• Bois sec Bois vert, par C.-A. Cingria (2)

    Célébré comme un grand écrivain par Claudel, Ramuz, Cocteau, Max Jacob, Jean Charles-Albert CingriaPaulhan, Pierre Michon, Pierre Bergougnioux et bien d'autres, Charles-Albert Cingria a donc publié Bois sec Bois vert à 65 ans (voir ici).

    Le livre contient dix chroniques, très différentes. Avec des thèmes et même dans des genres différents.

    Ça s'ouvre par Recensement, qui s'ouvre lui-même par une songerie sur la ponctuation. Quelqu'un écrit, à l'aube, à Paris. Puis un importun frappe à sa porte. Insiste. Un huissier ? Notre narrateur n'ouvre pas. Quand l'alerte est passée, il s'en va, prend le train, arrive à la Loire. Qu'est-ce qui se passe ? Rien. Des petits riens. Quelqu'un voit, sent, pense, écrit, vit. Un personnage ouvert, attentif, réceptif, drôle et érudit.

    D'autres textes sont de forme plus classique. Xénia et le diamant, par exemple, est presque une nouvelle. Une jeune fille dans une petite ville de la Baltique laisse mourir des enfants qu'on lui a confiés. Ils sont écrasés par la foule dans la panique d'un cinéma qui a pris feu. Elle fuit jusqu'à Paris, d'où elle fuit encore, persécutée par ses compagnes de travail, des vendeuses de grand magasin. Dans un village, elle est recueillie par une naine. Finalement, elles découvrent un diamant...

    Lou Sordel est une sorte d'étude historique sur un poète né près de Mantoue en 1200, « homme avenant de sa personne, et fut bon chanteur et trouveur et grand courtisan ; mais beaucoup fut truand et trompeur avec les dames et les barons qui le recevaient », disent les chansonnier provençaux. Le Comte des formes parle d'archéologie et Hippolite hippocampe est classé par Jacques Réda dans le quatrième de couverture comme un « conte fantasmagorique ».

    On voit par ces exemples que la matière importe peu à Cingria. Tout ce qui l'intéresse devient élément à capter, à transformer dans l'alambic intérieur, par le style. Un style qui rend merveilleusement bien la jouissance des sensations, le regard vif, la saveur des impressions, la fraîcheur des perceptions de l'écrivain.


  • Commentaires

    1
    Vendredi 21 Mars 2008 à 15:19
    Voix haute
    Je suis obligé de le lire à voix haute sinon au bout de quelques lignes je décroche. Bizarre. C'est la première fois que ça m'arrive à part peut-être avec Céline mais là ce n'était que pour le plaisir. Ma femme s'inquiète.
    2
    Lundi 24 Mars 2008 à 09:30
    Et si
    elle te lisait le texte, elle, à haute voix...
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