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J.-M. Coetzee, Le Maître de Pétersbourg | 04 septembre 2008

Coetzee, Le Maître de PétersbourgEt puis, toujours en ce qui concerne mes lectures de vacances, il y a des livres que je n'ai pas finis. Par exemple Le Maître de Pétersbourg. Un roman de Coetzee, cet écrivain que j'apprécie pourtant beaucoup (voir ici et ).
Dans Le Maître de Pétersbourg, il s'agit d'Histoire. De la grande Histoire mêlée à l'histoire littéraire.
Le personnage principal est un peu malpropre, sentimental, faible, repoussant. Il s'agit de Dostoïevski exilé qui revient à Pétersbourg parce que son beau-fils Pavel, un nihiliste, vient de mourir suite à ce qui est peut-être un accident, peut-être un suicide, peut-être un meurtre. L'écrivain russe s'installe dans la chambre de Pavel et tourne autour de la logeuse...
Je ne peux pas vous en dire plus, ce roman m'a franchement repoussé.
Peut-être parce que je n'ai pas du tout apprécié cette image veule de Dostoïevski qui y est présentée d'emblée...

J.-M. Coetzee, Le Maître de Pétersbourg, Seuil.

Publié par Alain Bagnoud à 11:24:30 dans Pas fini | Commentaires (0) |

Manifestes du surréalisme, par André Breton | 03 septembre 2008

Les surréalistes, par Max Ernst

Mouvement mouvementé, le surréalisme. Les listes des noms d'exclus, de traîtres et d'enfants prodigues s'accumulent dans chacun des deux Manifestes, dans les Prolégomènes à un troisième Manifeste, etc. Ça, c'est le côté polémique. Car même si André Breton s'est toujours défendu d'être le chef de file du mouvement, il tenait ferme sur les principes, se voulait le gardien du temple et avait la condamnation lourde. Ce qui lui avait valu de la part de ses adversaires un titre peu flatteur: « le pape du surréalisme. »
Inutile d'entrer dans des querelles de personnes. Ce qui m'a intéressé, surtout, en lisant ces Manifestes, c'est le sérieux qu'ils donnent à des activités que nous avons tous pratiquées, surtout dans l'adolescence. L'écriture automatique. Le récit de rêve. Le cadavre exquis...
Des exercices importants pour Breton parce qu'ils révèlent ce qu'il a appelé le hasard objectif. C'est-à-dire la présence d'un ordre supérieur. Un ordre qui me semble difficile à définir.
Ce n'est pas Dieu, c'est une « forme de manifestation de la nécessité », comme disait Engels que Breton citait.
Je n'arrive pas très bien à le déterminer, cet ordre, et peut-être que les surréalistes non plus.
Si je me souviens bien des autres oeuvres de Breton, il y a chez lui une sorte d'émerveillement face aux coïncidences, aux collusions, aux synchronicités, plus qu'une réelle tentative de définir ce vers quoi elles mènent.
Qui peut bien être simplement ce que d'autres appellent la poésie, ou l'état de poésie...

André Breton, Manifestes du surréalisme, Idées Gallimard

Publié par Alain Bagnoud à 10:17:08 dans Lectures | Commentaires (10) |

Le cabaret de la belle femme, par Roland Dorgelès | 02 septembre 2008

                  Coucher de soleil sur l'Adriatique, par Boronali
                                Coucher de soleil sur l'Adriatique, par Boronali
Roland Dorgelès a gardé une certaine réputation. C'est lui qui, au Lapin agile jadis, a attaché un pinceau à la queue de l'âne du patron, qui a ainsi peint un tableau intitulé Coucher de soleil sur l'Adriatique signé Boronali (anagramme d'Aliboron) et exposé au Salon des indépendants de 1910.

Mais Dorg
elès a aussi écrit de nombreux livres. Il a notamment connu le succès avec un prix Fémina attribué à son roman Les croix de bois qui parle de la première guerre mondiale. Roman qui a obtenu également 4 voix au Goncourt, mais les jurés lui ont finalement préféré A l'ombre des jeunes filles en fleurs, de Marcel Proust.
Ce n'est pas ce texte Fémina que j'ai lu, mais Le cabaret de la belle femme, trouvé au hasard d'un séjour en montagne, dans une bibliothèque abandonnée.
Des souvenirs de guerre. Des épisodes un peu discontinus, où reviennent les mêmes personnages, avant qu'ils ne meurent dans une attaque. Un soldat ruse avec son officier pour ne pas se faire couper les cheveux. Les campagnardes et les commerçantes inspirent des rêves lubriques ou romantiques aux hommes de troupe. Le Cabaret de la belle femme suscite les vocations des volontaires chargés d'y aller en patrouille mais se révèle une ruine au toit crevé. Etc.
C'est un peu languissant, pas du tout contestataire. Les soldats se sont engagés avec passion, puis il tentent de survivre et de se planquer, la plupart d'entre eux meurent mais personne ne dénonce l'absurdité de cette boucherie. Ils regardent les étoiles pendant les gardes en rêvant à leurs petites copines et quand il s'agit de se battre, c'est une confusion brutale.
Dorgelès a du métier, du savoir-faire. Mais son livre est un peu décevant parce qu'on s'attend à ce qu'il tire de ce théâtre des scènes fortes. Ça reste en tonalité mineure. Nostalgique et sentimental.

Publié par Alain Bagnoud à 08:59:21 dans Lectures | Commentaires (1) |

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