
Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)
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Gombrowicz. Je suis en train de relire son journal. Plus particulièrement ses dernières années en Argentine et son départ pour Berlin.
Je me souviens parfaitement dans quelles circonstances j'avais parcouru ce texte pour la première fois. C'était à Paris. Mon ami peintre Miguel Sancho m'avait prêté son appartement. Mais il s'était passé quelque chose de bizarre. Après deux ou trois jours de ballade, la ville m'avait refusé de toute sa force.
J'étais pourtant plein de bonne volonté. J'essayais de sortir, de traverser la Seine, de me rendre à la Grande Bibliothèque, d'aller au Jardin des Plantes. Je traversais le parc de Bercy, je longeais le fleuve. Et puis je m'arrêtais. Il me fallait rentrer.
Et là, dans l'appartement rue Baron-Leroy, je passais des jours entiers à lire le Journal de Gombrowicz en buvant de la vodka. De la vodka ? Ce n'est pourtant pas dans mes habitudes. Mais j'étais probablement poussé par le goût de l'harmonie. Gombrowicz, la Pologne... Et ce texte fragmenté, avec son avidité de style et de réel, de frime et de vérité, cet esprit acerbe, libre, orgueilleux, aristocratique...
Pourtant, peut-être à cause de la vodka d'ailleurs, il résultait de ces textes une impression d'inachèvement, d'artificiel. Je restais à la surface et si je comprenais leur importance, je ne parvenais pas à saisir toutes les implications des thèmes essentiels de Gombrowicz. L'immaturité, la forme... Des notions pas facile à saisir...
Bonnes raisons, me direz-vous pour reprendre tout ça... Quelques années après. Est-ce que je suis plus éclairé? Je vais essayer de prouver que oui un de ces jours. Bientôt. (A suivre...)
Publié par Alain Bagnoud à 13:57:43 dans Lectures | Commentaires (2) | Permaliens
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