JUSTE PARU
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
L'ambiance du vendredi saint est peut-être appropriée pour parler du dernier beau livre de Jérôme Meizoz. Père et Passe.
Des récits articulés autour de la figure du père.
Il y a 40 textes courts, pudiques, aimants, évocateurs. Des anecdotes, des souvenirs, des explications ou des récits de rêve, pour suggérer le portrait de cet homme du peuple, actif, décidé, minoritaire socialiste dans une région dominée par le parti catholique. Un homme qui vieillit, dont les gestes se ralentissent, pour qui la télévision occupe toujours plus de place, qui finit par fermer à clé la porte de son appartement jadis toujours ouvert.
D'autres personnages entourent cette figure centrale. Le reste de la famille, les enfants, la mère morte jeune encore, ou la grand-tante Christine Ménabé, épouse d'un coiffeur parisien qui coupait les cheveux de Victor Hugo avant d'ouvrir un hôtel dans les Préalpes, et qui, un jour, a recueilli une mèche de cheveux du grand homme dans une enveloppe qu'il a demandé au poète de signer. Une relique que la tante a montrée au jeune garçon de dix ans.
On ne pouvait pas rater cette anecdote un peu cocasse dans l'ensemble des textes à la sonorité sourde, grave, recueillie.
Des textes pour dire l'amour, mais aussi la difficulté de communication : « sa voix, sa conversation ne sont pas à la hauteur du miracle que j'éprouve à le savoir encore parmi nous. »
Des textes pour conjurer le pire. « Il est âgé et il décline. Il a peur. Moi qui ai tant reçu de lui, que puis-je faire maintenant qu'il s'éloigne ? Préparer une chambre de papier pour accompagner sa sortie. Me livrer à une opération de magie blanche. Qu'il soit porté vers sa fin par le drap de mots que je prépare pour lui. »
Jérôme Meizoz, Père et passe, Editions d'en bas & Le temps qu'il fait
(Publié aussi dans Blogres.)
Publié par Alain Bagnoud à 09:56:53 dans Lectures | Commentaires (2) | Permaliens
Il y avait eu un film célèbre, avec Orson Welles, je crois, palme d'or au Festival de Cannes en 49. Avec une scène célèbre sur la grand roue de Vienne. Tiré de ce roman célèbre. Jamais vu. Jamais lu.
Et puis je l'ai trouvé récemment dans les cartons de livres d'occasion d'une kermesse paroissiale. Vendu pour le tiers du prix d'une bière. Le Troisième Homme.
Ce n'est pas cher pour deux heures de lecture haletante.
Un gentil Anglais, Rollo Martins, amateur de boissons fortes et de femmes, auteur de livres de western populaire, arrive vers 1947 à Vienne, ville occupée et partagée en zones entre Français, Anglais, Américains et Russes. Il a été appelé par son ami Lime qui veut l'engager. Mais quand il arrive, Lime est mort, écrasé par une voiture, et Rollo découvre peu à peu que son ami était un vrai fumier, trafiquant de pénicilline coupée avec des produits toxiques, responsable de la mort ou de la folie de dizaines d'enfants qu'on soignait de leur méningite avec ces produits frelatés.
Ce grand naïf n'y croit d'abord pas, il enquête et il parle beaucoup, provoque une mort supplémentaire, acquiert la certitude qu'une personne en trop était présente au moment de l'accident. Le Troisième Homme. Qui est... Qui est... Ah ah ! Ne comptez pas sur moi pour le révéler.
Un divertissement, donc, mais avec un procédé littéraire intéressant. Le narrateur est un officier de police qui apparaît rarement dans le texte et conte l'histoire d'après les propos rapportés par Rollo.
Et puis il y a un peu de philosophie aussi, et des questions sur le bien et le mal. Ecoutez et méditez :
« Pour la première fois, Rollo Martins fit sans admiration un retour en arrière. Il pensait : « Il n'est jamais devenu adulte ». Les diables de Marlow portaient des pétards attachés à la queue ; le mal ressemble à Peter Pan... il possède le privilège horrible et horrifiant de l'éternelle jeunesse. »
Graham Greene, Le troisième homme, Le livre de poche
Publié par Alain Bagnoud à 15:43:44 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Un article de Serge Bimpage sur La leçon de choses en un jour. On le trouve en entier sur son blog, et en partie dans la Tribune de Genève d'aujourd'hui, version papier (dernière page). Pour lire la suite, cliquez ici.
Publié par Alain Bagnoud à 09:54:58 dans Journal | Commentaires (2) | Permaliens
lui est attribué. Il s'ennuie. Il regarde l'heure à sa montre. Il prise du tabac. Le valet raconte des histoires. Celles de ses amours, lorsqu'un certin nombre de dames fort mariées se sont emparées de lui. Il était jeune homme, il jouait le nigaud et l'innocent pour qu'elles croient avoir son pucelage - qu'il avait déjà perdu ! Publié par Alain Bagnoud à 10:25:23 dans Lectures | Commentaires (3) | Permaliens

Et voici une curiosité.
D'abord à cause d'un assemblage de noms dont le rapprochement crée des étincelles dans l'imaginaire.
Ensuite c'est une chanson délicieuse, sur des paroles de Sacha Guitry. Interprétée par Arletty et Reynaldo Hahn. Enregistrée en 1927.
Oui, Reynaldo Hahn, compositeur et chef d'orchestre (1874-1947). Amant de Marcel Proust entre 1894 et 1896 (il l'avait connu dans le salon de Madeleine Lemaire.)
Pour entendre la chanson, cliquez ici : Qu'est-ce qu'il faut pour être heureux (ou sur les écouteurs en haut).
(Les références sont ici.)
Publié par Alain Bagnoud à 10:58:45 dans Chansons | Commentaires (1) | Permaliens
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