
Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)
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Benoît Duteurtre continue sa critique de la société moderne. Ah, il ne l'aime pas, la société moderne ! Il a fait les téléphones portables, les sanisettes, les caméscopes, l'enfant-roi, la condamnation de la clope... Dans Chemins de fer, comme le titre l'indique, il s'en prend à la SNCF : son héroïne découvre que ce n'est plus un service public mais une entreprise de voyages qui vise à la rentabilité.
Cette dame est en pleine contradiction : directrice d'une agence de comm parisienne branchée, et vivant comme une paysanne au feu de bois le week-end. En plus, on lui plante un réverbère et des poubelles devant son chalet ! Elle s'indigne, mais les villageois sont pour le progrès. Qu'est-ce que vous voulez faire ? Même si elle vient au village depuis son enfance, même si elle y vit la moitié de l'année, on la tient pour une Parisienne emmerdante.
Bien sûr. Là où je passe mes vacances, c'est la même chose. C'est la même chose partout. Les installés sont toujours des allogènes après 30 ans de résidence et les gens vaguement issus de l'endroit prennent des airs de propriétaire quand ils viennent un week-end. Moi aussi, à Ollon (Ollon Valais, pas dans le canton de Vaud), je suis chez moi trois jours par année, mais partout ailleurs, je reste un touriste ou un implanté. On devrait pouvoir choisir de se proclamer d'où on veut, d'où on aime être, mais il y a des codes sociaux figés, des communautés qui s'accrochent à une identité par l'exclusion, l'esprit de clocher...
En creusant un peu, Chemins de fer, ça aurait fait un bon petit essai là-dessus d'une trentaine de pages un peu colériques. Deux bon petits essais, disons. Sur l'intégration villageoise et sur la SNCF. Avec les citations du langage branché et technocratique que Duteurtre sait si bien reprendre et ridiculiser. Mais comme roman, c'est médiocre. Ça manque de ressort, ça tourne en rond, c'est démonstratif... Bon : lectures de vacances encore. En attendant le réveillon.
Publié par Alain Bagnoud à 16:37:34 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Max StirnerPublié par Alain Bagnoud à 10:36:29 dans Entretiens | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Alain Bagnoud à 16:32:11 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Soulagement ! C'est passé !
Il me semble que je n'ai plus aimé Noël depuis que j'ai sept ans. Pourtant, je suis assez amateur de réjouissances en général, d'amis, de famille, quand c'est dégagé des obligations trop pesantes. Mais là, il y a les rituels étouffants, le devoir des échanges, la déception des cadeaux donnés et reçus, et plus reptilien : le solstice d'hiver, l'obscurcissement, le froid, la mort ! On éprouve évidemment ces craintes irrationnelles depuis le fond des âges et le fait d'être civilisé n'y change rien : si cette année, le mouvement était irréversible ? Si le soleil ne revenait pas ? S'il n'y avait pas de renaissance ? Et aussi l'angoisse de cette renaissance à venir et une désillusion déjà. Alors, bien sûr, on célèbre le culte celte de la lumière ! Les saturnales romaines ! Les fêtes de fin d'année avec toutes ces lumières artificielles, toute cette attente vide, tout cet étourdissement, toute cette déception et tout cet ennui ! Il y manque un peu de sens - en tout cas de nos jours.
Mais, bon, il y a plus triste.
Par exemple les livres de Christine Angot... Non, non, je ne vais pas m'y mettre aussi, tout le monde en dit du mal aujourd'hui... Lisez plutôt Balzac ou Proust.
Publié par Alain Bagnoud à 17:00:37 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
Beigbeder et une copine
Je suis parti en vacances. A la montagne. Il est huit heures et demie du matin, je me tiens dans une grande pièce entièrement boisée en arolle où le travail des vieux menuisiers a créé des panneaux décoratifs, avec un gros pierre ollaire qui porte la date de ce travail : 1862. Par les fenêtres, on voit les sommets blancs que le soleil commence à éclairer d'orange, les forêts et les villages de l'autre côté de la vallée, comme des jouets dans la neige.
Les vacances ont un point commun avec la retraite : il faut les préparer. Je me suis donc rendu le 24 dans une bibliothèque publique et j'en suis sorti avec une dizaine de romans, de ceux que je ne suis pas sûr de vouloir posséder dans mes rayons mais que je suis curieux de lire pour toutes sortes de raisons.
Publié par Alain Bagnoud à 14:56:56 dans Journal | Commentaires (1) | Permaliens
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