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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
<< Le Parnasse | Discours sur les sciences et les arts, par Jean-Jacques Rousseau | Céline, Ramuz, l'école, mai 68 et les valets du pouvoir >>
C'est par ce discours que Rousseau est entré en littérature à 38 ans. On connaît l'histoire. Il rendait visite à son ami Diderot, emprisonné dans le donjon de Vincennes. Il a vu, dans un journal je crois, la question du concours de l'Académie de Dijon. Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les mœurs.
Du coup, explosion, éblouissement ! Rousseau devient un autre homme (c'est lui qui le dit).
Il se met immédiatement, là, en chemin, à écrire une partie de son Discours. La prosopopée de Fabricius, un austère consul romain, qui aurait été choqué, pense Rousseau, de voir le luxe qui a suivi sa mort.
Comme lui, Rousseau estime que les sciences et les arts sont liés à la décadence.
Au départ, dans une sorte d'âge d'or indéfini et fantasmé, il y avait la franchise rustique, la liberté originelle, la pauvreté, la vertu. Les vraies valeurs. Amour de la liberté, de la patrie, de la religion, frugalité, simplicité.
Et pas besoin de philosophie pour les connaître ! Ces « principes ne sont-ils pas gravés dans tous les cœurs, et ne suffit-il pas pour apprendre tes lois [celles de la vertu] de rentrer en soi-même et d'écouter la voix de sa conscience dans le silence des passions » ?
Puis, estime notre philosophe, à mesure que se sont développées les lois et les institutions, depuis la « barbarie » du Moyen Age (le mot est de Jean-Jacques), les a accompagné le développement des sciences et des arts qui « étendent des guirlandes de fleurs sur les chaînes de fer. » (Comment ne pas citer cette phrase ?) Qui affermissent le pouvoir et la tyrannie, donc.
Alors, tout fout le camp. Les gens deviennent hypocrites, superficiels par envie d'être applaudis, oisifs, vaniteux. La vertu militaire et les qualités morales se perdent. Nombreux exemples, partout dans l'histoire. Rousseau les cite tous. Seuls sont sauvés les grands esprits, à condition qu'ils conseillent les rois et mènent les peuples vers la sagesse retrouvée.
Bon, il est difficile de croire désormais que l'amour de la liberté et le respect de l'autre fleurissent dans les tribus. Cette idée du bon primitif bien rustique que le progrès corrompt, elle était novatrice, révolutionnaire, originale, elle inspire encore des mouvements de retour à la nature comme ceux des écologistes, mais on en est globalement un peu revenu.
Rousseau jamais. L'Académie de Dijon couronne son discours en 1750, et c'est le début de la gloire - et des ennuis.
Et des travaux scolaires ! J'ai lu ce texte à cause de ma fille Eveline. Celle qui revient de Chine, vous savez. Un devoir d'école.
Heureusement qu'elle existe, l'école ! Sans elle, il n'y aurait plus de classiques, et je n'aurais jamais pris connaissance de ce texte à la construction obscure et à la langue somptueuse : rigueur, précision, force, expressivité, chaînes de personnifications et de métaphores, sombre éclat du langage... Quel maître !
Publié par Alain Bagnoud à 10:02:12 dans Rousseau | Commentaires (3) | Permaliens
25-10-2008 18:59
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jolies fleurs
05-11-2007 20:46
De kors Sujet:
3 Rousseau
05-11-2007 16:47
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