
Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)
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Genève, accueillera une Fan zone pendant l'Euro 2008. Ce qui ne peut que réjouir les voisins dont je suis. Déjà le nom. Fan zone. Publié par Alain Bagnoud à 10:26:08 dans Journal | Commentaires (5) | Permaliens

Il se sent déclassé, parce que son père était un haut magistrat, m'explique-t-il en préparant un poulet marengo qu'il fait revenir dans de l'huile avec des tomates et des champignons. Attirée par la lumière, une phalène se cogne contre la vitre. Un grand papillon nocturne. Mais il est en embuscade, dit-il, pour un poste prometteur qui permet une rapide ascension.
Il a dans son salon de faux objets égyptiens, le masque doré d'un pharaon, la reproduction d'un nu au chat de Balthus, et une fiancée aux mensurations conséquentes. C'est une Polonaise qui parle au téléphone avec des compatriotes.
Il l'a connue par l'Internet et il doit rapidement l'épouser s'il veut qu'elle reste. Mais il hésite, il ne se sent pas prêt. Et que va dire son père ?
Dans le jardin, derrière la fenêtre, des ajoncs et des genêts bougent dans le petit vent. Puis la douane, la frontière, des maisons.
Il suffirait de traverser un ruisseau et je serais dans un autre pays.
Publié par Alain Bagnoud à 10:15:30 dans Transports | Commentaires (1) | Permaliens
« Dois-je maintenant parler de ces pâtisseries laquées de rire qu'un public de nerveux de nouveaux-nés de neveux de patriciens-prêtres envahit le dimanche ? C'est ferme, c'est sain, c'est doux, aigu, viril, limpide. Mais surtout c'est protégé du reste qui n'y a pas droit. Il faut une ancienneté sonnante. C'est cela qu'est la noblesse citadine patoisante, à souche de grand flabellum grenat. Ce n'est pas par transmission directe : c'est par un frère ou des nièces âgées qui mènent tout à l'anglaise derrière des grilles implacablement séparatrices, le soir. » (Bois sec Bois vert)
Répétitions : « de » 6 fois dans la première phrase. « C'est » 7 fois dans l'ensemble du paragraphe. Ou comment transformer en rythme des défauts qui vous vaudraient le stylo rouge de l'instituteur.
Sinon, goût de l'allitération. Elle seule explique ce public de nerveux de nouveaux-nés de neveux de patriciens-prêtres, un public incompréhensible au sens commun, étonnant comme une image surréaliste et pourtant puissamment concret, visible. Contraste et variété des adjectifs qui se déroulent et s'opposent dans de petits crépitements délicieux. Métaphores singulières. Pâtisseries laquées de rire. Ancienneté sonnante. Personnifications. Ces grilles implacablement séparatrices. Sens de la langue. Imaginaire.
Résumé du paragraphe : Cingria parle de pâtisseries fréquentées par des familles de petite noblesse citadine.
Conclusion : Cingria est grand.
Publié par Alain Bagnoud à 08:46:14 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Une ambiance tout en orange. Les murs, les rideaux. Jusqu'aux tables (d'un brun orangé) et aux catelles du sol (gris orangé). Un joli petit bar en bois, des assiettes et des reproductions de tasses au mur.
C'était un café tenu par des Capverdiens, avant sa transformation (il était alors tout bleu).
Je ne sais plus si c'est le cas encore ce matin, où deux petits hommes d'affaires, plutôt le genre représentants de commerce, parlent fort, chacun essayant de prendre le pouvoir sur l'autre.
Une dame grisonnante à cheveux courts lit le journal en buvant un café. La serveuse effectivement pourrait venir du Cap-Vert. Est-ce que ça a de l'importance ?
Un homme grisonnant entre, avec une pince en argent qui tient sa cravate et un pin's doré représentant une automobile au revers du veston. Il embrasse la serveuse. Ils échangent des nouvelles.
Les deux petits hommes d'affaire ont baissé le ton. L'un a sorti des documents, l'autre met ses lunettes de vue. « Là c'est l'avenue. Sous cette façade, ce sera la sortie du tunnel. Les autorisations... Les oppositions... Il y a toujours un problème. C'est ça qui est emmerdant. Tu comprends ce que je veux dire ? » Puis il se donne des airs de virilité en parlant de couper les couilles à quelqu'un.
C'est un café de quartier, assez tranquille dans le matin.
Café Les Glycines, 6 rue Dancet, Genève
Publié par Alain Bagnoud à 09:36:06 dans Cafés de Plainpalais | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par Alain Bagnoud à 13:47:38 dans Chansons | Commentaires (2) | Permaliens
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