Egalité des sexes | 28 février 2007

Je suis pour l'égalité des sexes, je prendrai moi-même les mesures.
Thierry Le Luron
Publié par Alain Bagnoud à 10:55:00 dans Citations
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L'enfant secret, par Jean-Michel Olivier | 27 février 2007
Qu'est-ce qu'il faut, pour faire un bon livre ? Un bon sujet ? Une adéquation de l'auteur avec son propos ? Une implication ? Une écriture ? Un angle thématique original ?
Il y a tout ça dans L'enfant secret de Jean-Michel Olivier. Un récit qui raconte la vie et la trajectoire des quatre grands-parents de l'auteur. Ça se passe dans deux pays. D'un côté la Suisse, plus particulièrement Nyon, avec un couple qui tient une auberge, dont la femme se recycle ensuite dans la couture des abat-jours et le mari dans une usine d'allumettes où il subit un accident de travail qui le rend invalide. Ce mari dont la passion est de marcher dans la campagne, toujours muni de son
appareil photo qu'il utilise un peu au hasard : il est presque aveugle.
De l'autre côté, l'Italie, avec une orpheline qui est la collègue de James Joyce à l'école Berlitz et un Autrichien italianisé après le changement de nationalité de Trieste, qui devient un photographe officiel de Mussolini, puis un de ses proches.
La grande histoire dans la petite. Et les photos des deux côtés. Elles constituent une aide à l'écriture, puisque c'est en les scrutant que le narrateur construit son récit, en une suite de flashs ou de courtes scènes. Avec une économie de moyens dans la langue qui est une réussite.
Un livre couronné par le prestigieux Prix Dentan. On trouvera la laudatio que Jean Kaempfer en a faite et la réponse de Jean-Michel Olivier ici.
Publié par Alain Bagnoud à 17:11:41 dans Lectures
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Helene Hanff au Terrier | 26 février 2007
Au Terrier, hier soir. Mise en lecture de la correspondance qu'Helene Hanff a entretenue avec Frank Doel, publiée sous le titre 84, Charing Cross Road. On en trouve une traduction française aux éditions Autrement.
Ça semble un roman épistolaire, c'est une vraie correspondance. Helene Hanff, obscure scénariste américaine pauvre, décide en 49 d'acquérir une vraie culture littéraire anglo-saxonne. Elle écrit à une librairie d'occasion londonienne, Marks & Co. Fank Doel lui répond. Ils sont vite sur la même longueur d'onde. Ils ont le même genre d'humour charmant, qui fait apprécier Helene par tous les employés de la boutique. Ça se développe (mais rien de sentimental, seulement l'amour des livres) pendant 20 ans, jusqu'à la mort de Doel. Avec un suspense : Helene ira-t-elle en Angleterre ou non ?
Nicolas Rinuy a fait une bonne mise en lecture de ces lettres, qui utilisait toutes les possibilités de la petite scène du Terrier. On avait l'Angleterre amidonnée avec le très british Gérard Fissé, l'Amérique relax et exubérante de Jacqueline Hamouda. Marie-Adèle Borsinger en épouse du libraire, Catherine Schaller en secrétaire.
Un bon moment et une leçon de littérature anglaise. Tous ces noms d'écrivains qui tombaient. Une manière de se rendre compte que décidément, je suis très francocentré. Qu'est-ce que j'ai lu (je parle des classiques anglais) ? Shakespeare, les sœurs Brontë, Dickens, Sterne... A peu près rien...
A signaler, puisqu'on parle de lecture, que ce soir, Jacques Tornay sera dès 20h au café le 37,2, 16 rue du Gothard à Chêne-Bourg, Genève, pour lire ses poèmes. Entrée libre.
Publié par Alain Bagnoud à 09:04:29 dans Théâtre
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Antonin Moeri | 25 février 2007
Antonin Moeri est une figure importante du PLR (Paysage Littéraire Romand) depuis 1986 déjà. A cette date, il remporte le Prix littéraire de la Ville de La Chaux-de-Fonds et de la revue [vwa]. Une revue qui a été la plus inventive, la plus ludique, la plus intelligente et la plus littéraire de la place.
En 1986, donc, le prix couronne Journal fiction. Antonin Moeri a 33 ans et une carrière d'acteur derrière lui, à laquelle il a renoncé pour l'écriture. Dans la foulée de cet événement, trois romans paraissent. Une trilogie en forme de suite familiale. Le fils à maman, L'île intérieure, Les yeux safran, tournent autour de l'existence - et de la mort - d'une mère et d'une sœur.
Cohérence thématique, mais aussi esthétique. Le narrateur voit passer en lui le flux de la vie, ne parvient pas à le retenir, l'observe, passif, agi, et ne trouve un sens à sa vie que dans l'écriture, la promenade et le chant de la phrase. (Je reprends cette dernière formule d'un article que j'ai fait sur Moeri dans le Passe-Muraille en 1998. Une manière de lancer le débat : peut-on se piller soi-même ? A-t-on le droit de recycler ses vieux papiers ? Je vais me gêner, tiens ! Qu'en
pensez-vous ? Bientôt les résultats de notre sondage exclusif !)
Cette trilogie, donc, permet à Moeri de trouver sa voix. On va retrouver dans à peu près tous les textes ultérieurs ce travail sur le monologue et l'oralité, cette recherche de définition au milieu d'un monde insaisissable, cette analyse détachée des relations, ces observations cruelles et impitoyables sur les ridicules et les bassesses contemporains. Notamment dans ses nouvelles, si on peut appeler ainsi cette forme qui lui est propre : des textes observateurs, ironiques. Souvent de petits bijoux. Allegro amoroso (Prix Schiller), Paradise now ou encore Le sourire de Mickey.
Il y a aussi deux autres romans. Cahier marine raconte une passion pour une femme éclatante et bizarre, qui aime les aventures sordides proches du viol. Et Igor, qui explore le récit à la troisième personne et la construction romanesque.
Tenez, je me souviens. J'avais fait un papier un peu précis sur Les yeux safran dans le défunt Nouveau Quotidien, il y a une quinzaine d'années. Je vais essayer de le retrouver pour l'utiliser ici. (N'oubliez pas notre sondage !)
Publié par Alain Bagnoud à 10:38:29 dans Lectures
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Céline, Genève et Daniel Wilhem | 24 février 2007
Ainsi, Louis-Ferdinand Céline aura sa plaque à Genève. A Champel, plus précisément, chemin de Miremont. Sur la façade de l'immeuble où il a habité quand il travaillait comme médecin à la Société des Nations.
C'est ce que nous apprend La république des livres, le blog de Pierre Assouline. Le texte sera sobre : « L'écrivain français Louis-Ferdinand Céline vécut dans cette maison de décembre 1925 à juin 1927 ».
Assouline s'étonne : il paraît qu'en France, ça ne se ferait pas. Il donne des exemple. Il y a de l'idéologie, là-derrière. Les Français se rappellent l'antisémite maladif et oublient le grand écrivain.
A Genève, explique Assouline, « Céline habitait au rez-de-chaussée dans un appartement qui a été depuis divisé en deux. A gauche vit désormais le réalisateur Gérald Buhlman et à droite... un écrivain et professeur de littérature et ancien élève de Roland Barthes ». C'est Daniel Wilhem.
Lequel donne dans le même article ses impressions avec beaucoup de simplicité. Je cite : « Je suis ébouriffé par ce que vous m'apprenez ! Je suis troublé même car j'ignorai (sic) que je vivais dans ses murs. Je savais que Robert Musil avait vécu juste à côté, ce qui était déjà beaucoup pour moi, mais Céline, juste ici... C'est curieux car dans mon dernier livre Bibliomanies, je fais allusion à lui. Sa correspondance ainsi que ses romans figurent en bonne place parmi les 10 000 livres de ma bibliothèque. »
Mais on voit tout de suite pointer le bout du nez du destin ! On comprend que l'auteur soit « ébouriffé » ! (Et même troublé.) De telles coïncidences ! Vivre dans les mêmes murs ! Puis une allusion dans ses Bibliomanies ? Effectivement, c'est curieux ! Enfin, les livres de Céline « en bonne place » dans la bibliothèque de Wilhem ! Et qui ne compte que 10'000 volumes, en plus ! Qui aurait pu s'imaginer ça ?
Publié par Alain Bagnoud à 16:16:23 dans Journal
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