Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Le blog d'Alain Bagnoud...

fonctionne au ralenti pendant l'été

Alain Bagnoud

Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)

DERNIERS LIVRES PARUS (CLIQUEZ POUR COMMANDER)

 Alain Bagnoud, La leçon de choses en un jour


Alain Bagnoud, Saint Farinet


Alain Bagnoud, La proie du lynx

Compteur

Depuis le 14-09-2006 :
495950 visiteurs
Depuis le début du mois :
29740 visiteurs
Billets :
546 billets

Rechercher dans ce blog

Octobre

DiLuMaMeJeVeSa
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031   

FreeCompteur Live

libstat


statistiques

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

La marche a des vertus (2) | 31 octobre 2007

"La marche est libératrice. En montagne, elle procure une ivresse accentuée par l'oxygène et la proximité du ciel. C'est la meilleure purification qui soit. Les mauvaises pensées affluent, comme les toxines, sous l'effort ; celles-ci évacuées, l'esprit fait place nette aux réflexions plus nobles. Bien sûr, il faut un certain temps pour cela ; la sagesse ne tolère pas l'impatience."
                                                                 Serge Bimpage, Pokhara (Editions de L'Aire)

Publié par Alain Bagnoud à 11:41:19 dans Citations | Commentaires (5) |

Appel du Terrier | 30 octobre 2007

Le Terrier, à Genève, lance un appel que je suis content de relayer.
Ce petit théâtre indépendant a créé depuis 1999 trente-huit spectacles de lectures. Des mises en scène intéressantes, avec d'excellents coPortrait imaginaire de Sade, par Man Raymédiens, des textes originaux, un réseau d'échange et de liens. L'association fait le bilan :
« Un acquis précieux, assorti d'un désir d'aller plus loin encore, tant au niveau des textes à faire entendre que du public à élargir - et pour cela, nous avons besoin, bien sûr, de votre soutien. »
On peut donc devenir membre (50 francs par an et deux invitations offertes), membre abonné (100.-  et une invitation à l'année) ou membre donateur, « c'est-à-dire obtenir la possibilité, pour toutes les lectures de la saison, de passer devant le « chapeau » sans rien y déposer - et avoir la conscience absolument tranquille... ainsi que la satisfaction encore plus forte de soutenir une entreprise artistique hors du commun -sans compter notre reconnaissance éternelle). »
Leur reconnaissance éternelle ? Ah, n'hésitons pas !
Voici l'adresse : Association Le Terrier, 71 bd de la Cluse, 1205 Genève. Et le mail : leterrier@bluewin.ch. Pour s'inscrire ou demander à être informé sur les spectacles.
Et pour vous appâter, le programme de l'année. Rien que des pointures :
Alexandre Vialatte                      par Jean Bruno
H. Guibert et Zouc                      par M.-A.Borsinger
Primo Lévi                                 par Philippe Lüscher
Adrien Pasquali                         par Nicolas Rinuy
Italo Svevo                                par Louis Martinet
Sade                                        par André Neury

(Publié aussi dans Blogres)

Publié par Alain Bagnoud à 08:50:22 dans Théâtre | Commentaires (3) |

Albertine et les jeunes filles en fleur | 29 octobre 2007

      Bord de mer par Stupar
Albertine change sans cesse aux yeux du narrateur et lui échappe. Il ne peut retrouver l'image caractéristique qui révèlerait son identité d'un coup. Pas plus d'ailleurs qu'il ne réussit à reconstituer les traits de son visage qui lui semblent flotter, se déplacer, l'un prenant soudain une telle importance qu'il semble le centre de la physionomie à quoi tout se coordonne, puis le lendemain, c'est un autre.
Même incertitude en ce qui concerne la bande des jeunes filles en fleur de Balbec. Elle a le charme, les parures, l'organisation un peu lesbienne des groupes de jeunes vierges. Mais aussi l'arrogance, la cruauté, l'énergie sportive et la testostérone d'une bande de jeunes prolétaires. La vitalité de pseudo-voyous populaires et la nonchalance causante de collégiennes bourgeoises. Et elle inclut encore d'autres groupes plus nuancés.
Quelle est la vraie Albertine ? L'ensemble de toutes ces images et de toutes ces informations. Comme la vraie bande des jeunes filles en fleur est l'ensemble de toutes ses manifestations, autant dissemblables qu'elles puissent paraître.
Puisque la réalité n'existe pas en soi, semble dire Proust, mais seulement dans le moi de l'individu, et ne trouve son unité que dans la mémoire et le temps.

Publié par Alain Bagnoud à 08:47:36 dans Proust | Commentaires (0) |

Journal des Goncourt (4) | 26 octobre 2007

Je me demande parfois pourquoi je continue la lecture de l'interminable Journal des Goncourt (voir ici, ici et ici).
Un portrait fait par GavarniEn 1889, Edmond est un vieil auteur désagréable, grognon, vantard, jaloux, aigri, méprisant, persuadé que ses gigantesques qualités sont méconnues volontairement par les critiques, et que tout ce qui compte dans la littérature pille ou a pillé impunément ses œuvres.
En plus de toutes ces belles qualités, il est antisémite, ne perd pas une occasion pour déblatérer contre la juiverie, vit replié entre la famille Daudet et le salon de la princesse Mathilde dont il ne nous passe pas une intrigue, s'attache particulièrement au minutieux compte-rendu fastidieux des démêlés de celle-ci avec son amant Popelin.
Et ses goûts picturaux : il est le seul à savoir voir, met au-dessus de tout Gavarni, un peintre-caricaturiste oublié aujourd'hui, n'aperçoit dans les tableaux des impressionnistes que de « la peinture plâtreuse, à la colle »...
Et puis soudain, une description fulgurante, magnifique :
« Un ciel mauve, où les lueurs des illuminations mettent comme le reflet d'un immense incendie, un bruissement de pas faisant l'effet de l'écoulement de grandes eaux, la foule toute noire, de ce noir un peu papier brûlé, un peu roux, qui est le caractère des foules modernes, une espèce d'ivresse sur la figure des femmes, dont beaucoup font queue à la porte des water-closets, la vessie émotionnée, la place de la Concorde : une apothéose de lumière blanche, au milieu de laquelle l'obélisque apparaît avec la couleur rosée d'un sorbet au champagne, la tour Eiffel faisait l'effet d'un phare laissé sur la terre par une génération disparue, une génération de dix coudées. » (6 mai 1889)

Publié par Alain Bagnoud à 10:01:11 dans Lectures | Commentaires (5) |

Jean-Pierre Amette, La Maîtresse de Brecht, | 25 octobre 2007

Vous avez déjà entendu parler de ce roman ? La Maîtresse de Brecht ? Non ? Il a pourtant obtenu le Prix Goncourt en 2003.
Je l'ignorais quand je l'ai pris dans les rayonnages d'une bibliothèque publique. C'est le titre qui m'a intéressé, et quelques pages que j'ai lues sur place - et peut-être, oui, le vague souvenir dBertolt Brecht'articles dans la presse. Mais il n'a pas obtenu un grand succès malgré son prix, il me semble. C'est peut-être parce qu'il est assez intéressant.
Il y est question du retour de Bertolt Brecht à Berlin-est. Nous sommes en 48. Le dramaturge s'était réfugié aux Etats-Unis, mais il a dû partir, poursuivi pour activités anti-américaines et parce qu'il se déclare marxiste. L'Allemagne de l'est l'accueille et va faire de lui son grand homme. Ça, c'est la façade. Par derrière, il est surveillé, épié, admonesté. Les services secrets utilisent plusieurs de ses proches et de ses acteurs pour recueillir ses moindres faits et gestes.
C'est le cas de Maria Eich. Elle a été compromise par son père et son mari, nazis notoires, mais c'est tout de même d'un « cœur ardent et pur » qu'elle accepte sa mission. Elle devient la maîtresse de Brecht. Elle n'est pas la seule. Le dramaturge dans la cinquantaine s'attache à baiser toutes les jeunes actrices qu'il rencontre, menant de multiples aventures de front, traitant ces femmes comme des objets qu'il utilise à sa guise, exploitant son pouvoir sur elles.
C'est du moins ce que décrit Amette. Son roman à l'écriture elliptique est curieusement anti-érotique. On y parle beaucoup de sexe et de coucheries, mais on a à chaque fois l'impression qu'il s'agit d'un acte d'oppression, que les femmes n'y trouvent pas le moindre plaisir, qu'elles sont dépourvues de toute sensualité, qu'elles se forcent par obligation ou par intérêt.
Maria est fascinée par Brecht mais ne l'aime pas. Elle aime son officier traitant qui refuse d'avoir une relation avec elle, par sens du devoir. Elle suit une trajectoire descendante : elle veut devenir la plus grande actrice allemande, elle obtient un premier rôle dans Antigone, puis des rôles secondaires, puis abandonne le théâtre et donne des cours de langue dans un institut provincial. Mais elle finit apaisée, finalement, à cause de cette renonciation.
Et Brecht ? Oui, c'est ce qui fascine. Un metteur en scène ouvert, qui veut éduquer le peuple et dont le régime se méfie, qui écoute les suggestions de ses acteurs, hésite, théorise parfois, écrit des poèmes, et dont les œuvres ne ressemblent à rien.
Encore une fois, on se retrouve devant le mystère de la création, insoluble. Sans pouvoir percer, ni même effleurer le génie, son fonctionnement et ses réalisations.

Jean-Pierre Amette, La Maîtresse de Brecht, Albin Michel

Publié par Alain Bagnoud à 08:39:19 dans Lectures | Commentaires (2) |

1| 2| 3| 4| 5| >>