JUSTE PARU
Voir ici 
Articles de presse
LA TRILOGIE
Voir ici
Articles de presse
Articles de presse
Articles de presse
Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Il y a un personnage réel au centre de ce roman. Alfred C. Kinsey. 1894-1956.Un zoologue, spécialiste des cynips, qui sont, comme tout le monde l'ignore, des insectes. Des sortes de parasite sans ailes.
Mais Kinsey est connu pour autre chose. Il est l'un des inventeurs de la sexologie. Il a publié deux célèbres livres au début des années cin
quante. Rapport sur la sexualité des hommes et Le comportement sexuel de la femelle humaine. Basés sur des entretiens. Kinsey avait l'ambition d'interroger cent mille personnes, de faire un panorama exhaustif de tout ce qui avait trait à la sexualité américaine et de travailler à la libération des mœurs.
Pour parler de ce personnage, T.C. Boyle invente Milk, un étudiant qui entre en contact avec Kinsey en 1939. Le prof donne un cours sur le mariage à l'université de l'Indiana, réservé aux élèves mariés ou fiancés. Milk devient son assistant. Il se fait dépuceler par Kinsey qui est bisexuel, puis Madame Kinsey prend le relais et lui apprend tout ce qu'il doit savoir sur les femmes.
Fidèle d'entre les fidèles, Milk suit Kinsey dans son entreprise ultérieure. Mais quand il se marie, sa femme n'est pas exactement ravie de le voir sous l'emprise de ce manipulateur arrogant, indiscret, débauché, qui réalise tous ses fantasmes sous le couvert de la science.
Le roman culmine dans une scène où Kinsey réunit ses collaborateurs, les fait se déshabiller et les filme en train de baiser, distribuant les rôles, jouant lui-même le rôle du sultan au milieu de son harem d'hommes et de femmes, les exhortant à être sans pudeur, ni inhibitions, ni prohibitions. Mais tout s'effondre quand la femme de Milk refuse ses avances et s'enfuit alors que Milk s'attaque au grand homme et le jette à terre.
C'est Milk qui raconte cette histoire, après la mort de Kinsey. Ça donne un gros roman qui se lit bien, les longs soirs d'hiver au coin du feu, mais qui ne casse pas des briques. Boyle sait raconter des histoires, développer, créer des ambiances, mener une intrigue. Son livre donne une impression de travail très bien fait mais on y chercherait en vain de l'originalité - à part celle du personnage principal, dont la présence et les obsessions ne suffisent pas à mettre suffisamment de poivre et d'excitant dans ce texte finalement assez convenu.
T.C. Boyle, Le cercle des initiés, Grasset
Publié par Alain Bagnoud à 09:24:56 dans Lectures | Commentaires (2) | Permaliens
Il y a quelque chose de fascinant et quelque chose d'agaçant dans les proses de François Beuchat.
Ce qui est fascinant : la phrase, la beauté de la langue, la nostalgie poétique, un côté proustien dans la reconstitution du passé.
Reconstitution fragmentée chez Beuchat, dont tous les textes sont les facettes sauvées d'un miroir enfoui, une suite de moments discontinus, privilégiés, éléments d'une globalité qui se perçoit dans l'avance en pointillé d'une œuvre perpétuelle et inachevable.
Ce qui est agaçant : les trucs, les ficelles inutiles.
Beuchat veut à toute force boucler chaque petite prose, en faire quelque chose de circulaire, une miniature close. Ça l'amène par exemple à des répétitions systématiques de phrases pour finir ses textes, pour leur donner une conclusion et comme une sorte de chute. Une coquetterie qui fait, à la longue, monter l'exaspération du lecteur.
Comme si Beuchat n'avait pas assez confiance en la force de son écriture et devait recourir à des afféteries, à des procédés systématiques pour donner une forme plaisante à ses fragments.
C'est une analyse fausse : son écriture est magnifique et n'a besoin d'aucun soutien artificiel pour que son charme et son pouvoir de résurrection opèrent.
(François Beuchat, L'Inadapté, Editions D'autre Part)
Publié par Alain Bagnoud à 08:31:48 dans Lectures | Commentaires (1) | Permaliens
Depuis le 14-09-2006 :
6221357 visiteurs
Depuis le début du mois :
41516 visiteurs
Billets :
1230 billets
Commentaires