
Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)
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Publié par Alain Bagnoud à 08:41:21 dans Chansons | Commentaires (5) | Permaliens
Publicité. Dimanche prochain, le 3 février, je suis invité à faire une lecture à La Compagnie des Mots, dans la jolie ville de Carouge.
La Compagnie des Mots. Quel beau nom ! Un beau projet aussi. Voyez plutôt:
"Lancée en août 2005, l'association La Compagnie des Mots a pour vocation de promouvoir l'écrit sous toutes ses formes et d'ouvrir l'accès à cette expression culturelle au plus grand nombre possible, sans discrimination, dans un environnement propice et convivial, dans un lieu qui ne soit ni une organisation caritative ou sociale, ni un club pour personnes privilégiées." (C'est tiré de la page d'accueil de leur site.)
Donc, le 3 février dès 17 heures, je lirai des extraits de mes deux derniers livres. Saint Farinet et La leçon de choses en un jour. Après 45 minutes de lecture, il y aura un échange avec le public. L'entrée est libre. (On peut acheter les livres.)
Comme on dit, avis aux amateurs.
Arcade « Au bonheur des mots », 33, rue Vautier, 1227 Carouge, tél: 078 665 64 96
Publié par Alain Bagnoud à 12:09:17 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
La Bâtarde, de Violette Leduc, est donc un chef-d'œuvre autobiographique.
Qui raconte une existence peu banale. Violette Leduc est née bâtarde, d'une domestique engrossée par le fils du maître. Traitée durement par sa mère pour qui elle incarne la faute et le mépris social qui la suit, elle vit à Valenciennes avec sa grand-mère qui, elle, lui donne de l'affection et restera pour Violette un souvenir tendre et réconfortant. Elle connaît ses premières amours saphiques en internat. Puis elle monte à Paris.
Elle fait de petits boulots dans l'édition, le cinéma et le journalisme, tourne autour de l'écriture, jusqu'à ce que Maurice Sachs la lance définitivement dans la rédaction de romans - et accessoirement dans le marché noir : c'est la guerre.
Violette Leduc, avec un corps élégant mais un visage peu conforme à la beauté classique. Simone de Beauvoir, son amie, son soutien, son mentor, parlera à son propos de « brutale laideur ». Violette Leduc bisexuelle, commençant par des femmes, se mariant ensuite avec un homme dont elle exige une profuse activité sexuelle, tombant amoureuse régulièrement d'homosexuels avec qui rien n'est possible : elle refuserait leurs avances s'ils lui en faisaient, puisqu'elle n'est pas un garçon. Si, c'est très logique. Violette Leduc éprouvant des passions pour des femmes inaccessibles, comme Simone de Beauvoir par exemple.
Bref, Violette Leduc n'est pas simple. Violette Leduc est même violemment perturbée. Elle a des tendances maniaco-dépressives, connaît les asiles psychiatriques et n'est pas facile à vivre.
Dans La Bâtarde, l'auteur se fait un devoir de dire tout ça ou au moins de l'évoquer. Ce qui a fait scandale lors de la publication du livre (1964). Elle parle de sa sexualité, évoque ses crises, ses difficultés, sa vitalité, sa rudesse, sa laideur. C'est un portrait d'elle-même qui est fort, troublant, attachant.
Et puis le contexte intéresse aussi. Les anecdotes, l'époque, les gens. La mode, par quoi elle est fascinée. Les couturiers les plus cèlèbres de l'époque. Les écrivains de Plon où elle est échotière. Les acteurs et des mondains chez Synops, une boîte qui s'occupe de cinéma. Maurice Sachs, avec qui elle vit quelques mois.
Et cette écriture !
Violette Leduc, La bâtarde, L'Imaginaire Gallimard
Publié par Alain Bagnoud à 09:30:41 dans Panthéon | Commentaires (0) | Permaliens

Ulysse ? Les prétendants ? Oui. Claude-Inga Barbey établit un parallèle régulier entre son héroïne, qu'elle renomme Pénélope, et l'Odyssée. Histoire de donner à son histoire de la profondeur, du sens, de la généraliser. Le livre se termine d'ailleurs en Grèce, par une conclusion paradoxale, mais logique puisqu'Ulysse finalement ne revient pas : « C'est décidé. Pénélope part en voyage. »
Pourquoi pas ? Le parallèle est parfois éclairant, parfois juste anecdotique, mais ce n'est pas la première fois qu'on utilise les mythes grecs à toutes les sauces. Plus gênantes sont les quelques incohérences du récit. Comment expliquer par exemple que cette Gilda riche, qui a des propriétés et entretient son mari, travaille comme serveuse dans un bar ? L'essentiel, quand même, est ailleurs. Dans la petite musique de Claude-Inga Barbey, ce chagrin et ce charme. Dans son don d'observation du quotidien qui lui fait épingler en quelques notes un être, une situation.Publié par Alain Bagnoud à 08:42:34 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Alain Bagnoud à 11:27:29 dans Théâtre | Commentaires (3) | Permaliens
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