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A bon(ne) entendeur(euse) | 22 août 2007

Mieux vaut rater un baiser que baiser un raté...
                                                               Anonyme

Publié par Alain Bagnoud à 10:36:34 dans Citations | Commentaires (4) |

A la recherche du temps perdu, par Marcel Proust : la famille du narrateur | 21 août 2007

Père et mère du narrateur. Le père est un balourd qui consulte son baromètre, qui n'a pas de système d'éducation, dont les principes varient comme le Marcel Proust, sa mère et son frère Roberttemps qu'il guette. La mère est plus fine.
On le voit par exemple lors du dîner avec M. de Norpois chez eux (A l'ombre des jeunes filles en fleur). Ce vieux diplomate que le père admire tant et qui n'a pour tout répertoire qu'un dictionnaire des lieux communs et des clichés d'ambassadeurs. Qui démontre que la diplomatie est une langue figée où chaque terme est pesé et où sa mise en rapport avec d'autres est considérée comme une opération de mathématique.
Norpois par exemple glose longuement sur le terme « affinités » qu'a employé un souverain étranger. Mais il n'a pas une idée propre, pas un jugement personnel.
Positions autour de Norpois : l'admiration du père qui se pâme à l'idée que son fils pourra, en devenant écrivain, entrer à l'académie comme l'a prévu le vieux. La soumission du narrateur qui voit en Norpois une puissance intellectuelle et ne se rend pas encore compte de sa nullité (il se vengera en écrivant). La perspicacité de la mère qui perce le vieil imbécile à jour mais se cherche des raisons de l'admirer, par amour pour son mari qui estime tant le vieil aristocrate. La mère : grande intelligence de la famille... La grand-mère, elle, incarne plus l'amour...

Publié par Alain Bagnoud à 08:51:08 dans Proust | Commentaires (0) |

Beau comme un vol de canards, par Michel Moret | 18 août 2007

Vendredi 17, soirée à Vevey, aux Editions de l'Aire pour la sortie du livre de Michel Moret. Beau comme un vol de canards. Une fête en plein air, dans la cour des éditions, avec de la paella, de l'intelligence, de la beauté féminine, de l'amitié, le goût des textes et des idées. Et pour boisson, du païen et de la syrrah. Tout ce que j'aime.
Michel Moret, c'est l'éditeur. Il est à la barre depuis plus de 25 ans. Avec des collaboratrices et des collaborateurs, bien sûr. Des gens de valeur. Mais lui toujours comme pivot. Sans sa passion, son goût du risque, son amour du Michel Moretlivre, L'Aire n'existerait pas. Il est partout, dans l'administratif, le littéraire.

L'année passée, il a tenu pendant cent jours un journal, au moment où sa maison d'édition lui semblait à un tournant, où il pensait peut-être la laisser en d'autres mains. Les circonstances ont infirmé ce scénario mais le livre existe. Très intéressant à plus d'un point de vue.
Anecdotiquement d'abord. Bien sûr. Ce sont les pépites en chocolat du cake. Ici : comment vit et travaille un éditeur. Ses relations avec les textes et les écrivains. Sa conception de l'industrie du livre, son esthétique, sa politique personnelle. Si vous voulez savoir comment chemine un éditeur indépendant...
Mais il y a plus, évidemment. Ce qui est strictement personnel à l'auteur. Une vision de l'existence, une sérénité, une croyance au destin. Une sagesse.

Allez, lâchons le mot : Michel Moret est un philosophe. Non qu'il fasse des théories complexes sur le sens de la vie. Ce n'est pas son genre. C'est un fils de paysan, qui se méfie des vaticinations, de la parole facile, des beaux parleurs vides et de la dilatation. Il est dans le condensé, dans le concis, dans le sens, dans la formule.
Mais ce retenu est un sage apaisé. Lisez ces paragraphes sur la mort ou la beauté. Savourez son amour de la vie.
C'est vrai, je ne suis pas impartial. J'aime Michel Moret, j'admire son travail, je lui dois beaucoup. Je lui trouve un goût exquis : il a publié tous mes livres. Je suis peu suspect d'objectivité ici, c'est un fait. Inutile de le nier.
Mais rien ne vous empêche de vous faire une opinion par vous-même. C'est ici.

Publié par Alain Bagnoud à 16:41:41 dans Lectures | Commentaires (2) |

Crash ! par J.G. Ballard | 17 août 2007

Trop long, trop fort, nourri de fantasmatique trop hard pour moi. Trop tout, quoi !
Crash ! lie sur 300 pages l'automobile, la pornographie et la mort. Eros, thanatos et les collisions de voiture.
Au début, un personnage nommé Vaughan meurt dans un accident de voiture volontaire qui visait à emboutir la star Elisabeth Taylor. Un narrateur nCrash! Une image tirée du film de David Cronenbergommé Ballard fait alors un flash-back et explique sa fascination pour Vaughan, qui mêlait dans un grand fantasme chocs frontaux, blessures, sang, tôles froissées, éjaculation de sperme sur le tableau de bord et mort clinique...
Ça a commencé quand Ballard a eu un accident sur un toboggan d'autoroute près de l'aéroport. Sa voiture a fait un tête-à-queue, il a embouti le véhicule suivant qui contenait un couple, a tué le mari et blessé la femme. Femme qu'il retrouve plus tard, alors que les images de l'accident l'obsèdent et prennent une tournure sexuelle.
Il devient l'amant de la dame. Tous deux font la connaissance de Vaughan, qui les a pris en photo le jour de l'accident, qui est branché sur les fréquences des ambulances, qui bondit sur les lieux d'accidents et mitraille à tout va. Vaughan couturé de cicatrices, dont le cercle proche est fait de cascadeurs automobiles ou d'éclopés survivants à des crash... Des gens nourris de mêmes fantasmes que lui, à qui se mêle Ballard. Vaughan qui veut finir par un dernier orgasme en emboutissant la voiture d'Elisabeth Taylor...
J'ai arrêté là, après 150 pages.

Publié par Alain Bagnoud à 09:12:40 dans Pas fini | Commentaires (4) |

Le musée Rietberg et les arts non européens | 15 août 2007

Le musée Rietberg à Zürich. Appelé aussi Musée des arts non européens.
Quand on va dans ce genre de lieu, on ne peut s'empêcher de comparer avec le Musée du Quai Branly C'est devenu la référence, Quai Branly. « Là où dialoguent les cultures. » Voulu par Jacques Chirac, un grand amateur.
Branly, c'est une architecture où on lit les espaces de l'extérieur. A l'intérieur, une sorte de labyrinthe caverneux, un peu étouffant parfois dans l'ambiance et l'accumulation, mais fascinant comme un vertige, attirant, dont on n'a plus envie de sortir. Qui hésite entre l'ambiance de l'aventure, de la découverte, la mise en valeur des objets et une organisation thématique censée donner du savoir. Shiva dansant, 11ème siècle, Musée Rietbert
Une grande question que pose ce genre de musées. L'ethnologue ne voit là que des objets de culte, religieux, symboliques, pratiques, et éclaire leur sens dans le rituel et le social. Le fervent d'art primitif ne s'intéresse qu'à leur beauté plastique.
Nous, amateurs peu éclairés, nous oscillons sans cesse entre ces deux pôles. Fascinés par l'esthétique et le spectaculaire de ce masque, par la forme de cette statue, curieux d'apprendre dans quelles circonstances ils étaient utilisés, brandis, et quel était leur pouvoir symbolique ou magique.

A quoi peut-être il faut ajouter une troisième question. La question historique.
De quand date ce bas-relief, cette estampe japonaise ? Que faisait-on en Europe à cette époque, où en étaient la civilisation, l'art ?
Je trouve un intérêt à ces musées sous ces trois angles. Avec parfois encore quelque chose d'un peu plus bas.
Quand je suis fatigué, je ne cherche plus que des ambiances. J'entre dans la salle des chamans ou du bouddhisme tibétain, je me laisse globalement envahir par une atmosphère, paresseusement, sans vouloir en savoir plus.
Enfin, le Musée Rietbert a des pièces très intéressantes, des collections riches. Plus clairement exposées qu'au quai Branly, plus didactiquement aussi.
Une partie des bâtiments sont neufs, les réserves sont accessibles, on peut s'y promener poétiquement. Le tout est dans trois pavillons et le parc autour est charmant.

Publié par Alain Bagnoud à 09:27:23 dans Expositions | Commentaires (2) |

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