoud à 16:50:45 dans Journal | Commentaires (0) |

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