• J'en ai entendu, des chansons, ce week-end !
    Il faut dire que je suis en quelque sorte un spécialiste. Ou plutôt que je l'étais. Bien sûr, je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. C'est comme ça que j'étais entré dans les journaux. Chroniqueur de chansons françaises et critique de concerts. Dans le défunt Journal de Genève.
    Décidément, allez-vous me dire, je n'ai travaillé que pour des quotidiens qui ont disparu. Eh oui : le Journal de Genève, La Suisse et Le Nouveau Quotidien. A croire que c'est moi qui leur ai porté malchance.
    Donc, samedi, c'était une suite de concerts dans le cadre du festival Voix de fêtes. La soirée commençait par Léon Francioli et Stéphane Blok. Une rencontre improbable entre l'ogre à la contrebasse et le poète citadin. J'étais avec mon vieil ami Jean Winiger. L'univers libre, poétique, l'ambiance urbano-space de Blok et Francioli me plaisait beaucoup. A Jean un peu moins. Il le trouvait mou, il aurait aimé que ça pète plus. Il était un peu schtroumpf grognon ce week-end.
    K a suivi. Belle voix, assez bête de scène. Jeune, beau gosse. Il y avait des filles dans la salle venues juste pour lui. Il avait presque tout bon. Des paroles bien sympathiques. Les étrangers sont nos amis, non à la guerre, vive l'amour... Ce genre de choses. Très bien, K, continue. Ça va mûrir. Jean Winiger espérait que ce soit rapidement.Brico Jardin
    Ensuite, Brico Jardin. Et là, une révélation ! Des musiciens exceptionnels, une chanteuse magnifique, un univers décalé et loufoque, un show  délirant, une ambiance à tout casser. Woaw ! En plus, la chanteuse, c'est Mariama Sylla, que je viens de voir dans la pièce Les mangeuses de chocolat. La magnifique, sexy, punchy et talentueuse Mariama. Il y a deux semaines, j'ignorais qu'elle existait, depuis, je ne vois qu'elle, on ne me parle que d'elle. Des amis qui sont amoureux. Bon, je ne vais pas tout révéler, je sais garder un secret.
    Jean Winiger, lui, n'était pas amoureux. Pas d'elle, en tout cas. Il trouvait que quand même, elle aurait pu, elle aurait dû... Qu'elle était un peu ci, un peu ça... Que le spectacle faisait un peu cirque...
    Nous ressemblions toujours plus à un vieux couple contrasté. L'enthousiaste et le ronchon. Le papi qui fait la fête et la mémé qui fait la tête.
    Et rebelote dimanche. C'était « La fête à Sarclo » au kiosque des Bastions. J'aime Sarclo. J'ai vieilli avec Sarclo. On écoutait sa « Première tournée posthume ». Tendre et sarcastique Sarclo. Avec des commentaires irrésistibles entre les chansons. Et des idées neuves. Par exemple, celle de créer une ONG « Douaniers sans frontières ». En plus, il sait maintenant jouer de la guitare (oui, je sais, ça va surprendre ceux qui l'ont connu à ses débuts).
    Jean Winiger trouvait que c'était un peu brouillon. Bref, on avait repris notre numéro de l'Auguste et du clown blanc.
    Sarclo jouait avec Simon Gerber et ses musiciens. Parfait, l'orchestre ! Très bon, Gerber ! Jean Winiger convenait que oui mais quelque chose le gênait. Il trouvait la voix pas assez posée. Pas très pro.
    Enfin, on est allé manger une pizza. Au Carosello, 25 boulevard Georges-Favon. A côté de la Place du Cirque. Alors Jean Winiger ?
    Il trouvait que les salades étaient fraîches. Que les pizzas étaient bonnes. Il était bien content.
    Moi aussi. 
     

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