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Roland Hugentobler, Journal de la cuisine | 24 novembre 2008

 Des dizLes Pâquis à Genèveaines de petites histoires composent Journal de la cuisine. Elles racontent des petites tranches de vie, présentent parfois des pastiches (de roman policier ou historique), et sont unies par un sens de l'humour très anglais.
Roland Hugentobler nous parle la plupart du temps de gens ordinaires pris dans l'aventure de la vie quotidienne, laquelle contient, semble dire l'auteur, beaucoup plus d'intérêt ou de fantaisie qu'on ne le pense. Pas mal de textes sont à la première personne du singulier, et on y retrouve régulièrement un électricien, ou qui se présente plus ou moins comme tel. Ça voyage, dans l'espace et dans le temps. L'Egypte de Touthankhammon, la Russie de Tolstoï, le Laos, Seattle, le Pôle Nord et bien d'autres lieux. On rencontre donc forcément ici et là des personnages historiques ou littéraires, Raspoutine, Witold Gombrowicz, la fille d'Ornella Mutti ou le Diable, mais utilisés à la sauce Hugentobler, avec un mélange de fantaisie et d'ironie qui s'attache à montrer qu'il existe un merveilleux quotidien.
Les nouvelles sont signées par des personnages différents aux noms souvent bâtis sur des jeux de mots généralement référentiels. Au hasard: Henri Nabuchodinosaure, Pôl En Ski, Arsène Supin, L'Abbé Pingre. Quelques animaux aussi se mêlent d'écrire, un oiseau, une lionne...
Tout ça forme un livre divertissant, allègre, plaisant, au ton badin, détaché, et aux histoires qui se terminent presque toujours par une petite chute amusante.

Roland Hugentobler, Journal de la cuisine, Editions de la Truite

Publié par Alain Bagnoud à 11:44:41 dans Lectures | Commentaires (1) |

Saint Genet, comédien et martyr, par Jean-Paul Sartre | 21 novembre 2008

Genet2.jpgCe livre, rédigé pour servir d'introduction aux œuvres complètes de Genet, a provoqué chez Genet l'impossibilité de continuer à écrire des romans. C'est lui-même qui l'a dit. Pendant dix ans, bloquage complet. Puis il s'est voué au théâtre, si on excepte son récit posthume, Un captif amoureux, sur les Palestiniens.
On peut croire Genet ou pas. Il était probablement arrivé au bout d'un cycle romanesque, il cherchait à se renouveller, l'analyse de Sartre a hâté la crise.
En tout cas,Saint Genet, comédien et martyr est une formidable machine à décortiquer la personne et les oeuvres de Genet, qui passent à travers la moulinette de la pensée sartrienne, scrutées par cette magistrale intelligence dans une démonstration minutieuse. 690 pages serrées.
Tout au long du livre, Sartre semble défaire patiemment une montre très complexe. Il examine chaque rouage, le décrit, explique à quoi il sert. Grâce à la succession des causes et des effets, finalement, il devrait n'y avoir plus aucun mystère.
Tout le caractère, toute la sexualité, toute la littérature de Genet sont décortiqués, motivés, nécessités par les circonstances de cette existence, et par la volonté de Genet d'assumer ce dont on l'accuse tout en respectant les valeurs de ses ennemis. Car ce serait là où s'exprimerait la liberté de Genet, cette liberté chère à Sartre, qui veut dans cet essai « montrer les limites de l'interprétation psychanalytique et de l'explication marxiste ».
Un livre impressionnant. Une vision large, complète, un système subtil, convaincant, qui, désormais qu'il n'est, et de loin, plus majoritaire, éclaire et étonne.
Mais derrière, malgré tout, il reste dSartre.jpges ombres. Par exemple dans la démonstration que Sartre voulait faire : « prouver que le génie n'est pas un don mais l'issue qu'on invente dans les cas désespérés ».
Elle ne persuade pas tout à fait. D'autres se sont trouvés dans la même situation que Genet, et ne se sont pas retrouvés grand écrivain français du XXème siècle. Et malgré toute l'intelligence de Sartre, il reste des questions là-dessus. Le génie, c'est quoi? Ça vient d'où? Ça fait quoi?

Jean-Paul Sartre, Saint Genet, comédien et martyr, Gallimard

(Publié aussi dans Blogres)

Publié par Alain Bagnoud à 15:16:38 dans Lectures | Commentaires (1) |

Sade, Florville et Courval | 19 novembre 2008

         Greuze, La malédiction paternelle

Il y a quelque chose d'irrésistiblement drôle dans Florville et Courval, de Sade (dans Les Crimes de l'amour ). La fin. Irrésistiblement et involontairement drôle.
Quand l'héroïne apprend tout. Qu'elle se rend compte en cinq minutes qu'elle a couché avec son frère, son fils et son père (celui-ci, elle l'a en plus épousé). Qu'elle a également provoqué par son témoignage la mort de sa mère sur l'échafaud. Qu'elle a aussi tué de ses propres mains son fils, qui est aussi son neveu, qui est aussi son petit-fils par son mariage.
Comment en est-on arrivé là? Eh bien, tout à fait simplement. Revenons un peu en arrière.
La femme de Courval le quitte. Elle emmène son fils et elle abandonne devant la maison d'un bourgeois sans enfants une fille, Florville, dont son mari ignore l'existence. A 16 ans, Florville, élevée dans la religion, couche avec son frère sans savoir qui il est, et elle en a un fils que son amant lui dérobe.
Repentie, elle vit dans la piété jusqu'à 34 ans. Là, un jeune homme de 17 ans (son fils) la viole. Elle tue en se défendant. Plus tard, elle voit dans une auberge une femme (sa mère) qui en poignarde une autre et elle témoigne contre elle.
Enfin, Courval (son père), 55 ans, se croit veuf, veut se marier et trouve Florville par un entremetteur. A peine sont-ils matrimonialement liés depuis quelques mois que le fils Courval reparaît et dévoile tout.
C'est irrésistible. On dirait cet humour absurde, vous savez. Les Monty Pythons. Et une démonstration de règle esthétique, à méditer pour tous les inventeurs d'histoires.
Trop d'effets tuent l'effet.

Sade, Les Crimes de l'amour, Folio

Publié par Alain Bagnoud à 09:29:37 dans Lectures | Commentaires (1) |

Le jour du dragon, couverture | 17 novembre 2008

Et voilà la couverture du roman annoncé. Qui n'a donc, vous le voyez, pas trop souffert de son voyage en camion (voir ici et ici ). Il sera en librairie dès mercredi ou jeudi.
Et bientôt, ici, le début du texte, des extraits.... Des teasers, quoi!

(Teaser : Phase initiale d'une campagne publicitaire se présentant sous forme d'énigme destinée à solliciter et à maintenir l'attention du public - Mediadico.)

Publié par Alain Bagnoud à 16:18:37 dans Le Jour du dragon | Commentaires (4) |

Arrivée du camion-livres | 17 novembre 2008

Saint Georges terrassant le dragon, par Carpaccio
Ça y est. Il est là. Après cette errance dans les Balkans dont je vous parlais ici. Mon prochain roman. Le Jour du dragon.
Enfin, là, pas tout à fait. On le trouvera dans les librairies à partir de mercredi ou jeudi. Mais j'ai déjà vu l'objet. Belle couverture, beau papier, bonne impression.
Je l'ai bien palpé pendant que je signais le service de presse avec les autres auteurs de L'Aire qui nourrissent le volet fiction de cet automne.
Marie-Jeanne Urech avec L'Amiral des eaux usées, un recueil de nouvelles un peu jetées. Jean-Yves Dubath avec Gainsbourg et le Suisse, dans laquelle il explique qu'il a fait partie de la garde prétorienne de Serge Gainsbourg pendant les quelques jours qu'a duré un festival de cinéma à Valence. Pierre Smolik avec Le Bar à parfums, 500 pages de rencontre romanesque dans un train.
Je vous en dis le minimum, je n'ai pas encore lu ces livres.
Mais le mien si. Lu et relu. Tourné. Touché. Qu'il est beau! Qu'il est agréable! Qu'il est attirant! Enfin, moi je trouve.
Je vous le montrerai un de ces jours. Le temps de le scanner, de le reproduire.

Publié par Alain Bagnoud à 13:24:12 dans Le Jour du dragon | Commentaires (0) |

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