• Catherine Ballestraz, Comment vas-tu ?

    Catherine Ballestraz a très envie d'écrire. Ou plutôt d'être écrivain. Ce qui la conduit dans ce roman à prendre des postures un brin théâtrales.
    On la voit aller récupérer solennellement sa plume qu'elle a enterrée à six heures de route de chez elle dans un cimetière pour pestiférés, puis, à la fin du livre, l'enfouir à nouveau. Célébrer longuement cette plume comme si elle était une baguette magique d'où devrait sortir une transmutation prodigieuse. Se placer poétiquement en Grèce d'où elle écrit des lettres majestueuses à sa cousine Matthé en Suisse. Des textes généreux, pleins de métaphores, et sans réponse.
    Matthé malheureusement n'existe pas vraiment en tant que personnage et semble une simple autre incarnation de la romancière dans cette correspondance à sens unique. Il y a un aveu final : « Toutes ces lettres dont je suis l'auteure, et pourtant, les relisant, je me suis sentie toi, Matthé. »
    On a en effet dès le début du livre l'impression très forte que la narratrice, le personnage et même l'auteure (!) ne font qu'une, qui se met en scène constamment. Un procédé narcissique qui m'a agacé. D'autant plus que Catherine Ballestraz est une personnalité intéressante, qui a des moyens, un ton et un rythme. Un sens de la nature, un don de communion avec elle, une vision originale et animiste du monde. Mais peut-être faudrait-il moins de complaisance pour que ces dons portent un livre.

    Catherine Ballestraz Comment vas-tu ? (Editions de L'Hèbe)


  • Commentaires

    1
    Vendredi 16 Novembre 2007 à 16:40
    La plume de ma tante
    Je me souviens de cette chanson de naguère: la plume de ma tante est sur le chapeau de mon oncle et je crois que si ma tante avait enterré sa plume comme Catherine Ballestraz, elle aurait agi plus sagement: en effet, chacun sait que, si l'on plante des plumes , il pousse des plumiers. Mais il ne faut pas se planter soi-même parce que rien ne pousserait.
    2
    Le lapin agile
    Samedi 17 Novembre 2007 à 12:24
    Tante
    Ah, si ma tante en avait...
    3
    Zufferey
    Jeudi 27 Décembre 2007 à 16:30
    envie
    Au fait, monsieur Bagnoud, comment sais-tu de quoi Catherine Ballestraz à très envie ?
    4
    Zufferey
    Jeudi 27 Décembre 2007 à 16:31
    accent
    Oups, enlever l'accent du a please
    5
    Vendredi 28 Décembre 2007 à 13:32
    Zufferey
    Impossible d'enlever l'accent. Je suis désolé mais il n'est pas permis de modifier les commentaires, juste les supprimer - ce que je me garde bien de faire, sauf demande de la part de l'expéditeur. Mais la correction est notée. Pour répondre à votre question, je me base seulement sur l'impression que m'a donnée le livre. Comme j'ai tenté de l'expliquer plus haut, il semble présenter auteure, personnage, narratrice comme une seule entité à plusieurs têtes. Il me semble donc possible de parler de Catherine Ballestraz en tant qu'écrivain qui se met en scène, et des envies qu'elle énonce ou laisse paraître dans son roman. Mais je ne sais pas du tout de quoi a envie la personne de Catherine Ballestraz dans son existence, je ne la connais pas assez pour ça.
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