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Masse critique au CAN | 06 novembre 2008

  Kilian Rüthemann, Sans Titre, 2008. (photo : Sully Balmassière)

Le CAN (Centre d'art de Neuchâtel) est un de ces centres d'art contemporains dans des décors intérieurs d'anciennes usines. Pas l'extérieur. L'extérieur est tout ce qu'il y a de vieille ville, avec un très beau café à côté, Chauffage compris, depuis lequel on peut accéder directement au CAN. Quoi de mieux?
Le CAN, donc, a organisé un laboratoire d'été. Le Summerlab. Deux artistes qui y ont participé se retrouvent dans l'exposition actuelle,
Masse critique.
Kilian Rüthemann (1979, vit et travaille à Bâle) et Niklaus Wenger (1978, vit et travaille à Berne). Quelques caractéristiques de leurs travaux: utilisation de matériaux bruts ou en voie de transformation (sel, ciment, carton, asphalte, plâtre, etc.), interventions sur le site, refus du marché de l'art.
Niklaus Wenger, par exemple, a arraché le revêtement en plastique du sol dans un passage, l'a replié sur le mur en vague qui masque le passage. Il s'est associé à Kilian Rutheman pour deux oeuvres murales: murs creusés selon des critères précis avec les décombres au pied. Celui-ci a imaginé les plaques de sucre fracassées au sol dont on voit une photo ci-dessus, qui continuent de fondre pendant l'exposition.
A la cave et dans le studio,
Massimiliano Baldassarri (1968, vit et travaille entre La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel et Genève) propose une installation. Il chantait dans le groupe rock Autopsy disparu il y a dix ans. La reformation du groupe aujourd'hui dans le but de rejouer un disque datant de 1995 est le prétexte de son travail sur le souvenir et le revival. Concert enregistré, reliques, météore. Intéressant.

Centre d'art Neuchâtel, 37, Rue des Moulins, 2000 Neuchâtel, Masse critique, jusqu'au 30 novembre.

Publié par Alain Bagnoud à 09:27:19 dans Expositions | Commentaires (0) |

Jour historique | 05 novembre 2008

Jour historique! Du moins ça aurait dû en être un. Enfin quelque chose qui se passe dans le monde!
Vous avez compris que je parle bien évidemment de mon livre, Le jour du dragon, qui devait, qui aurait dû sortir aujourd'hui même, le 5, en même teBarack Obamamps que la version de poche de La leçon de choses en un jour. Vous étiez au courant. Je vous l'avais assez annoncé.
Eh bien non! Il faudra attendre encore quelques jours. Les livres sont actuellement dans des camions, entre Istambul et la Suisse.
Après quelques démêlés homériques avec son ancien imprimeur de Lausanne (une histoire de capitalisme moderne assez instructive), Michel Moret, l'éditeur, a en effet décidé de faire imprimer sa rentrée automnale 2008 en Turquie, le pays de sa compagne. D'où les camions.
Qui sont partis d'Istambul. Ils sont quelque part en Bulgarie peut-être, en Serbie ou en Croatie. Quelle aventure! Enfin ils vont arriver. C'est pour bientôt. Comptez sur moi pour vous tenir au courant.
Et à part ça? Non, rien à signaler.

Publié par Alain Bagnoud à 09:39:06 dans Le Jour du dragon | Commentaires (12) |

Café Vale D'Ave | 04 novembre 2008

Fanions de footPetit café de la rue Hugo-de-Senger, un peu enfoncé dans le sol. Quatre marches pour descendre. Un bar, deux grosses machines à jeux vidéos, quelques tables en bois sur la rue et dans un corridor qui mène, à l'arrière, vers le dépôt où on voit des bonbonnes de bière en réserve. Un gros frigo rouge avec des boissons fraîches. Et partout au plafond, accrochées, collées et pendues de sorte qu'aucun centimètre carré ne soit inoccupé, des écharpes aux couleurs de clubs de foot, de celles que portent les supporters lors des matchs. Forza Juve, FC Barcelona, Galicia, Derby County, Hop Fribourg Olympic, Napoli campione d'Italia, Cristiano Ronaldo Portugal...
Une télé allumée mais pas un de ces grands écrans plats qu'on trouve désormais partout: un petit poste à lampe où passe une émission en portugais. Un vieillard tout chauve et frêle la regarde, l'air d'avoir encore bien du temps à passer avant que l'heure du repas n'arrive. Dehors, sur la terrasse à même le trottoir, bien plus haut que nous, deux dames boivent du thé, avec des gilets et des vestes. 

Café Vale D'Ave, 3 rue Hugo de Senger

Publié par Alain Bagnoud à 08:54:25 dans Cafés de Plainpalais | Commentaires (0) |

Imre kertész, le refus | 03 novembre 2008

Kertész, Prix Nobel de littérature en 2002. Né à Budapest en 1929, juif déporté en 1944 à Imre KerteszAuschwitz puis transféré à Treblinka.
Il a raconté cet épisode terrible de sa vie dans un livre autobiographique, Etre sans destin, que je n'ai pas lu.
Mais j'ai une bonne raison d'en parler: Le refus commence justement après le rejet d'Etre sans destin par un éditeur de Budapest en 1970. Ce qui perturbe terriblement l'écrivain.
Tous les matins, il se met à sa table de travail, s'isole des bruits et se pose des questions sur ce manuscrit, mais aussi sur son besoin de l'écrire, sur la culpabilité qu'il éprouve depuis qu'il l'a reçu en retour.
J'ai assez apprécié cette première partie, désespérée et caustique. Moins la deuxième, qui est sous la forme d'un roman. L'idée est la suivante: le narrateur refuse le refus et se remet au travail, achève un autre texte qui raconte l'histoire d'un journaliste.
Celui-ci arrive dans un pays qu'il lui semble connaître parfaitement, bien qu'il lui soit étranger. Il perd son travail et se met à errer dans la ville, cherchant des explications. Très kafkaïen. Trop, même. Pas assez dégagé de l'influence du maître.
Mais on comprend mieux la faiblesse de cette deuxième partie quand on apprend qu'elle est en fait un roman de jeunesse exhumé par Kertész et collé à la première partie. C'est du moins ce que révèle Le Matricule des anges.

Imre Kertész, Le refus, Babel

Publié par Alain Bagnoud à 14:56:50 dans Lectures | Commentaires (2) |

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