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Huxley, polyphonie, Londres, 1926 | 25 février 2008

 Je me posais des questions. C'est qu'il s'agissait d'être sérieux. Par exemple C R W Nevinson, Amongst the Nerves of the World, oil on canvas c.1930: Contrepoint d'Aldous Huxley est-il un roman polyphonique ? Du genre de ceux, vous savez, dans lequel de multiples voix s'entendent ?
Mais là, le narrateur est omniprésent, pour ne pas dire omniscient, il ne laisse pas les rênes de l'histoire aux personnages, ne leur laisse pas mener le récit à leur guise, leur passe simplement la parole lors qu'ils ont quelque chose à dire, lors de discussions entre eux.
Donc, peut-être s'agit-il, me disais-je, plus simplement d'un roman contrapuntique. Un roman à contrepoints.
Ça dit quelque chose à ceux qui se sont intéressés à la théorie littéraire, non ? Bakhtine, ce genre de choses. Des vieux souvenirs... Des choses floues.
Bakhtine parlait de Dostoïevski et remarquait toutes les voix qui s'exprimaient librement dans ses romans, qui se combattaient. Dostoïevski lui-même en tant que narrateur semblait habité par plusieurs personnalités.
Le contraire du roman monologique, où une seule voix s'impose, celle de l'auteur.
Puis Bakhtine avait évolué, et finalement, il semble qu'il considérait que tout roman était polyphonique, ou plutôt, polyphoniste.
Simplifions en citant Alexandre Dessingué, chez qui je suis allé rafraîchir ma mémoire (sur l'excellent site fabula).
«  L'image de la polyphonie et du contrepoint indique seulement les nouveaux problèmes qui surgissent quand la structure du roman sort de l'unité monologique habituelle »
Peu importe, donc, n'est-ce pas ? Ou peut-être que ça importe beaucoup, mais, disons, pas dans le cadre de ce blog.
Enfin, avec tout ça, j'ai atteint la longueur du billet que je m'étais impartie. Je vous parlerai de Contrepoint une prochaine fois.

Publié par Alain Bagnoud à 10:02:00 dans Lectures | Commentaires (2) |

25-02-2008  21:26  25-02-2008 21:26
Oui, le dialogisme  De  Anthropia  Sujet:  Oui, le dialogisme Url: [Liens]
Bakhtine, le dialogisme, mais aussi Genette, quand la narration devient plurielle, intra ou extra diégétique, à l'intérieur ou à l'extérieur du récit, le narrateur avançant in petto, tout-puissant ou pas, ou intra-diagétique, qu'on suit pas à pas jusqu'à ce qu'il annonce sa propre mort (Jean Vautrin, par exemple, dans la petite vendeuse de Prisunic). Moi aussi Bakhtine, ce sont des tas de souvenirs de fac.
25-02-2008  11:44  25-02-2008 11:44
Bakthtine  De  a. cane  Sujet:  Bakthtine
Ce nom, c'est comme la madeleine de Proust. Toute une période à l'université que nous avons vécue. Je me demandais en te lisant si ce théoricien a encore sa place dans les références de l'auguste institution. Non propablement, car là comme ailleurs, les modes passent.

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