• Comme un bois flotté dans une baie venteuse

    Début de mon livre, Comme un bois flotté dans une baie venteuse, à paraître aux editions d'autre part fin février 2014:

    Ce que c'était, à quinze ans, dans un village entouré de vignes, d'entendre la guitare de cet Irlandais ! 1974. Sur des cassettes enregistrées par un ami qui y avait inscrit au feutre indélébile les initiales R.G., il y avait tout ce qui pouvait me frapper : de l'énergie, de la révolte, de la fureur, du désespoir. Un appel à descendre en soi, quelque chose qui cisaillait, qui voulait la rupture, donnait la certitude que ce monde n'était rien, même pas à conquérir, que ce qui importait n'était pas de réussir mais d'être quelque part avec du noir en halo autour de soi, dans le mince filet de lumière avec des cris déchirant l'intérieur qu'on pouvait faire sortir. Et ça pouvait être beau, rageur, désespéré. Ça venait d'un passé transformé, électrisé à travers Leadbelly, Freddie King, Albert King, Buddy Guy, John Lee Hooker, Muddy Waters. Ça remontait plus loin encore. William Harris par exemple, en 1928. Well, did you ever wake up, chantait William Harris en 1928, with them bullfrogs on your mind... T'es-tu déjà réveillé avec ces crapauds-buffles à l'esprit ? William Harris dont on ne sait rien sinon qu'il a enregistré neuf blues. William Harris qu'on a catégorisé, à cause de son jeu d'accompagnement rythmique, comme un produit du delta du Mississippi, bien qu'il soit peut-être d'ailleurs. Le lieu de son premier enregistrement est Birmingham en Alabama, le 18 juillet 1927.


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