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Signature et coups de poing | 04 décembre 2008

Todeschini (1664-1736), La rixe,

Non, après j'arrête, promis! Dès demain, je vous parle d'autre chose. Des livres des autres. Ça doit commencer à vous fatiguer un peu, toute cette auto-publicité.
Mais enfin il y a urgence. Ce soir, c'est la signature à la Librairie Le Parnasse et j'ai oublié une information essentielle. Rassurez-vous, il ne s'agit pas encore du Jour du dragon. Je n'en parlerai pas, aujourd'hui, du
Jour du dragon. Pas un mot sur le Jour du dragon. Rien du tout. Il s'agit d'autre chose.
Je ne vous ai pas dit qui a écrit la préface de La leçon de chose en un jour.
Or l'auteur sera présent. Vous vous rendez compte? La gaffe! La honte! La rixe, peut-être! Coups de poing, ambulance, police et fait-divers dans les journaux de boulevard demain. Un romancier ingrat agressé par son préfacier. En sous-titre: Il l'avait bien cherché.
Vite, vite, son nom: c'est Jean Winiger. Mon vieil ami (voir ici, ici et ici ).
Si vous le croisez, faites-lui signer son texte, ça apaisera peut-être son courroux. Ou citez-lui sa première phrase. Du pur Jean Winiger:
« Les préfaces sont inutiles... »

Publié par Alain Bagnoud à 11:31:25 dans Journal | Commentaires (0) |

Un article d'Antonin Moeri | 03 décembre 2008

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02.12.2008

Adolescence d'un écrivain

Par Antonin Moeri

bagnoud.jpg
















J'adore le présent de narration. C'est un temps qui fait ressurgir des faits comme s'ils se déroulaient sous les yeux du lecteur. Un auteur français l'utilise pour mettre en scène des moments d'une rare intensité : évasion du protagoniste, recherche d'un sentier perdu, découverte du cadavre de la femme adorée. Alain Bagnoud en use pour dire ou raconter ce que voit, entend, touche, ressent, mange l'adolescent qu'il fut. Cependant, quand le narrateur prend la parole trente ans après les faits, c'est au passé qu'il parle, tissant sa toile d'images et de réflexions sur le boulevard de la remémoration. Ce mouvement de va-et-vient entre ici et là-bas, entre maintenant et jadis, déclenche chez le lecteur une voluptueuse sensation qui n'est pas sans rappeler les effets de la caféine.
Ainsi est-on convié à éprouver les émotions d'un garçon qui, un jour de fête catholique, marche au pas dans une fanfare villageoise, tape sur son tambour, tombe en pâmoison devant trois princesses, écoute le somptueux curé parler du dragon terrassé par Saint-Georges, sent les effets du premier vin (« magie du vin qui rend le monde plus beau, plus brillant, plus intéressant »), découvre une autre vision du monde, celle d'un jeune prof marxiste dont le discours l'époustoufle, se trouve médiocre, peu séduisant devant la fille qui disparaît avec un copain derrière les granges...
Ce que raconte Bagnoud dans ce livre, c'est la transformation d'un regard, la construction d'une identité, celle d'un sujet que les modèles de comportement, la mentalité, les coutumes, les rôles et les projets des villageois ne sauraient contenter. Le doute, le désir, l'ennui, la révolte habitent cet adolescent qui rêve de conquérir une langue (territoire qui n'a rien à voir avec le sol des campagnards, la terre des pères et des aïeux), celle de la peinture, celle du roman qui permet de mieux comprendre ses sentiments et ceux des autres, d'expliquer la jalousie, l'envie ou la rage, qui « crée un écart par rapport aux croyances et aux parlers des entourages ».
Le tour de force d'Alain Bagnoud est de concentrer en un seul jour (la Saint-Georges au début des années septante) un grand nombre de scènes, de dialogues, de souvenirs, d'arguments, de considérations sur l'amour, les classes sociales, la mort, les idées reçues, les normes, le langage, l'argent, la vérité, le progrès, la honte des origines, la drogue, la musique, les lois du capital, l'art, la spiritualité, les valeurs, la liberté sexuelle, la solitude, la violence, l'innocence, la culpabilité. C'est avec ces ingrédients et en s'adressant à l'imaginaire du lecteur que l'auteur réussit sa plongée dans une des périodes les plus belles et les plus déroutantes de la vie.


Alain Bagnoud : « Le Jour du dragon » L'Aire, 2008


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In Blogres.  

Publié par Alain Bagnoud à 09:42:49 dans Le Jour du dragon | Commentaires (0) |

La leçon de choses en un jour, version poche | 01 décembre 2008

La Leçon de choses en un jour, par Alain BagnoudÇa y est! Il est là! Le camion est arrivé.
Je vous parle d'un autre camion. Parce qu'il y avait eu un premier voyage, vous vous en souvenez, pour amener Le Jour du dragon jusqu'en Suisse, aux Editions de L'Aire (voir ici et ici). Le livre est bien arrivé, est distribué dans toutes les bonnes librairies, je vous le rappelle au cas où... Et si vous voulez savoir comment il commence, c'est ici .
Là, le deuxième transporteur était un peu plus lent. Parti des imprimeries d'Istambul, passé par Sliven peut-être, en Bulgarie, puis droit vers Bucarest, Sibiu, Arade avant d'entrer en Hongrie, qui sait?
En ce cas, quelle chance! Les Hongroises, m'a expliqué un spécialiste, sont les plus belles femmes de l'univers. A cause des mélanges ou de je ne sais quoi.
Le camionneur s'est sans doute attardé, on le comprend. Qui lui jetterait la pierre?
Mais enfin il est là, avec tous les livres qu'il apportait. Les miens! La version en poche de La leçon de choses en un jour (ABLE).
Je l'ai, je tourne un volume entre mes mains, je le feuillette. Quels caractères élégants! Quelle jolie couverture ! Quelle belle collection!
Enfin, moi je trouve.

Publié par Alain Bagnoud à 14:06:10 dans Journal | Commentaires (4) |

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