JUSTE PARU
Voir ici 
Articles de presse
LA TRILOGIE
Voir ici
Articles de presse
Articles de presse
Articles de presse
Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Publié par Alain Bagnoud à 09:22:52 dans Chansons | Commentaires (2) | Permaliens
Le narrateur de ce livre est un être
au premier abord peu aimable. Ancien soldat violeur de l'Armée
Rouge à la fin de la deuxième guerre mondiale, macho,
violent, cynique, misanthrope.
Au début du roman, il est sur un
bateau qui remonte le Ienisséï, il retourne en 2004 dans
le goulag où il avait été interné après
la guerre. Il y avait retrouvé son demi-frère, Lev.
Idéaliste, pacifiste, non-violent, poète. Mal armé
pour survivre dans ces conditions. Et de plus en violent contentieux
avec le narrateur, puisqu'il a épousé la femme qu'ils
aiment tous les deux et qu'ils aimeront toute leur vie.
Mais la relation entre les deux frères
survit à tout ce qui pourrait les dresser l'un contre l'autre,
dans ces conditions inhumaines et ces situations historiques
brutales, pendant les quarante ans qui sont racontés de ces
vies et de ce triangle amoureux.
Le livre prend la forme d'une longue
lettre, adressée à la fille adoptive du narrateur, qui
vit en Occident. Pour lui expliquer ce qu'il a vécu mais aussi
pour la faire plonger dans cette fameuse âme russe dont la
littérature a fait si grand cas jusqu'à nos jours.
Parce qu'Amis a envie de se colleter
avec les maîtres russes. Un érudit pourrait faire un
recensement riche des noms, des citations cachées, des
allusions à la littérature russe. Comme si ce passé prestigieux et ce chaudron
cauchemardesque qu'a été l'URSS, ses morts, ses
déportés, avec ses échos du passé et ses
prolongements d'empire (la question de la Tchétchénie
et la prise d'otages de Beslan évoquée dans le livre) constituaient une matière première idéale pour le
sarcastique, désespéré, caricatural Martin Amis,
et pour sa dénonciation de l'absurdité de la vie.
Martin Amis, La Maison des Rencontres, Gallimard
Publié par Alain Bagnoud à 11:42:05 dans Lectures | Commentaires (1) | Permaliens
Robert Brasillach, Les sept couleurs
Publié par Alain Bagnoud à 18:25:47 dans Citations | Commentaires (1) | Permaliens
Les sept couleurs, donc, du
sulfureux Brasillac, a un style éblouissant et un contenu
vaguement gênant.
Brasillach en tout cas est un virtuose.
Dans Les sept couleurs, il varie à volonté et
systématiquement les formes. Il commence par un roman
traditionnel, passe à l'épistolaire, puis au journal
intime, puis aux réflexions, au théâtre, aux
documents et enfin au monologue. Toutes choses qu'il maîtrise à
la perfection.
Peu d'écrivains peuvent jouer
parfaitement de tant de registres, en connaître les règles
et les faire oublier en utilisant une langue si fluide.
Quant au contenu, c'est autre chose.
Une très belle histoire d'amour
commence au début du livre, entre deux jeunes gens qui
visitent Paris comme s'ils étaient en vacances. Puis ils se
perdent sans jamais s'oublier et c'est alors que tout se gâte
un peu.
Patrice, le garçon, passe du
Manifeste du surréalisme à l'admiration du
fascisme italien qu'il découvre comme précepteur à
Florence. Il s'engage dans la Légion étrangère
dont il jouit des rudesses viriles, puis il dirige une chambre de
commerce en Allemagne ce qui lui permet d'assister au Congrès
de Nuremberg et de s'extasier sur l'esthétique nazie, son
endoctrinement de la jeunesse, son culte de la force et de la joie.
Catherine de son côté
épouse un homme qui, croyant la perdre parce qu'elle a revu
Patrice, s'engage dans la guerre d'Espagne aux côtés de
Franco, bien entendu, ce qui est prétexte à des
reportages enthousiastes.
Tout ceci permet à Brasillach de
comparer les différents fascismes et leurs adaptations
locales. Afin, probablement de définir ce fascisme français
national qu'il appelait de tous ses voeux.
Bien évidemment, cette position
idéologique sonne de manière assez déplaisante
aux lecteurs actuels. Mais il n'y a pas que ça.
Brasillach a tendance à voir ses
personnages comme des types. La jeune fille allemande (avec ses
tresses blondes). La femme française (une petite brune).
L'homme léger qui s'oppose à l'homme lourd. Le garçon
nazi. Le vieux guerrier allemand.
Et ces clichés affaiblissent
considérablement l'histoire d'amour du livre et la crédibilité
de son roman.
Robert Brasillach, Les sept couleurs, Le livre de poche
Publié par Alain Bagnoud à 17:58:53 dans Lectures | Commentaires (1) | Permaliens
Une réputation, bonne ou
mauvaise, est toujours un atout. C'est à cause de la sienne,
exécrable, que j'ai lu du Robert Brasillach.
Cet écrivain né en 1909 a
été fusillé après la guerre. Surtout
parce qu'il a dirigé l'hebdomadaire Je suis partout
pendant les années d'occupation, y prônant la haine des
Juifs, la destruction des communistes et y montrant son admiration
pour le IIIème Reich. Il n'était pourtant pas satisfait
de la collaboration avec les nazis. Ce qu'il voulait, lui, c'était
un fascisme à la française, personnel, et pas une
sujétion à l'Allemagne.
Après sa condamnation à
mort, une pétition d'intellectuels n'a pas décidé
le général de Gaulle à le gracier. Peut-être,
a-t-on suggéré, à cause des « préférence
sexuelles » de Brasillach, qui était homosexuel.
Plus sûrement parce que le général devait donner
des gages aux communistes, et que Brasillach était considéré
comme responsable de la mort de beaucoup d'entre eux.
Bref: réputation plus que
sulfureuse. Et donc, mon intérêt pour sa prose et son
style, dont on dit grand bien.
Mon ami Antonin Moeri prétendait
à une certaine époque que tous les grands stylistes
étaient de droite. Il citait Céline , Chardonne, je
crois, et je ne sais plus qui.
J'ai parlé ailleurs de Paul
Morand et j'ai beaucoup fréquenté Drieu La Rochelle à
une époque. Tous ont du style, certes, mais encore faudrait-il
s'entendre sur ce mot et ce qu'il désigne. Parce que Céline
et Morand, par exemple, ce n'est pas exactement le même genre
d'écriture.
Il me semble, subjectivement, que le
mot style connote quelque chose de retenu, de hautain, de
contrôlé. Ce qui veut dire que Proust n'en aurait pas?
Et Céline, donc?
On ne s'en sortira pas. Mais c'est
peut-être une question de vocabulaire pour désigner les
bons écrivains et indiquer leur tendance politique. Dans ce
cas, on dira de ceux qui se sont situés à droite qu'ils
ont du style et des autres qu'ils ont une écriture. Et que le
talent est indépendant de l'opinion politique.
Ou alors, Antonin, peux-tu m'éclairer?
(Et on parlera de Brasillach une autre
fois.)
Publié par Alain Bagnoud à 17:03:03 dans Lectures | Commentaires (7) | Permaliens
Depuis le 14-09-2006 :
6221357 visiteurs
Depuis le début du mois :
41516 visiteurs
Billets :
1230 billets
Commentaires