JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Non, après j'arrête,
promis! Dès demain, je vous parle d'autre chose. Des livres
des autres. Ça doit commencer à vous fatiguer un peu,
toute cette auto-publicité.
Mais enfin il y a urgence. Ce soir,
c'est la signature à la Librairie Le Parnasse et j'ai oublié
une information essentielle. Rassurez-vous, il ne s'agit pas encore du Jour du dragon. Je n'en parlerai pas, aujourd'hui, du Jour du dragon. Pas un mot sur le Jour du dragon. Rien du tout. Il s'agit d'autre chose.
Je ne vous ai pas dit qui a écrit
la préface de La leçon de chose en un jour.
Or l'auteur sera présent. Vous
vous rendez compte? La gaffe! La honte! La rixe, peut-être!
Coups de poing, ambulance, police et fait-divers dans les journaux de
boulevard demain. Un romancier ingrat agressé par son
préfacier. En sous-titre:
Il l'avait bien cherché.
Vite, vite, son nom: c'est Jean
Winiger. Mon vieil ami (voir ici, ici et ici ).
Si vous le croisez, faites-lui signer
son texte, ça apaisera peut-être son courroux. Ou
citez-lui sa première phrase. Du pur Jean Winiger:
« Les préfaces sont
inutiles... »
Publié par Alain Bagnoud à 11:31:25 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
02.12.2008
Par Antonin Moeri

J'adore le présent de narration. C'est un temps qui fait ressurgir des
faits comme s'ils se déroulaient sous les yeux du lecteur. Un auteur
français l'utilise pour mettre en scène des moments d'une rare
intensité : évasion du protagoniste, recherche d'un sentier perdu,
découverte du cadavre de la femme adorée. Alain Bagnoud en use pour
dire ou raconter ce que voit, entend, touche, ressent, mange
l'adolescent qu'il fut. Cependant, quand le narrateur prend la parole
trente ans après les faits, c'est au passé qu'il parle, tissant sa
toile d'images et de réflexions sur le boulevard de la remémoration. Ce
mouvement de va-et-vient entre ici et là-bas, entre maintenant et
jadis, déclenche chez le lecteur une voluptueuse sensation qui n'est
pas sans rappeler les effets de la caféine.
Ainsi est-on convié à
éprouver les émotions d'un garçon qui, un jour de fête catholique,
marche au pas dans une fanfare villageoise, tape sur son tambour, tombe
en pâmoison devant trois princesses, écoute le somptueux curé parler du
dragon terrassé par Saint-Georges, sent les effets du premier vin («
magie du vin qui rend le monde plus beau, plus brillant, plus
intéressant »), découvre une autre vision du monde, celle d'un jeune
prof marxiste dont le discours l'époustoufle, se trouve médiocre, peu
séduisant devant la fille qui disparaît avec un copain derrière les
granges...
Ce que raconte Bagnoud dans ce livre, c'est la
transformation d'un regard, la construction d'une identité, celle d'un
sujet que les modèles de comportement, la mentalité, les coutumes, les
rôles et les projets des villageois ne sauraient contenter. Le doute,
le désir, l'ennui, la révolte habitent cet adolescent qui rêve de
conquérir une langue (territoire qui n'a rien à voir avec le sol des
campagnards, la terre des pères et des aïeux), celle de la peinture,
celle du roman qui permet de mieux comprendre ses sentiments et ceux
des autres, d'expliquer la jalousie, l'envie ou la rage, qui « crée un
écart par rapport aux croyances et aux parlers des entourages ».
Le
tour de force d'Alain Bagnoud est de concentrer en un seul jour (la
Saint-Georges au début des années septante) un grand nombre de scènes,
de dialogues, de souvenirs, d'arguments, de considérations sur l'amour,
les classes sociales, la mort, les idées reçues, les normes, le
langage, l'argent, la vérité, le progrès, la honte des origines, la
drogue, la musique, les lois du capital, l'art, la spiritualité, les
valeurs, la liberté sexuelle, la solitude, la violence, l'innocence, la
culpabilité. C'est avec ces ingrédients et en s'adressant à
l'imaginaire du lecteur que l'auteur réussit sa plongée dans une des
périodes les plus belles et les plus déroutantes de la vie.
Alain Bagnoud : « Le Jour du dragon » L'Aire, 2008
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In Blogres.
Publié par Alain Bagnoud à 09:42:49 dans Le Jour du dragon | Commentaires (0) | Permaliens
Ça y est! Il est là! Le
camion est arrivé.
Je vous parle d'un autre camion. Parce
qu'il y avait eu un premier voyage, vous vous en souvenez, pour
amener Le Jour du dragon jusqu'en
Suisse, aux Editions de L'Aire (voir ici et ici). Le livre est bien arrivé,
est distribué dans toutes les bonnes librairies, je vous le
rappelle au cas où... Et si vous voulez savoir comment il commence, c'est ici .
Là, le deuxième
transporteur était un peu plus lent. Parti des imprimeries
d'Istambul, passé par Sliven peut-être, en Bulgarie,
puis droit vers Bucarest, Sibiu, Arade avant d'entrer en Hongrie, qui
sait?
En ce cas, quelle chance! Les
Hongroises, m'a expliqué un spécialiste, sont les plus
belles femmes de l'univers. A cause des mélanges ou de je ne
sais quoi.
Le camionneur s'est sans doute attardé,
on le comprend. Qui lui jetterait la pierre?
Mais enfin il est là, avec tous
les livres qu'il apportait. Les miens! La version en poche de La
leçon de choses en un jour (ABLE).
Je l'ai, je tourne un volume entre mes
mains, je le feuillette. Quels caractères élégants!
Quelle jolie couverture ! Quelle belle collection!
Enfin, moi je trouve.
Publié par Alain Bagnoud à 14:06:10 dans Journal | Commentaires (4) | Permaliens
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