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Rivage de Barbarie, par Norman Mailer | 26 juin 2007

La distribution est prometteuse.
Six personnages dans un immeuble minable. Un amnésique, probablement blessé pendant la deuxième guerre mondiale (le roman se passe en 51), qui n'a plus ni nom ni identité. Une nymphomane, star de revues burlesques retirée des planches. Une fillette allumeuse et terrorisée. Un agent du FBI. Une schizophrène disciple de Trotski. Un ancien Stalinien qui se cache sous une fausse identité après avoir occupé une position importante dans le parti  communiste américain, avoir effectué des Norman Mailermissions dans les pays de l'est, avoir été un des agents de l'URSS pendant la guerre d'Espagne.
C'est lui qui est au centre de l'intrigue. Il a quitté le parti après le pacte germano-soviétique, a acheté son retour aux USA en acceptant de collaborer avec les services de renseignements, puis a disparu après une année de délation, en emportant un petit objet qui a une grande importance.
L'enjeu du roman : la survie de l'idée du communisme malgré ce qu'en ont fait les bolchéviques. Thème un peu daté, comme les idées brassées, mais passionnant.
La forme du livre, par contre, me semble moins réussie. Tout ce petit monde couche ensemble, se dispute, s'arrache des secrets en huis clos. Ça aurait fait une excellente pièce de théâtre, râpeuse, violente, tendue, cruelle. Comme roman, c'est dissertatif, abstrait. Peu visuel. Le genre de fiction dans laquelle on parle et où on ne voit rien...

Publié par Alain Bagnoud à 10:05:42 dans Lectures | Commentaires (1) |

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