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La nature est un temple où de vivants piliers... | 23 juillet 2008

 Photo de Michèle Labbe Le naturel. L'artificiel.
A la montagne ces notions prennent un autre sens quand on parle avec les gens. Les villageois. Les natifs.
Ce qui est naturel pour eux, c'est ce qui est là depuis longtemps, hérité, de tradition. Les prés, les vaches, les raccards, les chevreuils, les forêts. Mais pas le lynx ni le loup. Ils n'existaient pas avant, ils ont été introduits ou ils arrivent par la faute de changements modernes (l'expansion des forêts). Ils appartiennent donc à l'artificiel et on peut les éradiquer sans états d'âme.
Pour les amoureux de nature, au contraire, le naturel c'est la nature sans l'homme. Donc le chevreuil, le renard et la forêt mais aussi le loup, l'ours et le lynx. Ces animaux qui seraient dans nos régions si l'homme ne les avait pas exterminés jadis.
Par contre, la vache, la grange, le pré fauché sont à leurs yeux des artifices.
Cette position, poussée à l'extrême, impliquerait que non seulement on n'agisse pas sur les territoires rendus à la nature, mais qu'en plus, la présence de l'homme n'y serait pas bienvenue. Même en tant que promeneur: il dérange les animaux et change l'équilibre des choses.
D'où les problèmes de compréhension et de dialogue quand on parle de nature. Mais qu'est-elle donc?
Moi j'ai ma petite idée là-dessus. Le naturel est d'abord une construction imaginaire. On le voit par ses diverses définitions.
Et si on veut le cerner plus précisément, c'est facile. Il suffit de le chasser. Vous connaissez le proverbe...

Publié par Alain Bagnoud à 18:09:56 dans Journal | Commentaires (6) |

François Diday, Le Wetterhorn | 21 juillet 2008

Publié par Alain Bagnoud à 18:39:54 dans Expositions | Commentaires (0) |

La Sittelle par Jacques Herman | 17 juillet 2008

Antonio de Pereda, Allégorie du Temps qui passe
A signaler: un nouveau recueil de poèmes de Jacques Herman . La Sittelle. Encore une démonstration de son ton léger et grave tout à la fois, de ses dons de visualisation et d'évocation. Des poèmes coulés dans une forme fraîche et spontanée.
Un exemple, pour illustration:

Retenir le temps

Ses mains se crispent sur le temps
Qui passe inexorablement
Et qu'il tente vainement
De retenir

Reste ici lui dit-il
Comme s'il s'adressait
A un chien

Mais le temps n'entend rien
Ou pour le moins
Lui fait la sourde oreille
Il file
File
File entre ses doigts
Comme il file entre les miens

Je m'en vais
Ce spectacle m'afflige
Je reprends mon manteau
Mon chapeau
Mes gants
Il me faut affronter la neige
Sale temps

Jacques Herman, La Sittelle, Editions du Madrier

Publié par Alain Bagnoud à 17:06:52 dans Poèmes | Commentaires (1) |

Quoi de neuf, par Pierre-Marie Pouget | 16 juillet 2008

Le 4ème de couverture de Quoi de neuf parle de « nouvelles ». Les guillemets sont de l'auteur mais ils étaient inutiles, tant on s'aperçoit vite qu'il s'agit ici plutôt de tranches de vies, sans aucune mise en forme.
Pourtant Pierre-Marie Pouget devrait bien savoir, en tant qu'ancien enseignant, que la nouvelle se caractérise notamment par sa construction.
Il n'y en a pas ici, pas plus que de style. Ces histoires banales sont racontées dans une prose de collégien besogneux qui n'aurait pas encore appris la concordance des temps (« Le siège à côté du chauffeur avait été prévu pour la guide qui accompagnera (sic) le groupe... » p.23)
Tout ça serait simplement inexistant si la pose de l'auteur ne donnait à ce recueil un caractère agaçant. Ces choses lâchées à la va-vite ont la prétention de se montrer comme « des expériences révélant nos parts d'ombre et de lumière ».
Lisez plutôt: « La « nouvelle » annonce alors que la chair, loin d'être synonyme de vallée de larmes, intensifie son éclat quand bien même la décrépitude nous atteint. »
Et Pouget n'a même pas l'excuse de la jeunesse ou du défaut d'expérience des débutants: Quoi de neuf est son dix-huitième livre.

Pierre-Marie Pouget, Quoi de neuf, Editions du Madrier

Publié par Alain Bagnoud à 10:27:01 dans Lectures | Commentaires (1) |

La plage de Pourville, par Monet | 14 juillet 2008

    La plage de Pourville, par Monet

Publié par Alain Bagnoud à 09:44:06 dans Expositions | Commentaires (1) |

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