Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Vendanges | 08 octobre 2007

   Bacchante exécutant une danse en l'honneur de Dionysos le Libérateur, villa des Mystères de Pompéi

   (Bacchante exécutant une danse en l'honneur de Dionysos le Libérateur, villa des Mystères de Pompéi)

J'ai fait un week-end de vendanges un peu prolongé, depuis vendredi matin, en Valais. Les vignes aux feuilles qui jaunissent ou rougissent mais la nervure est restée verte. Les caves aux odeurs de moût où on égrappe, transvase, fait cuver. Les carnotzets où on boit.
Nous avons samedi cueilli et pressé le fendant pour la consommation familiale. On le prend dans ma vigne des Rayes. 53 caissettes. Trois caissettes donnent une brante. C'est l'ancienne mesure de la région. Une brante donne 40 litres de vin.
Rassurez-vous, je ne suis pas seul à boire tout ça : ça concerne aussi mes parents, mes sœurs, mes beaux-frères...
Et, rassurez-vous encore, nous ne buvons pas que du fendant. Nous encavons également du johannisberg, de l'arvine de l'amigne, du païen, du rosé, et quelques tonneaux de rouge (humagne, pinot, gamay, dôle, diolinoir...) Et puis nous vendons aussi un peu notre vendange. Le surplus. Mon père et mon beau-frère sont des professionnels.
Enfin, en ce qui concerne le raisin, je peux donner de bonnes nouvelles à tout le monde. La récolte est de qualité. Les vignerons avaient quelques soucis suite à des attaques de mildiou et à de l'humidité chaude, récemment, propice à la pourriture. Non, ça va. L'ennemi a été repoussé ou contenu.
Et les quantités ? Moyennes. 900 grammes par mètre pour les rouges. Dans les spécialités, ça dépend. Mais enfin, nous aurons en tout cas à boire... 

Publié par Alain Bagnoud à 09:10:22 dans Journal | Commentaires (6) |

Dernier rites, par Angel Corredera | 05 octobre 2007

En janvier 1970, un train déraille à la sortie du tunnel de Somport, dans les Pyrénées, à Canfranc. Adam Nada échappe à la mort, mais pas ses parents, des immigrés partis chercher du Angel Correderatravail loin de chez eux. Le petit garçon est placé dans une famille d'accueil qui l'adopte. Les Tremblay. Nathan, Alice et leur fille Esther.
Nathan est enseignant, Alice hôtesse de l'air à mi-temps. Tous les deux sont pris dans la bourrasque des années hippie, suivent le mouvement, ses utopies, ses rêves et ses expériences, du communautarisme autogéré à la découverte de soi par les drogues, en passant par la liberté sexuelle, le combat politique et les spiritualités délirantes.
Après une exploration systématique des hallucinogènes, Nathan finit par y perdre la raison, victime d'un ultime buvard de LSD qui le laisse prostré, muet, immobile, son esprit en cercle fermé dans les connexions nouvelles que l'acide a créées. Désemparée, perdue, Alice disparaît dans un ashram, victime d'un quelconque gourou, et abandonne les enfants à leur sort.
Ces scènes et d'autre encore, Adam les a filmées avec une caméra que lui avait achetée Nathan. Deux décennies plus tard, il y a encore des retrouvailles précautionneuses avec Esther, la mort de Nathan et une rencontre avec une Alice vieillie. Il y a aussi la visite de Canfranc trente ans après l'accident qui a tué ses parents biologiques. Il y a un livre fait avec tout ça, d'une écriture dense, sourde, puissante, qui se développe par cercles concentriques autour de deux scènes fondamentales. L'accident de chemin de fer, la nuit où la raison de Nathan lui a échappé. Deux scènes qui précèdent les deux abandons auxquels Adam Nada a dû faire face.
Derniers rites est un livre qui a une grande puissance d'évocation. Qui dessine autant des trajectoires individuelles que le portrait d'une époque, vue à travers la description des mœurs, des usages, mais aussi par l'évocation d'images et de films. Ceux qu'a tournés Adam Nada, Zabriskie Point d'Antonioni, One american Movie, One PM de jean-Luc Godard, mais aussi le feuilleton télévisé Chapeau melon et bottes de cuir et le film pornographique Deep throat de Gerald Damiano
Roman d'une époque : entendons-nous ! Angel Corredera se signale moins par une analyse du mouvement hippie que par un questionnement incessant de son sens, par l'illustration des attitudes que prônait cette époque, par une analyse des croyances et des relations.
On voit à travers ses personnages des êtres qui cherchent une chose mal définie mais qu'ils croient probable. Une utopie dont ce qui frappe est qu'elle n'est pas déterminée, ni précise. C'est une grande chose vague à l'horizon, qui se détache sur la grisaille du passé mais qui n'a pas de forme, même si elle véhicule une énergie et un espoir de changement, dont le bilan, trente ans plus tard, si l'on en croit Angel Corredera, est très amer.

(Editions de L'Aire)

Publié par Alain Bagnoud à 07:52:04 dans Lectures | Commentaires (5) |

Angel et les écrivains | 04 octobre 2007

Je suis très impressionné par Derniers rites. Un roman d'Angel Corredera, paru aux Editions de l'Aire.
Qui est Angel Corredera ? Mystère. La seule information sur lui que nous donne son livre est qu'il a écrit un premier roman, La Confrontation. L'internet n'est pas tellement plus bavard. Il serait né en 1970.
Quelques écrivainsPeu importe d'ailleurs. Sinon que lorsqu'on apprécie le travail d'un artiste, on est forcément intéressé par sa personne tant la création est liée avec l'individualité et le moi profond.
Celui qui, justement, parfois, n'apparaît pas dans la vie sociale. 
Il est donc vrai qu'on ne peut qu'être déçu par la rencontre avec les auteurs. Les plus talentueux sont forcément inférieurs à leurs livres. On en attend des formules heureuses, de grandes idées, un personnage brillant, et on se retrouve face à un petit bourgeois terne qui fait du bruit en mangeant son potage et répète tous les vingt mots l'expression « en somme ».
Et si l'écrivain est supérieur à son œuvre, quelle tristesse ! Comment, se dit-on, ce personnage enthousiasmant, plein de charisme et d'une expression si étincelante,  n'arrive-t-il pas à faire passer dans sa prose son originalité et se retrouve-t-il à aligner les clichés et les banalités dans ses textes.
Je me souviens d'une surprise, lorsque j'étais jeune homme, frais émoulu de l'université, et que j'avais assisté à une rencontre avec des écrivains. Ils étaient invités en nombre par une école, pour une sorte de festival.
Je n'avais jamais vu autant d'auteurs au mètre carré, et des connus, Nicolas Bouvier par exemple. D'autres un peu moins célèbres mais que j'avais lus et dont j'avais aimé les textes. Une bande d'hommes et de femmes plus très jeunes, la plupart mal vêtus, ternes, qui faisaient tous les efforts du monde pour s'éviter ou établir des colloques discrets en jetant des regards prudents sur leurs collègues.
Non, ne nous occupons plus des auteurs, seulement de leurs livres. C'est décidé : la prochaine fois, je vous parlerai de Derniers rites, d'Angel Corredera.

Publié par Alain Bagnoud à 08:29:04 dans Journal | Commentaires (2) |

Prix de la loterie romande | 02 octobre 2007

                      Danse d'Appolon avec les muses, par Baldassare Peruzzi (1481-1536)
Comme tout arrive, je suis désormais juré d'un prix. Celui de la loterie romande, décerné par l'Association des écrivains valaisans. Un prix cantonal, mais dont les candidats cette année sont assez intéressants. Jugez plutôt :

Catherine Ballestraz, pour Comment vas-tu ?

Marianne Claret, pour La parole amputée

Bastien Fournier, pour Salope de pluie

Catherine Lovey, pour L'homme interdit

Jérome Meizoz, pour Le rapport Amar

Eric Masserey, pour Le Sommeil séfarade

Pascal Praplan, pour Cave.

Ne déduisez rien de l'ordre de cette liste : elle est alphabétique. Mais comme vous voyez, c'est une bonne moisson. Des textes divers et intéressants.

Mon choix a été fait en mon âme et conscience, et, surtout, en toute subjectivité. J'ai mes préférés, bien entendu, mais je ne vous dirai pas pour qui est mon vote.

Et puis je ne suis pas seul à décider. Comme autres jurés, il y a Madame Gaby Zryd-Sauthier et Monsieur Jacques Herman (qui tient aussi un blog de poésie). Les mécontents sont priés de s'adresser à eux.

Le résultat ? Ici, dès qu'il sera public.

Publié par Alain Bagnoud à 09:03:43 dans Journal | Commentaires (7) |

Le triomphe de Gombrowicz ? | 01 octobre 2007

Les valeurs de Gombrowicz ont-elles triomphé ? A-t-il été le grand prophète de notre modernité, et un de ses moteurs, par ses réflexions sur l'immaturité et la forme ?

Witold Gombrowicz et sa femme RitaC'est plus ou moins une question que j'ai trouvée sur le net, dans une page sur Gombrowicz : ici.
Je cite le passage qui m'intéresse :
« Comment est-ce que cela évolue dans notre société actuelle ? J'ai l'impression que récemment (depuis 1990 environ), la tension est retombée : l'Informe est maintenant devenu acceptable, normal. Il est normal, et même louable, de ne pas avoir de conscience politique, sociale, religieuse, morale bien définie. En clair, ça veut dire que l'incohérence, la contradiction, l'immaturité sont devenues acceptables. Je ne sais pas si c'est mieux. »
Et encore, quelqu'un d'autre :
« L'immaturité informe semble consacrée par la modernité qui ne propose plus aucun cadre structurant, qu'il soit d'ordre politique, social ou religieux. »
Effectivement, des valeurs comme l'infantilisme ont bien triomphé. Voir toute sa critique par les nouveaux réacs, emmenés par Philippe Muray, dont les œuvres dénoncent cette tare de notre société. Avec comme exemple ces adulescents, qui se complaisent dans le refus de grandir. Avec cette absence généralisée de valeurs, de projets, de transcendance. Ces rêves naïfs de célébrité et de présent.
Mais tout ceci est commercial. Lié à cette mesquinerie, à cette idiotie humaine que Gombrowicz dénonçait. En outre, il y a une forme à tout ça, une forme bien précise, qui est celle du marché. Car à travers tout ça, il s'agit de vendre. Des vêtements, de la musique, des divertissements.
Cette immaturité contemporaine n'est pas synonyme de candeur, d'ingénuité, de naïveté, mais de modèles de comportement imposés, admis. Prenez les adolescents, l'exemple même de l'informe pour Gombrowicz. Regardez-les aujourd'hui se regrouper en tribus pré-définies dont ils reprennent les rites, les vêtements, les parlers, la musique, à la recherche pathétique et angoissée d'une forme. Une forme figée, artificielle, lourde, oppressante, presque fasciste.
Gombrowicz au contraire entendait par immaturité la recherche de l'innocence, le refus du sérieux, une sorte de légèreté.
Un concept tout à fait différent de celui qui s'est imposé.

Publié par Alain Bagnoud à 09:01:39 dans Journal | Commentaires (2) |

<< |1| 2| 3| 4|

Rechercher

Archives

Octobre

DiLuMaMeJeVeSa
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031   

Compteur

Depuis le 14-09-2006 :
6221357 visiteurs
Depuis le début du mois :
41516 visiteurs
Billets :
1230 billets

FreeCompteur Live

libstat


statistiques

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03