JUSTE PARU
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
2007 en Valais? Une floraison rapide, beaucoup de soleil au printemps, puis un été pluvieux. Ce qui a été la cause d'une maturation lente du raisin, laquelle a duré 120 jours. Presque un record.
On a donc des vins puissants, concentrés, de bonne teneur. C'est ce qui ressort de la dégustation d'hier. Les vins de Georges Emery. Pour les blancs, fendant, arvine, païen, johannisberg (une nouveauté dans sa carte). Dôle, pinots noirs, violine (assemblage) pour les rouges. Et la perle d'or, un surmaturé. Que du plaisir.
Moi, je suis très amateur de blancs. Les quatre que Georges propose sont excellents. Dans les rouges, j'ai particulièrement apprécié la dôle, petits fruits épicés et légers tanins, le pinot noir en barrique pris dans des vieux parchets schisteux-calcaire et la violine, rustique et sauvage. Et puis la perle d'or, pour les becs à miel. Un vin de dessert qui tient ses promesses.
Georges Emery, plat de Valençon 20, 3978 Flanthey, 078 809 29 61, georges.emery@sunrise.ch
Publié par Alain Bagnoud à 16:23:31 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Alain Bagnoud à 10:44:39 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
C'est le chemin de l'école, une petite route
dans l'ombre, entre des pavillons, un peu à l'extérieur
de la ville, à sept heures et demie du matin. L'air est
glacé, du vent souffle. Le soleil caché derrière
les montagnes bleues n'a pas encore paru mais ses rayons frisent
les crêtes illuminées, propulsés à
l'horizontale comme de puissants faisceaux de projecteurs qui
passent à des centaines de mètres au-dessus de nos
têtes, à la surface de cette gigantesque piscine vide
qu'est la vallée froide.Publié par Alain Bagnoud à 13:35:29 dans Le Jour du dragon | Commentaires (3) | Permaliens
Retour sur Saint Genet, comédien et martyr. Ce
livre monumental, brillant, parfois fulgurant, écrasant, dont
j'ai parlé ici .
A la réflexion, j'ai quelques réserves.
Ça convainc. Mais ça ne convainc pas tout à
fait.
C'est un peu, si vous voulez, comme ces
explications des économistes qui décortiquent a
posteriori les mécanismes d'une crise ou d'une flambée.
Tout se tient. Tout apparaît dans une logique parfaite, il ne
reste plus une seule zone d'ombre, tout fait système. Après.
Mais avant, personne n'avait prévu ça, personne n'y
comprenait rien.
L'intelligence de Sartre détaille une
construction fine, méticuleuse, complexe et logique qu'il
appelle Genet. Mais ça ne résout pas la question du
talent. D'autres se sont trouvés dans la même
situation que Genet, et ne se sont pas retrouvés grand
écrivain français du XXème siècle.
C'est que justement, la situation n'était
pas la même ou qu'ils n'étaient pas doués de
la même force mentale, de la même ambition, de la même
révolte, du même amour des mots que Genet ? Ce que
Sartre appelle la liberté ? Voici justement le mystère...
Ce qui échappe à l'explication, ce que Sartre avec son
impressionnante intelligence ne peut expliquer.
Qu'est-ce que la liberté d'un homme? Qu'est-ce
qui lui fait choisir soudain une voie plutôt qu'une autre?
Qu'est-ce qui fait, finalement, alors que nous avons tous cette
liberté si j'ai bien compris Sartre, que deux personnes dans
la même situation, avec un passé semblable, pourraient
faire des choix différents?
Qu'est-ce que c'est, en bref, au-delà des
circonstances qui le modèlent, que le Moi?
Publié par Alain Bagnoud à 10:41:23 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Sortie
d'usine est le premier
livre paru de François Bon, qui a fait depuis la carrière
qu'on sait. Ça parle du quotidien d'un ouvrier. Le départ
le matin, comme une introduction, puis la journée.
Avec
une évolution romanesque. Le temps passe même si tout
semble figé. Chaque partie du livre est d'ailleurs titrée
semaine (première semaine, deuxième semaine...).
Et ça se termine par un retour du personnage sur les lieux,
longtemps après qu'il a quitté son travail.
Un personnage qui a trouvé ce
job par une boîte temporaire, qui s'est installé, qui
attend de faire sa pelote avant de prendre du temps pour écrire.
Un personnage qui ressemble à François Bon, en ce qui
concerne la trajectoire en tout cas.
Bon avait travaillé avant ce
livre « plusieurs années dans l'industrie en France
et à l'étranger »(Wikipédia)
notamment sur les plate-formes pétrolières. Il était
spécialisé dans la soudure par faisceau d'électrons.
Enfin,
autobiographique ou pas, Sortie d'usine est
passionnant. Par cette manière qu'il a de rendre la texture du
temps et du travail en usine grâce à des détails,
des portraits, des récits d'événements
singuliers (grève, accident) qui accusent par relief le
quotidien insupportable et répétitif. Par la langue
surtout.
Un mélange créatif de
vocabulaire oral, spécialisé et savant, de syntaxe
complexe et brisée, de témoignage et de littérature
de recherche dans laquelle on sent l'influence déjà un
peu lointaine du Nouveau Roman.
François Bon, Sortie d'usine, Les Editions de Minuit
Publié par Alain Bagnoud à 08:56:49 dans Lectures | Commentaires (2) | Permaliens
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