• Cosmopolis, par Don DeLillo

    Mettons que ça soit une fable, Cosmopolis.Un maître du monde de 28 ans traverse New York en limousine blanche pleine d'électronique et d'écrans pour se faire couper les cheveux.

    Ça lui prend une journée. Il y a des obstacles, la visite du président des Etats-Unis, une manifestation anti-mondialiste, un happening filmé qui remplit une rue de gens nus, la procession mortuaire d'un rappeur mort dont le corps exposé est baladé dans toute la ville.

    Dans ce périple carnavalesque, Eric Packer rencontre trois fois sa femme, une riche poétesse suisse, héritière d'une immense fortune. Par hasard. A New York. Trois fois en une journée. Dans les situations les plus incongrues.
    Packer est tout ce qu'on attend d'un impitoyable arriviste qui joue avec l'argent des autres. Arrogant, cruel, infatué, vulgaire, égoïste. On n'éprouve pas la moindre empathie pour lui. (Sauf peut-être quand il retrouve son vieux coiffeur et tout à la fin, quand il court vers sa mort.)
    Et sa femme ? Elle rit quand elle apprend qu'elle a tout perdu. Il y a plus important que l'argent. Vous avez deviné : la poésie.

    Quand le héros cherche à décoder les cours du yen, à saisir la logique derrière l'aléatoire, c'est DeLillo qui cherche à décoder la société de son temps, c'est l'écriture qui cherche à décoder le monde, à retrouver une humanité derrière le capitalisme et le virtuel.

    C'est du DeLillo. Il y a un style, une vision, une intelligence. Une économie de moyens. Un langage tendu, abstrait, une lenteur sourde, une volonté de lever le rideau sur la profondeur des choses. Et cet extraordinaire art des dialogues, tendus, révélateurs, armés, ferraillant comme des duels. D'ailleurs, les mauvais livres de DeLillo sont bien meilleurs que les plus aboutis de... de... Non, ne me le faites pas dire !

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